Prix « Adresse Inconnue » 2016

Le prix « Adresse Inconnue » a été décerné à deux projets : A’Corps de Charlotte Hebeisen et Socraterie de Aurélien Maignant et Roberta Alberico

Charlotte Hebeisen, A’Corps

Le projet de Charlotte inclue du texte et des photos comme elle l’explique ci-dessous, mais le prix a été accordé au texte A’Corps.

Présentation du projet par Charlotte Hebeisen avec quelques extraits

Ce projet – épiderme d’encre et de papier, est une partie d’un projet « encore » plus vaste : raconte moi-ton corps, trait d’union placé entre le moi et le toi, entre un je et un tu, entre vous et moi, entre soi et son corps.

Le présent projet, un simple pas,  est composé de texte, la voix qui parle – sa colonne vertébrale et d’images, la voix du corps, le cri souvent silencieux, le murmure parfois inaudible, la caresse–toujours au-delà du mot – bref,  sa chair.

Tout en mettant en lumière la genèse du projet, qui est aussi sa finalité, je vous dévoile, à travers l’écriture une voix – fragments révélés de ces discours du corps : les découvrir du silence, mais parce que toujours au-delà du simple articulé, l’expérience du corps vécus, les mots seront accompagnés d’images, un moyen non pas d’illustrer mais d’aller dans la direction de la complexité du vécu d’un Corps, comme l’image ou le texte sont à considérer au-delà d’une simple illustration de l’un par l’autre. Parce qu’il s’agit dans ce projet de donner la parole à ces traces sur nos épidermes constitutifs d’un discours sur soi. Peut-être même, sont-ils ce discours de soi qui nous constitue ?

Nous allons donner, ensemble, par ma voix, par mon regard et par le vôtre, aux corps à des instant d’histoire gravées dans l’intimité des corps, à travers, contre et en lui, faisant  de mon histoire , de mon corps un lieu écho à d’autres histoires, d’autres corps.

L’origine du projet est à la fois point de départ et point d’aboutissement, un mouvement qui va de la naissance d’un corps prison de l’âme à la naissance d’un corps-liberté.

Naissances

«Au cœur d’un hiver, il était un froid.

Instants gelés. Impatients, ils nous attendaient.

Nous, nous refusions de nous montrer.

Chrysalide charnelle – bulle de chair ; de sang ; et d’eau. Ni tout à fait étrangère, ni tout à fait nôtre : notre ventre fut un jour le prolongement de cette Autre. »

Cordon ombilical nous sommes nés

Nombril. Nous sommes différents de lui »

Le projet naît, donc, de la naissance d’un corps : mon Corps. Corps sujet, celui avec lequel ou au travers duquel nous pensons. Corps objet celui qui est pensé, objet dont la nature, sans cesse, nous échappe, d’une étrangeté familière, d’une familiarité étrange. Entre liberté et contrainte, entre un dehors et un dedans, entre moi et un autre…

« Tu dis « moi » et tu es fier de ce mot. Mais ce qui est plus grand, c’est — ce à quoi tu ne veux pas croire — ton corps et son grand système de raison : il ne dit pas moi, mais il est moi. » NIETZSCHE, F., Ainsi parlait Zarathoustra, (trad. Henri, Albert)

Le projet a donc pris corps au moment de la naissance d’un corps. Naissance particulière d’un corps particulier, particulier parce qu’étant mien, mais particulier aussi au regard d’une norme qui pose une limite entre le sain et le malade, au regard d’un discours qui crée le normal et le pathologique.

Sans barrière, nous sommes advenus au monde: il était nous, nous étions lui. Ni dedans, ni dehors.  Au creux de nos reins un secret. Eclatement. La chair à vif, les nerfs à fleur de peau – petite pelote de fils fragiles déjà abîmés par le simple fait d’exister. C’était là leur nature.

