Club Kid : paternité improvisée dans les clubs new-yorkais (Critique)

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Plusieurs mois après son succès critique rencontré à Cannes lors de sa présentation dans la catégorie un certain regard, Club Kid sort enfin dans les salles de cinéma suisses. L’occasion de découvrir New York (et toute son atmosphère) par le prisme d’un récit touchant entre un père et un fils qui se découvrent l’un et l’autre.  

Lumières flashy allumées, musique saturée enclenchée, drogues à tout va, bienvenue dans Club Kid, une plongée dans le monde des boites de nuit new-yorkaises. Peter à la vingtaine, il s’occupe d’organiser des fêtes mais surtout d’en profiter le plus possible avec son groupe d’ami·e·x·s LGBTQ+. Après dix années de frénésie totale, Peter se réveille épuisé, dépassé par le temps : il n’a plus vingt ans, il a perdu son travail, sa vie est au point zéro. C’est à ce moment-là que son présupposé fils, dont il ignorait l’existence, va débarquer dans sa vie et la bouleverser du jour au lendemain.  

Le premier long-métrage de Jordan Firstman ne relève pas d’une exécution formelle parfaite mais jouit assurément d’une sincérité dans son fond. Les thèmes abordés sont multiples, de la crise de la trentaine aux relations homosexuelles en passant par la parentalité et toute la prise de responsabilités que cette dernière exige. Dans Club Kid, on comprend que l’adulte a autant, si ce n’est plus, à apprendre de l’enfant. Dans une dynamique similaire à celle de Paris, Texas, c’est par la rencontre inattendue de son fils biologique que Peter va reconstruire sa vie. Une autre influence qui est explicitement revendiquée est celle du cinéma de Gregg Araki (Mysterious Skin, Nowhere), cité dans l’un des dialogues du film et à qui Firstman reprend assurément beaucoup dans l’écriture de ses personnages qui cachent chacun·e·x des blessures en leur intérieur. 

Malgré une structure narrative qu’on pourrait qualifier de conventionnelle, Club Kid arrive à se distinguer sur deux points : son esthétique soignée d’abord, mais aussi et surtout sa remarquable bande-originale. Cocteau Twins, Elliott Smith, Rihanna, Moby…de quoi faire un beau cocktail musical qui porte en lui le rythme du film, alternant les séquences de fête avec des scènes plus calmes, propices à la réflexion. Côté casting, Jordan Firstman qui interprète donc le protagoniste de son propre film est assez convaincant. Reggie Absolom (le fils) pour sa quasi première fois à l’écran arrive à trouver un équilibre entre sincérité et pathos, sans trop en faire. Il est également plaisant de retrouver dans un rôle secondaire Diego Calva, lui qui avait quasiment disparu depuis sa superbe prestation dans Babylon.  

Evitant tout voyeurisme dans les rares scènes de sexe, Jordan Firstman réussit à insuffler dans Club Kid beaucoup de douceur et d’humanité, c’est en tout cas l’impression avec laquelle on sort de la projection.  

À découvrir à partir du 4 novembre 2026 dans les salles de Suisse Romande.  

Arno Babel (04.11.2026)


Club Kid

  • Réalisation : Jordan Firstman
  • Pays de production : Etats-Unis
  • Genre : Comédie
  • Acteurices: Jordan Firstman, Cara Delevingne, Diego Calva
  • Durée : 2h02