{"id":244,"date":"2015-03-01T12:00:00","date_gmt":"2015-03-01T11:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asso-unil.ch\/orphi\/?p=244"},"modified":"2016-09-26T14:12:49","modified_gmt":"2016-09-26T12:12:49","slug":"mercredi-8-octobre-cyclorphique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/orphi\/mercredi-8-octobre-cyclorphique\/","title":{"rendered":"Nino Fournier, \u00ab\u00a0Altered States\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\">Mercredi soir 8 octobre 2014 a eu lieu, en salle 3021 du b\u00e2timent Anthropole de l&rsquo;UNIL, la premi\u00e8re s\u00e9ance du cycle de conf\u00e9rences-rencontres du semestre d&rsquo;automne de l&rsquo;ORPHI, \u00ab\u00a0Cyclorphique\u00a0\u00bb. Une petite vingtaine d&rsquo;\u00e9tudiantEs de premi\u00e8re, deuxi\u00e8me et m\u00eame troisi\u00e8me ann\u00e9es \u00e9tait pr\u00e9sente: une belle premi\u00e8re! C&rsquo;est Nino Fournier, \u00e9tudiant en cin\u00e9ma et philosophie, qui s&rsquo;est charg\u00e9 d&rsquo;animer la rencontre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s une br\u00e8ve introduction, le film a commenc\u00e9. Retrouvez ci-dessous son analyse par Nino Fournier <em>himself<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em><strong><span class=\"fbUnderline\">Une certaine analyse de <\/span><\/strong><\/em><strong><span class=\"fbUnderline\">Altered States<\/span><\/strong><em><strong><span class=\"fbUnderline\"> (Ken Russell, 1980)<\/span><\/strong><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il s\u2019agira de montrer dans cette analyse la mani\u00e8re dont Eddie Jessup, le principal protagoniste du film, interpr\u00e9t\u00e9 par William Hurt, passe au cours du film par trois \u00e9tats relatifs \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et \u00e0 la connaissance, que l\u2019on pourrait qualifier de \u00ab\u00a0phases de v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb: une premi\u00e8re phase de v\u00e9rit\u00e9 religieuse, une phase de v\u00e9rit\u00e9 scientifique, et enfin une phase de v\u00e9rit\u00e9 philosophique, plus proche d\u2019une approche existentielle du monde et des autres, que cela soit explicitement visualis\u00e9, ou que cette \u00e9volution soit repr\u00e9sent\u00e9e par des flash-backs ou des visions hallucinog\u00e8nes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La v\u00e9rit\u00e9 religieuse est repr\u00e9sent\u00e9e et v\u00e9cue par Eddie dans le rapport qu\u2019il entretient avec son p\u00e8re mourant ; pourtant, et c\u2019est l\u00e0 d\u2019ailleurs tout l\u2019enjeu du film, cette premi\u00e8re phase de v\u00e9rit\u00e9 ne peut pas \u00eatre pleinement v\u00e9cue par Eddie dans la mesure o\u00f9, justement, elle n\u2019est pas r\u00e9ellement \u00ab\u00a0vivable\u00a0\u00bb : elle ne peut rester, tout au long du film, qu\u2019irr\u00e9alis\u00e9e, ali\u00e9nante et inhumaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La phase de v\u00e9rit\u00e9 scientifique se mat\u00e9rialise pendant la plus large partie du film dans le rapport qu\u2019 Eddie entretient avec la science, principalement dans ses recherches ; plus durable que la premi\u00e8re phase, elle reste cependant tout autant ali\u00e9nante et irr\u00e9alisable. Vivre cette phase, Eddie l\u2019apprendra juste \u00e0 temps, ce n\u2019est pas vivre r\u00e9ellement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La phase de v\u00e9rit\u00e9 existentielle, celle qui se rapproche au final le moins d\u2019une \u00ab\u00a0v\u00e9rit\u00e9 avec un grand V\u00a0\u00bb, se trouvera \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e \u2013 cette derni\u00e8re phase est pour le coup la seule qui soit proprement r\u00e9alisable \u2013 dans le rapport qu\u2019Eddie entretient avec Emily, interpr\u00e9t\u00e9e par Blair Brown.