Ce secret : une différence, une malformation congénitale au nom un peu barbare de Spina Bifida Myéloméningocèle, la colonne n’achève pas sa formation normale dans le ventre de la mère, les nerfs sont à fleur de peau, à fleur d‘air, sectionnés, entrainant des dommages, des modifications sur le fonctionnement des organes, minimes ou plus importants, de l’invisible au visible.  Cette différence qu’on se plaît à nommer maladie entraîne une perception différente de soi et du monde, un être au monde particulier.

Cicatrice sur le ventre. Nombril. Ouverture ronde définissant notre contour.

Cicatrice sur le dos. Trait horizontal. Fermeture au monde ; notre limite.

Par sa différence, le corps révèle sa complexité, un corps vécu souvent, et d’abord, comme une prison, il n’est plus tout à fait soi, il appartient au corps soignant, à la douleur, ses limites sont modifiées, retranchées, ajoutées, aliénées par les gestes médicaux.   

Scalpel dans la chair.

Sommeil artificiel. On nous ouvrit, pour mieux nous refermer. On nous ouvrit. On nous referma. On oublia.  La vie pouvait ainsi débuter. Nous paraissions alors semblable à tous les autres. Semblable…en apparence.

En apparence, semblable. En apparence si différent.

Il m’est important de souligner que dans mon projet, il n’y a pas une volonté, au contraire, de stigmatiser la maladie. Je ne cherche pas à faire du corps malade un objet de curiosité, ou du corps malade un corps saint – auréolé de sainteté et proche du martyr. Certes la différence donne un accès privilégié au corps, certes elle demande un être au monde différent. Il ne s’agit pas de nier cette différence, mais de la repenser : elle est différence au sens où nous sommes tous différents. Tous semblable par notre différence. Non pas questionner la maladie, mais le corps dans ce qu’il a de plus terrible, dans ce qu’il a de plus extraordinaire. 


Afin de le questionner et de rendre compte de ce que j’avais pu observer de lui,  il m’a fallu- comme une évidence, user d’un monologue à deux voix (le texte et l’image). Deux voix qui se rencontrent, s’apprivoisent, se détachent. Afin de symboliser les relations diverses que ces deux voix pouvaient entretenir, malgré leur unité indéniable, j’ai usé des pronoms personnels, le texte s’adresse au corps en tu, en nous, en vous, en je, en il…se regroupant en trois temps, trois actes : de la découverte du corps à son appropriation en passant par sa négation : un corps Accord

Un monologue à deux voix, 3 actes, et 6 pronoms corporels

Nous : côtes à côte, venue au monde de la voix et du corps, naissance parallèle, ils découvrent le monde, ils se découvrent présents au monde.

 Nos sens pour la première fois, découvraient le monde sans voile. Il fut notre première caresse, notre premier vêtement. Sur notre épiderme, page blanche, il vint s’inscrire. Notre peau devint son miroir, sa face sensible, l’empreinte de sa réalité. »

Ils se découvrent, ils se découvrent différents l’un de l’autre :

Tu : face à face, la voix et le corps luttent l’un contre l’autre. L’autre déçoit, l’autre échappe. Ils se retournent l’un contre l’autre, et finissent par se tourner contre eux-mêmes jusqu’à l’étouffement.       

Tu hurleras, en boule, recroquevillé, la bouche mordant tes genoux étouffant l’écorchure de ta gorge, dans le noir, dans les plumes, dans une enfance qui n’a jamais eu lieu. Tu essayeras avec tes ongles d’arracher ton enveloppe, l’eau ne pouvant effacer ces empreintes : larges sillons jusqu’au sang.

Sale, tu te sentiras sale.

Il ; dos à dos ; paroxysme du dédoublement de la voix et du corps, désormais le corps est un corps étranger coupé de la voix, il n’est même plus humain, il est à peine animal.

Il est là.
Il est couché sur ce lit,
Je le regarde.
Il est là, il existe.
Il inspire, il expire.
Systole
Contraction isovolumétrique,
Ejection rapide,
Ejection lente.
Diastole.
Péristaltisme.
Il existe.
Il existe à peine.

