
Vous souvenez-vous de ce que vous faisiez durant le mois de novembre 2018 ? Si la réponse est non, je me permets de penser qu’il y a un jour où vous vous êtes rendu.e en salle pour découvrir sur grand écran Bohemian Rhapsody, réalisé par Bryan Singer, et qui se veut comme un biopic consacré à Freddy Mercury. Huit ans après, vous souvenez-vous encore du film, hormis sa musique ? Pour ma part, j’ai souvenir d’un très mauvais film, qui se paye le luxe d’être mensonger avec la vie de Freddy Mercury, la faute aux ex-membres de Queen encore en vie qui exerçaient une influence sur la production du film et sur ce que le film raconte. C’est exactement la même situation pour Michael, produit en partie par la famille Jackson.
Le point positif, c’est Colman Domingo, qui est assez terrifiant, en père sévère ultra toxique. C’est le meilleur comédien du film parce qu’à côté, on a Jaafar Jackson dans le rôle de son oncle (népotisme quand tu nous tiens…) qui se contente de l’imiter (tout en y arrivant très bien, je ne dis pas le contraire, mais il ne livre rien de plus). Miles Teller quant à lui, dans le rôle de l’avocat de Michael John Banca, a trois scènes à lui et est secondaire dans le reste du film. Et pour le reste…ouh boyyyy ! Tous les persos qui ne sont pas Michael Jackson ne font que vanter l’artiste et chanter (mdr) ses louanges. Et c’est ce que je retiens de ce film, Michael est au centre de tout, parce que tout le reste est…plat au mieux, désolant au pire.
Je prends en exemple le montage du film. Il est horriblement banal quand il n’est pas tout simplement horrible. Prenons la première scène de concert durant laquelle il chante Billie Jean (disponible sur Youtube). En moins de 3 minutes, il y a plus de 50 changements de plans, ce qui fait que la scène n’a pas le temps de produire un effet, ni de marquer le public. Au contraire, elle gâche la chanson au profit d’un rythme artificiel au lieu de laisser la scène exister et être portée par la simple prestation de Jaafar. La faute à John Ottman, pourtant habitué à l’exercice, ayant monté la majorité des films de Bryan Singer, qui monte le film comme il avait monté Bohemian Rhapsody en 2018 : champ, contre-champ et quinze-vingt minutes de concert pour finir le film. N’y cherchez aucune mise en scène, ce n’est pas l’ambition du film. Tout le film sert à promouvoir le chanteur, dire à quel point il était généreux, talentueux, gentil avec les enfants, etc.
En somme, Michael ne propose pas un biopic, mais une version altérée de l’histoire du célèbre chanteur. Procédé dégueulasse en termes de morale, qui devrait faire scandale, mais si Bohemian Rhapsody n’a pas fait scandale, ce n’est pas ce remake à la sauce Michael Jackson qui le fera. Et le plus déplorable, le plus rageant, c’est qu’il s’agit d’une partie 1. Rendez-vous donc dans un ou deux ans pour la suite…
Lara Feiss (22.04.2026)
Michael
- Réalisation : Antoine Fuqua
- Pays de production : États-Unis
- Genre : Drame
- Acteurices: Jaafar Jackson, Juliano Valdi, Colman Domingo
- Durée : 2h07