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le voyage existentiel d\u2019Eddie \u00e0 travers ces trois phases de v\u00e9rit\u00e9 est accompagn\u00e9 de la d\u00e9couverte, traumatisante en soi, du fait qu\u2019il n\u2019y a pas de V\u00e9rit\u00e9 avec un grand V. Cette assertion, sortie de la bouche d\u2019 Eddie lors des toutes derni\u00e8res minutes du film et message presque final du film, plongerait le film dans une repr\u00e9sentation pessimiste et d\u00e9finitive si la toute derni\u00e8re sc\u00e8ne ne venait renverser la tendance \u00e0 la d\u00e9sillusion qui accapare progressivement les personnages alors qu\u2019 Eddie d\u00e9couvre progressivement le point ultime et en quelque sorte terminal de la science \u2013 dans sa dimension technique \u2013 et de la scientificit\u00e9 \u2013 dans sa dimension philosophique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi le film de Ken Russell d\u00e9passe-t-il en d\u00e9finitive le message pessimiste des auteurs de l\u2019absurde du 20\u00e8me et 21\u00e8me si\u00e8cle selon lequel la v\u00e9rit\u00e9 finale r\u00e9side dans&#8230; l\u2019absence de v\u00e9rit\u00e9 : dans le N\u00e9ant. De fait, il est possible de voir dans ce film de science-fiction hollywoodien bien plus que le film exp\u00e9rimental le plus co\u00fbteux jamais r\u00e9alis\u00e9 ; en effet, ce film repr\u00e9sente \u00e9galement un <em>hymne \u00e0 l\u2019amour<\/em> compris comme ancrage existentiel, et rejoint ce faisant certains auteurs de l\u2019existence. Bien loin d\u2019un Beckett, c\u2019est du c\u00f4t\u00e9 d\u2019un Kierkegaard que Ken Russell plante ses choux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais la question qui nous int\u00e9resse en premier lieu a trait \u00e0 l\u2019expression visuelle de ces id\u00e9es : comment Ken Russell symbolise-t-il par des images les th\u00e8ses qui sous-tendent le film ? Prenons pour tenter de mieux comprendre le voyage existentiel d\u2019Eddie le passage d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 religieuse \u2013 ou d\u2019une connaissance religieuse \u2013 \u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 scientifique \u2013 ou une connaissances scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une s\u00e9quence pr\u00e9cise peut nous y aider : il s\u2019agit du moment lors duquel Eddie, apr\u00e8s avoir fait l\u2019amour avec Emily, tente de lui expliquer la mani\u00e8re dont il a perdu la foi. Cette s\u00e9quence s\u2019\u00e9tend de 10:15 jusqu\u2019\u00e0 15:02 environ.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1. Comme Eddie l\u2019explique \u00e0 Emily, c\u2019est la mort de son p\u00e8re qui l\u2019a \u00e9cart\u00e9 de la foi : le p\u00e8re, aux portes de la mort, r\u00e9p\u00e8te le mot \u00ab\u00a0terrible\u00a0\u00bb : c\u2019est la fin qui est terrible. Les yeux emplis du sentiment de compassion humaine, Emily l\u2019\u00e9coute raconter : \u00ab\u00a0Donc la fin \u00e9tait terrible, m\u00eame pour un type bien comme mon p\u00e8re, et le but de toutes nos souffrances n\u2019\u00e9tait qu\u2019un surcro\u00eet de souffrances.