Ils – corps éclatés, éparpillés, Du corps étranger aux corps étrangers, où se situe mes limites, on se situe mon unité, et qu’en est-il quand le corps est modifié jusqu’à devoir intégrer des objets techniques qui ne sont pas lui, mais qui lui sont essentiels?

Ses mains parcourent les nouveaux contours de son Être. Un cri. Le regard se détourne. Corps étrangers. Ils sont là. Jamais, jamais plus ils ne disparaîtront. Ils sont lui, et pourtant. Et pourtant si étrangers – impossible nudité.

Vous : distance polie, ce corps, posé là, est-il si différent de moi ? Puis-je réellement vivre sans lui et lui sans moi ? Son absence serait-elle libération ?

Car sans ce corps,

Sans Vous nul demain, nul présent – 
à peine un passé.                                                   

 
Sans Vous nulle rencontre                  
possible, nulle parole –                        
à peine du silence.                                

 
Sans Vous nul monde dans lequel exister –          
à peine du vide.

Il ne reste qu’un choix,  disparaître avec lui ou l’apprivoiser contre/malgré lui.

Tu, la main qui a effleuré, égratigné, écorché caresse désormais. Ce corps est devenu liberté ouverture au monde, l’affirmation d’être au monde                                                   

Ta différence                                        
n’existe pas à ses yeux, tu es, pour lui unique.

Découvre-toi, à toi, à mes yeux, à leurs regards, et marche la tête haute

Pour enfin pouvoir dire Je

Inscription philosophique

Cette expérience du projet, non pas seulement le projet abouti mais son ensemble,  m’a permis de renouer avec une conception peut-être mise en marge désormais de la philosophie: à savoir une philosophie comme art de vivre. En effet, mon travail a quelque chose à voir avec les techniques de soi.  L’acte même d’écrire, ou de créer est partie intégrante du projet, acteur essentiel dans la formation du contenu. La forme et la fond sont tous deux acteurs ; l’image et le texte m’ont permis de toucher à ce qui me semblait autrement insaisissable dans mon questionnement sur le corps, de mettre en scène le paradoxal de l’objet interrogé, mimer sa complexité, montrer ce qui ne peut se dire. Le corps n’est pas seulement une image, le corps n’est pas seulement un texte il ne peut être dit que dans la rencontre de ces deux media. Il est discours multiple. Corps, non corps, image, texte des entités liées au point parfois de se confondre, la peau devient page blanche, les cicatrices des mots, le texte corporel par le son d’une voix.

J’aimerais finir sur cette notion de rencontre qui m’est si importante, si inattendue aussi.
Finalement  grâce à l’image“[…], j’adviens comme autre, mais métamorphosé en image ».

J’ai repris ces mots de Barthes au sens propre, un peu malgré moi, car à chaque fois que j’ai parlé de mon projet, une certaine magie s’est produite: à la fin de la présentation des personnes venaient me parler de leur corps, me le raconter.

Ainsi mon texte est devenu le lieu d’échange la colonne vertébrale reliée à d’autres corps.  Et c’est ainsi que j’ai décidé que ces « autres » corps viendraient illustrer mon propos.

Une sorte de lien ombilical relie le corps de la chose photographiée à mon regard : la lumière quoi impalpable, est bien ici un milieu charnel, une peau que je partage avec celui ou celle qui a été photographié » BARTHE 34 854

Une dernière question Le corps prison ou signe de l’âme ?

« […] comme si l’image lançait le désir au-delà de ce qu’elle donne à voir : pas seulement vers « le reste » de la nudité, pas seulement vers le fantasme d’une pratique mais vers l’excellence absolue d’un être, âme et corps mêlés ».

Qui es-tu « je » ?

