Godzilla Minus Zero : une nouvelle catastrophe entre dans l’arène (Critique)

© Praesens-Film AG

Le retour tant attendu de Godzilla, kaiju iconique qui a fait son début sur les écrans il y a déjà plus de 70 ans, frappe une nouvelle fois les cinémas. Godzilla Minus Zero est la suite directe de son prédécesseur Godzilla Minus One, sorti trois ans plus tôt. Il est réalisé par Takashi Yamazaki, réalisateur qui s’inscrit petit à petit comme une des nouvelles figures phares dans l’univers cinématographique de ces géants monstrueux. 

Le film prend place deux ans après les évènements du premier et s’ouvre directement sur une scène d’action terrifiante. Il n’a pas encore commencé qu’on entend déjà une forte musique ressemblant étrangement à une sirène d’alerte stridente et qui va revenir tout au long du film. Couplé à la musique, nous découvrons immédiatement un nouveau monstre, totalement inconnu jusqu’ici, entrain de détruire une ville entière. Tout ceci donne immédiatement le ton urgent du film, nous faisant entrer dans l’action sans tarder. 

Il est certes difficile de garder un kaiju si emblématique comme Godzilla, apparu déjà dans une trentaine de films, intéressant et que l’histoire ne soit pas redondante ni ennuyante. Or Yamazaki réussi tout de même à ce que l’on reste accroché à notre siège du début à la fin du film du fait du design CGI de ses kaijus qui sont assez réalistes pour qu’ils ne nous fassent pas sortir de l’action et tout de même grâce à une histoire présentant des tournures d’éléments qui n’ont encore jamais été approfondis jusqu’ici (notamment l’aspect biologique du nouveau monstre introduit et de Godzilla). 

Par ailleurs, de nouveaux personnages sont introduits en plus des précédents, et Yamazaki a fait le choix de leur donner une dimension plus approfondie en nous montrant des aperçus de leurs histoires passées, ce qui nous explique les raisons qui les amènent à agir et une justification de leurs choix. En effet, on craint souvent que les intrigues des humains ne soient faites qu’en surface dans ce genre de film, alors qu’ici on rit, on a peur, et on pleure avec eux car on arrive davantage à les comprendre. De plus, Akiko, la fille de Noriko et de Koichi, se montre comme une figure d’espoir au milieu de la destruction qui entoure le monde tout au long du film et en somme, nous donne espoir à nous aussi que le cauchemar vécu par les personnages a peut-être une chance de s’arrêter. 

Pour parler de l’aspect cinématographique de l’histoire, les tons et couleurs utilisées sont, comme pour le précédent, très agréables à regarder et chaque scène à son lieu d’être. Il y a quelques flashbacks ici et là mais ils ne sont pas en surnombres, ils ont tous leur place dans l’histoire en complétant et expliquant des éléments qui, sans eux, auraient pu être confus. Ils tendent aussi à expliquer les liens entre les personnages pour que tout fasse sens et montrer que chaque figure a sa place dans le film. 

Pour finir, au milieu des sorties du monsterverse américain qui semble dominer la scène depuis quelques années, le retour aux sources de Takashi Yamazaki est une bouffée d’air frais dans l’univers des kaijus. Le contexte post-seconde guerre mondiale au Japon et la raison d’existence des deux monstres présents ramènent aux premières apparitions de ceux-ci dans les débuts de l’univers cinématographique des kaijus et c’est tout ce qu’un fan des anciens films peut espérer.

Isabelle Duchoud (04.11.2026)


Godzilla Minus Zero

  • Réalisation : Takashi Yamazaki
  • Pays de production : Japon
  • Genre : Action
  • Acteurices: Ryûnosuke Kamiki, Minami Hamabe, Jun Kunimura
  • Durée : 2h15