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ici en quelques phrases certains des principes m\u00eames de la religion qui sont d\u00e9mystifi\u00e9s : \u00eatre bon ne sert finalement \u00e0 rien, puisque la mort reste terrible, m\u00eame pour ceux qui ont fait le bien ; le salut des humains ne se trouve pas dans la souffrance des pauvres p\u00eacheurs que nous sommes, puisqu\u2019une vie de martyr ne m\u00e8nera pas \u00e0 un plus grand salut. Pour Eddie, ces d\u00e9couvertes ne peuvent qu\u2019amener \u00e0 l\u2019abandon de la foi ; et de fait, \u00e0 l\u2019abandon de la v\u00e9rit\u00e9 religieuse. En somme, la foi ne m\u00e8ne au final \u00e0 aucune v\u00e9rit\u00e9 salvatrice. Il lui faut maintenant se tourner vers une autre source, une autre forme de connaissance, pour ne pas rester les mains vides.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est l\u00e0 que la force filmique de Russell entre en jeu : Russell ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 nous expliquer, par des mots, ce qu&rsquo;Eddie a ressenti lors de la mort de son p\u00e8re, la coupure qu\u2019a repr\u00e9sent\u00e9 cette \u00e9tape, et le degr\u00e9 de maturit\u00e9 gagn\u00e9 sur la foi ali\u00e9nante et mensong\u00e8re : non, cela ne serait pas suffisant parce qu\u2019au final, nous ne pouvons pas r\u00e9ellement comprendre la difficult\u00e9 de cette \u00e9tape tant que nous ne l\u2019aurons pas, nous aussi, en tant que spectateurs, v\u00e9cue. Pour cela, quoi de mieux que de nous inviter \u00e0 entrer dans la t\u00eate d\u2019Eddie, gr\u00e2ce \u00e0 la visualisation filmique d\u2019une de ses \u00ab\u00a0hallucinations\u00a0\u00bb, qui deviennent d\u00e9j\u00e0 bien moins \u00ab\u00a0folles\u00a0\u00bb et irr\u00e9elles qu\u2019on veut bien le penser, puisqu\u2019elles s\u2019ancrent v\u00e9ritablement dans le v\u00e9cu du personnage principal?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Presque sans aucune transition, Russell met en images ce qu&rsquo;Eddie vient de dire. Enferm\u00e9 dans son caisson, il revit symboliquement ce d\u00e9tachement, cette d\u00e9construction de la premi\u00e8re phase de v\u00e9rit\u00e9. Alors que le p\u00e8re ouvre les bras \u00e0 son fils, celui-ci, en costume d\u2019\u00e9colier symbolisant son jeune \u00e2ge, lui sourit avant de lui tendre une Bible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Il est int\u00e9ressant \u00e0 ce point de constater la frontalit\u00e9 de ce plan ainsi que l\u2019adresse du p\u00e8re \u00e0 la cam\u00e9ra, et par-del\u00e0 celle-ci au spectateur lui-m\u00eame : d\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019est \u00e0 nous qu\u2019il tend les bras. Le spectateur, dans la m\u00eame position qu\u2019Eddie \u00e0 ce moment, peut d\u00e8s lors reconna\u00eetre cette hallucination comme l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 m\u00eame d\u2019Eddie, et peut de fait commencer \u00e0 s\u2019identifier \u00e0 celui-ci. Il n\u2019est plus n\u00e9cessaire par la suite de se poser la question de la vraisemblance des images que l\u2019on nous montre : elles ne sont pas la r\u00e9alit\u00e9, mais pr\u00e9cis\u00e9ment ce qu\u2019Eddie lui-m\u00eame \u00e0 v\u00e9cu et, plus subjectivement encore, ce qu\u2019il a ressenti.