Nous sommes nés avec un Spina Bifida Myéloméningocèle. Nous nous sommes sentis différents.
Tu étais différents. Je t‘ai détesté. J’ai voulu te faire disparaître. Tu as résisté.
Il a perdu des sensations. Il a perdu sa féminité. Il a perdu sa dignité. Il a été corps, juste un corps. Il a perdu des organes. Il a perdu son origine – nombril.
Ils ont été remplacés dans la douleur et le sang – Éclatement cubiste.
Il s’est endormi, un instant, puis il a ouvert les paupières – Deuxième naissance.
Je vous ai regardé en face. Je vous ai apprivoisé. Je vous ai pris la main.
J’ai enlacé ta peau. Tu t’es fait douceur et plaisir sous les caresse de l’Autre. Je t‘ai regardé, j’ai souri.
Je suis toi, tu es moi. Je

Etudiante à l’université de Fribourg en philosophie et français (Bachelor + début MA), je suis ensuite venue continuer mon MA à l’université de Lausanne. Mon parcours, c’est celui que l’on peut deviner dans mon texte, incertitude du lendemain, remise à plus tard, mon parcours professionnel et universitaire a été, en effet, mis souvent entre parenthèse pour des raisons des santé, et encore aujourd’hui, le semestre prochain reste incertain. Il est une chose qui demeure cependant, la certitude de continuer à vouloir faire surgir au grand jour – maïeutique – des histoires enfouies dans les épidermes. De faire parler les corps et d’aller à la rencontre de l’Autre, jamais tout à fait semblable, jamais tout à fait dissemblable, jusqu’au jour où il sera temps de rendre public cette intimité.

 En attendant, au travers d’un site internet, j’essaie de faire connaître le projet, et attends qu’on vienne me partager une histoire.

https://racontemoitoncorps.wordpress.com/

Si tu veux participer à étoffer ce projet d’expériences ou d’images, tu peux écrire à l’adresse mail suivante :raconte.moi.ton.corps@gmail.com

Charlotte Hebeisen fait aussi partie de Cie de Chimères en Silènes

Aurélien Maignant et Roberta Alberico, Socraterie

A l’origine de Socraterie nous sommes deux : Roberta Alberico et Aurélien Maignant. Nous terminions notre Bachelor en Français Moderne/Philosophie au début du projet et commencions notre Master en Français Moderne à la fin de Socraterie.
Roberta Alberico s’intéresse depuis toujours aux arts visuels (photographie, peinture, dessin) et est à l’origine de l’idée initiale : une galerie de portraits photophilosophiques dans laquelle chacun des rhéteurs du Banquet de Platon aurait sa place.
Aurélien Maignant, qui d’habitude préfère représenter le monde à l’écrit, a joué les mannequins pour l’occasion.
Cette entente s’est vite métabolisée en une collaboration complète tant dans la lecture théorique du Banquet, la conceptualisation des photos et la composition des plans (lumière, cadre etc…).
Initié par Roberta dans le cadre du séminaire de Michaël Groneberg sur Le Banquet (Automne 2015), il devait à l’origine se résumer à l’exposition qui eût lieu à l’Anthropole à la fin de ce semestre.
Mais c’était sans compter la proposition des Maîtres de la Caverne : participer à la mise en scène collective Socrate dors-tu qui fût jouée le 4 mai au festival Fécule.
Le projet est alors devenu une mise en onde de plus 35 minutes que nous soumettons aujourd’hui sous la forme d’un fichier son-image complet. Il a cependant été pensé en dialogue avec le reste de la pièce comme une performance vivante incluant également une danseuse.
Pour le théâtre nous avons donc constitué six pièces indépendantes et une septième qui constituait la scène finale de Socrate, dors-tu lors de laquelle nous jouions sur scène.

Outre les techniques de photographies, de montage son, de jeu et de programmation que nous avons apprises pour le projet, il nous a surtout permis de découvrir le monde du théâtre et c’est aujourd’hui notre principale perspective artistique : croiser le texte, le média moderne et la scène dans de nouveaux projets.