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Mais la sc\u00e8ne continue. La Bible tendue tombe des mains d\u2019Eddie pour se transformer en linceul de J\u00e9sus qui se d\u00e9pose sur le visage du p\u00e8re. Cependant le linceul est violemment rejet\u00e9 et va br\u00fbler sur le sol. Incapable de trouver le salut et le repos dans une religion qui n\u2019est plus salvatrice, le p\u00e8re meurt dans ce qui semble d\u2019affreuses souffrances. Sur son corps, une croix enflamm\u00e9e asserte la destruction des pr\u00e9ceptes religieux aux portes m\u00eames de la mort et d\u00e9montre leur inefficacit\u00e9, leur inutilit\u00e9. Le dogme religieux ainsi \u00e9cart\u00e9, c\u2019est l\u2019image impie d\u2019une sorte de d\u00e9mon \u00e0 six yeux sur la croix qui s\u2019envole lentement vers le hors-champ du ciel. Dans un m\u00eame long panoramique vertical \u2013 dans le m\u00eame \u00e9lan, en somme \u2013, la cam\u00e9ra fait entrer dans le champ l\u2019image d\u2019un grand livre pos\u00e9 sur une pierre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une rang\u00e9e de poteaux t\u00e9l\u00e9graphiques ; la connaissance religieuse, intuitive \u2013 plus une croyance qu\u2019une connaissance en v\u00e9rit\u00e9 \u2013 a laiss\u00e9 la place \u00e0 la connaissance scientifique \u2013 la connaissance \u00e9crite, directement v\u00e9rifiable, quantifiable, objective, archivable \u2013 et \u00e0 la modernit\u00e9 technologique. Le livre pourtant reste pour l\u2019instant inaccessible \u00e0 la main d\u2019Eddie, qui ne peut l\u2019ouvrir. Il n\u2019y parviendra qu\u2019au terme d\u2019un sacrifice. Mais qu\u2019est-ce que le scientifique nouvellement n\u00e9 sacrifiera-t-il exactement ? Que repr\u00e9sente ce mouton impie aux traits d\u2019un d\u00e9mon, dot\u00e9 des yeux et des cornes du diable ? Faisons pour l\u2019instant l\u2019impasse sur cette question \u2013 nous y reviendrons tant\u00f4t.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lorsque le sang de l\u2019animal sacrifi\u00e9 coule sur le livre, lorsque l\u2019animal a \u00e9t\u00e9 sacrifi\u00e9, effac\u00e9 pour de bon, enfin la connaissance devient accessible : le livre ensanglant\u00e9, enfin, peut \u00eatre ouvert. Et c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment que la cellule, symbole par excellence de la biologie et, par extension, de la connaissance scientifique, peut s\u2019ouvrir elle aussi ; c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que ses secrets deviennent accessibles \u00e0 Eddie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pourtant, l\u2019histoire n\u2019est pas encore totalement termin\u00e9e : quelque chose, rest\u00e9e en suspens, ne fonctionne pas. Le symbole de l\u2019animal sacrifi\u00e9, cornu, est tout pr\u00e9sent, tel un fant\u00f4me qui reste in\u00e9vitablement en sous-texte. Et c\u2019est la sc\u00e8ne du viol d\u2019Emily par Eddie qui peut peut-\u00eatre nous fournir quelques explications au sujet de ce d\u00e9mon-mouton et ainsi lever le voile sur la part de myst\u00e8re restante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est que la connaissance scientifique est encore emp\u00each\u00e9e, et, de la mani\u00e8re dont le ressent Eddie, c\u2019est Emily elle-m\u00eame qui, pour l\u2019instant, fait obstacle. C\u2019est elle qui l\u2019emp\u00eache \u2013 et qui l\u2019emp\u00eachera d\u2019ailleurs tout au long du film \u2013 d\u2019aller plus loin dans ses recherches scientifiques. D\u2019aller trop loin, peut-\u00eatre ? Ici, nous ne nous trouvons pas en face de l\u2019amour libre entretenu par deux \u00eatres, mais en face de son exact oppos\u00e9 : le viol. Ce n\u2019est pas seulement Eddie qui, seul, se trouve encha\u00een\u00e9 ; c\u2019est Eddie dans son rapport \u00e0 l\u2019autre, aux autres, qui ne peut \u00eatre compl\u00e8tement libre. Une autre sc\u00e8ne d\u2019hallucinations nous montrera d\u2019ailleurs le m\u00eame probl\u00e8me : l\u2019amour, pour Eddie, ne peut pour l\u2019instant \u00eatre autre chose qu\u2019une ali\u00e9nation. L\u2019amour, transform\u00e9 en \u00e9touffement, ne peut \u00eatre pour l\u2019instant v\u00e9ritablement v\u00e9cu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette impossibilit\u00e9 d\u2019amour n\u2019est pas v\u00e9ritablement propre \u00e0 la phase de v\u00e9rit\u00e9 dans laquelle Eddie se trouve pendant la plus grande partie du film, la phase de v\u00e9rit\u00e9 scientifique : souvenons-nous qu\u2019au d\u00e9but de la s\u00e9quence, Eddie semble incapable d\u2019aimer Emily (il pense \u00e0 J\u00e9sus, aux crucifixions, au moment m\u00eame de l\u2019acte sexuel), ce qu\u2019Emily lui reproche gentiment. Ainsi pouvons-nous avancer l\u2019id\u00e9e que les deux premi\u00e8res phases de v\u00e9rit\u00e9 travers\u00e9es par Eddie emp\u00eachent celui-ci d\u2019aimer vraiment. S\u2019il s\u2019\u00e9loigne d\u2019Emily, c\u2019est parce qu\u2019Eddie se perd \u2013 ou veut se perdre, peut-\u00eatre \u2013 dans la science : il veut d\u00e9couvrir, il veut conna\u00eetre, et \u00ab\u00a0quoi ?\u00a0\u00bb ici n\u2019est pas exactement la question.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En effet, l\u2019essentiel n\u2019est pas de savoir si ses investigations scientifiques sont vraisemblables (si nous poss\u00e9dons effectivement la m\u00e9moire de l\u2019humanit\u00e9 et de la seconde originelle enfouie dans notre cerveau) : \u00e0 l\u2019inverse, l\u2019invraisemblance de cette id\u00e9e sert autant l\u2019ambiance myst\u00e9rieuse de film que le th\u00e8me m\u00eame de celui-ci. D\u2019une certaine mani\u00e8re, la recherche d\u2019Eddie, sa qu\u00eate, justement du fait de son caract\u00e8re improbable, gagne une dimension abstraite : elle devient une course vers la connaissance, la connaissance avec un grand C, jusqu\u2019\u00e0 se transformer en symbole : Eddie court apr\u00e8s la Connaissance \u2013 et cherche \u00e0 l\u2019atteindre de mani\u00e8re scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La s\u00e9quence nous le montre, mais surtout en nous le faisant entendre : la note grave, jou\u00e9e au piano, qui fait la transition sonore entre la (fausse) sc\u00e8ne d\u2019amour impossible et le moment o\u00f9 Eddie se retrouve dans le caisson semble \u00e0 juste titre d\u00e9plac\u00e9e dans une sc\u00e8ne d\u2019amour hollywoodienne classique : elle d\u00e9tone et elle annonce, insidieusement, qu\u2019il y a un probl\u00e8me quelque part. De fait, cette note, comme survenue trop t\u00f4t, n\u2019est pas anodine : la science (la sc\u00e8ne suivante, la sc\u00e8ne du caisson), contamine d\u00e9j\u00e0 l\u2019amour, le relationnel (la sc\u00e8ne d\u2019amour impossible, \u00ab\u00a0inv\u00e9cu\u00a0\u00bb). D\u2019ailleurs, le fait de placer Eddie dans un caisson d\u2019isolement n\u2019est pas anodin : tel un leitmotiv, le symbole de l\u2019enfermement que repr\u00e9sente le caisson traverse le film tout en prenant de nombreuses formes. Tant qu\u2019Eddie est enferm\u00e9, l\u2019amour ne pourra pas \u00eatre v\u00e9cu de mani\u00e8re existentielle. La vie ne sera pas la vie : la vie d\u2019Eddie ne sera qu\u2019un long mouvement ali\u00e9nant en direction de la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 ultime, de la v\u00e9rit\u00e9 avec un grand V. 7<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ainsi, le motif de l\u2019enfermement se retrouve au fil du film \u00e0 de nombreux niveaux. Au niveau de la mise en cadre, le surcadrage r\u00e9current donne l\u2019impression que les personnages sont enferm\u00e9s dans le d\u00e9cor, enferm\u00e9s dans et incapables de sortir de leur situation ; un surcadrage qui