Présentation du projet

Les photographies
Les sept photos représentent les protagonistes du Banquet. Dans l’ordre de la mise en onde : Socrate, Phèdre, Pausanias, Eryximaque, Agathon, Aristophane et Alcibiade.
Pour être exact la représentation de ces êtres qui sont avant tout des personnages de discours a été notre première interrogation. Nous avons voulu produire une interprétation visuelle des discours philosophiques en essayant d’éviter tant que possible un symbolisme trop évident : il fallait que le portrait montre le rhéteur incarnant son discours.
Nous avons également essayé de transmettre un point de vue critique dans cette incarnation, Agathon est ainsi dépeint avec son propre discours tatoué sur la peau pour signifier la superficialité de sa rhétorique, le symbolisme baroque de Phèdre fait écho à l’immaturité et à la maladresse rhétorique du jeune homme etc…
Le corps devenait donc un média, une manière de poser un discours sur le discours, figé dans l’image.
Socrate est l’aimant autour duquel se polarisent les autres éloges de l’amour, tous se veulent autosuffisants mais tous pourtant mènent à son éloge. Aussi fallait-il montrer sa présence, de manière diffuse, dans chacun des portrait. Aussi la tête de cristal est-elle partie intégrante de chaque photographie, figurant le regard que porte Socrate sur les discours : elle gît par exemple sur un drap rouge aux pieds de Phèdre, Phèdre qui ne fait que reproduire l’opinion générale par l’ignorance de laquelle Socrate sera condamné à mort.
Enfin, le Banquet est l’un des textes les plus poétiques de Platon, c’est aussi l’un des plus comiques. Nous avons voulu que ce comique transparaisse dans Socraterie, ce rire de Socrate c’est celui que ressentira le spectateur dans le regard de Pausanias, moraliste désespéré et utilitariste (dirait-on aujourd’hui), dans la lueur de folie qui anime Eryximaque et dans le sourire d’Aristophane qui enfile un nez de clown à Socrate comme il le fît dans Les Nuées.

Les mises en onde
Les textes poursuivent un projet complémentaire aux photographies mais dans une perspective différente.
Ils n’étaient pas prévus à l’origine et ne sont donc pas essentiel à la compréhension des photos. Par contre, contrairement aux photos, ils ont été pensés à l’intérieur de la contrainte théâtrale : la photo était projetée en support et sept différents textes résonnaient sur scène, produisant des mondes sonores qui mêlaient texte et fiction et se voulaient immersifs pour le spectateur. Le but était celui de garder, pendant les mises en onde, la scène théâtrale complètement vide. Les mises en onde et le pouvoir imaginaire des spectateurs se voulant suffisants afin de peupler, virtuellement et à travers le son, la scène vide. A l’exception d’Agathon, qui fait plus figure d’exercice de style, toutes les mises en ondes ont été écrites et interprétées par nos soins (en compagnie de Grégory Thonney pour la voix d’Aristophane). L’alliance du texte, des bruitages et de la musique se veut une entité complète, dans laquelle toutes les formes de narration ont été utilisées (donner la parole au personnage, à un narrateur omniscient, lecture de citations tirées de grands textes philosophiques, sample de films etc…).

Le format final
Et finalement, pourquoi ne pas présenter cette présentation audio-visuelle de chacun des personnages du Banquet indépendamment de la scène théâtrale ? Précisons-le, la cacophonie finale est particulièrement scénique dans le sens où, elle a été conçue, cette fois-ci, avec du jeu théâtral. Le cri de fin, par exemple, était prononcé par nous deux, Aurélien et Roberta, qui incarnions l’amour et résistions à tous ces discours qui tentaient, vainement, de nous théoriser.
En ce qui concerne le format de publication, il ne semble pas y avoir de choix… Le seul média étant capable de pouvoir diffuser un fichier audio-visuel se trouve être l’écran, autrement dit le web (sauf si le jury de ce prix peut nous fournir quelques contacts intéressant avec des chaînes telles que M6 ou TF1).

SOCRATE 
PHEDRE
ERYXIMAQUE
PAUSANIAS
AGATHON
ARISTOPHANE
SOCRATE CHAIR