est parfois utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame, comme lors de l\u2019avant-derni\u00e8re sc\u00e8ne du film. Le caisson, un enfermement en soi et d\u2019une certaine mani\u00e8re volontaire de la part d\u2019Eddie, ainsi que la mani\u00e8re dont celui-ci est trait\u00e9. Ainsi, la cam\u00e9ra n\u2019y p\u00e9n\u00e8tre que tr\u00e8s rarement, ce qui renforce l\u2019impression d\u2019\u00e9loignement, de s\u00e9paration, entre l\u2019espace carc\u00e9ral dans lequel baigne Eddie et le monde r\u00e9el dans lequel les autres personnages tentent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment d\u2019atteindre Eddie. Et les rares fois o\u00f9 la cam\u00e9ra y p\u00e9n\u00e8tre, c\u2019est pour nous donner une vision \u00e9crasante d\u2019Eddie gr\u00e2ce \u00e0 des contre-plong\u00e9es extr\u00eames qui placent le spectateur dans une position tout autant ali\u00e9n\u00e9e qu\u2019Eddie lui-m\u00eame, emprisonn\u00e9 par le poids de ce qui se trouve au-dessus du regardeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En plus d\u2019\u00eatre tr\u00e8s souvent surcadr\u00e9s, les personnages peuvent parfois jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre d\u00e9solidaris\u00e9s de leur propre d\u00e9cor, du propre monde di\u00e9g\u00e9tique dans lequel ils \u00e9voluent. Ainsi le spectateur se retrouve-t-il face \u00e0 des plans fig\u00e9s et vides de toute vie humaine, dont la construction g\u00e9om\u00e9trique \u2013 lignes droites perpendiculaires \u2013 devient une v\u00e9ritable construction math\u00e9matico-structurelle droite, rigide et tout autant ali\u00e9nante que les violentes disputes qui emp\u00eachent les personnages de communiquer lorsqu\u2019ils ne sont pas surcadr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toutefois l\u2019enfermement le plus terrible est bel et bien philosophique. Apr\u00e8s qu\u2019Eddie soit entr\u00e9 dans le caisson pour la toute derni\u00e8re fois, Emily le dit de mani\u00e8re tr\u00e8s consciente et tr\u00e8s claire \u00e0 Mason, le scientifique sceptique : \u00ab\u00a0ce qui est arriv\u00e9 ce soir \u00e0 Eddie c\u2019est sa conception de l\u2019amour ; la condition humaine n\u2019a jamais eu de r\u00e9alit\u00e9 pour lui, c\u2019est un amoureux de la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb C\u2019est exactement la mani\u00e8re dont Eddie se laisse enfermer dans son caissonet par analogie dans une phase de v\u00e9rit\u00e9 scientifique qui n\u2019a plus rien d\u2019humain au final, qui est proprement d\u00e9shumanisante, ali\u00e9nante, dans la mesure o\u00f9 Eddie ne se soucie plus ni des gens qui l\u2019entourent, ni de la r\u00e9alit\u00e9 de cette vie humaine qu\u2019il lui faut pourtant bel et bien construire, ni de l\u2019amour que lui porte Emily. Il suffit \u00e0 ce propos de consid\u00e9rer la mani\u00e8re dont la science est repr\u00e9sent\u00e9e au cours du film, au travers d\u2019exp\u00e9riences subies par certains patients au nom de la recherche, ainsi que la mani\u00e8re dont la science se transforme en un environnement qui est tout sauf accueillant pour Emily, laquelle se retrouve seule, abandonn\u00e9e, au milieu d\u2019un univers aseptis\u00e9 et structur\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Apr\u00e8s ces consid\u00e9rations concernant la premi\u00e8re hallucination d\u2019Eddie ainsi qu\u2019une certaine d\u00e9finition de la phase de v\u00e9rit\u00e9 scientifique dans laquelle celui-ci se trouve, il est temps dese demander ce que cette phase de v\u00e9rit\u00e9 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 : qu\u2019a trouv\u00e9 Eddie au terme de son voyage dans la science ? Que se passe-t-il pour lui au moment o\u00f9, comme le dit Emily, il est enfin \u00ab\u00a0viol\u00e9 par la V\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb ? Alors qu\u2019Eddie a plong\u00e9 au coeur m\u00eame du plus profond secret scientifique, alors qu\u2019il est all\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 devenir lui-m\u00eame la cellule originelle, celui-ci ne peut admettre \u00e0 Emily que \u00ab\u00a0C\u2019est le N\u00e9ant. Simple, hideux, le N\u00e9ant. En d\u00e9finitive, la v\u00e9rit\u00e9 de toutes choses, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas de V\u00e9rit\u00e9 avec un grand V. La V\u00e9rit\u00e9 c\u2019est ce qui est transitoire, c\u2019est la vie qui est la seule r\u00e9alit\u00e9.\u00a0\u00bb Et cette derni\u00e8re affirmation s\u2019oppose \u00e0 ce qu\u2019Emily pensait d\u2019Eddie quelques minutes plus t\u00f4t lorsqu\u2019elle expliquait \u00e0 Mason que pour Eddie, \u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 (&#8230;) c\u2019est ce qui est fixe, immuable, constant. Il ne m\u2019a jamais aim\u00e9, connaissant aussi bien que moi que nous n\u2019\u00e9tions que d\u2019infimes morceaux de mati\u00e8re, de passage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Ce qui se joue ici, tr\u00e8s rapidement, n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un v\u00e9ritable et fondamental changement de paradigme pour Eddie qui, au fond, est d\u00e9j\u00e0 revenu de la phase de v\u00e9rit\u00e9 scientifique. De la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il n\u2019a pu que rejeter les pr\u00e9ceptes de la v\u00e9rit\u00e9 religieuse face \u00e0 la mort de son p\u00e8re, il ne peut plus croire \u00e0 la science face \u00e0 ce qu\u2019il a d\u00e9couvert. Bien s\u00fbr qu\u2019Emily avait raison, bien s\u00fbr qu\u2019Eddie ne concevait l\u2019amour, la vie, que du point de vue de la science ; bien s\u00fbr qu\u2019Eddie ne consid\u00e9rait Emily que comme un simple morceau d\u2019atome de passage sur terre, bien moins important que la recherche de la v\u00e9rit\u00e9. Cependant Eddie, lors de sa derni\u00e8re exp\u00e9rience, d\u00e9couvre les limites de cette vision des choses : la limite selon laquelle il n\u2019y a pas de V\u00e9rit\u00e9 avec un grand V ! Que faire, d\u00e8s lors, pour ne pas tomber dans le pessimisme et le cynisme le plus total ? Comment \u00e9viter la fameuse pens\u00e9e selon laquelle rien ne vaut la peine, puisque rien n\u2019a de sens ? S\u2019agit-il d\u2019arr\u00eater de chercher, d\u2019arr\u00eater la science, et de se laisser gentiment mourir dans un d\u00e9bilisant arr\u00eat de la m\u00e9canique humaine ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Bien au contraire, c\u2019est dans une toute autre optique que le film se termine : les derniers plans am\u00e8nent \u00e0 la r\u00e9ponse simple, humaine et belle de Ken Russell au sentiment du d\u00e9sespoir, au sentiment du manque de sens : si la condition humaine n\u2019a pas de sens ultime, de sens universel, de V\u00e9rit\u00e9 avec un grand V, c\u2019est aux humains, \u00e0 chaque humain en particulier, de donner \u00e0 sa vie le sens qu\u2019il peut y trouver dans la r\u00e9alit\u00e9, dans ce qui se trouve autour de lui. Pour Eddie, de donner \u00e0 sa vie le sens qu\u2019Emily est pr\u00eate \u00e0 lui offrir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En d\u00e9finitive, pourrait dire Eddie, il n\u2019y a pas de v\u00e9rit\u00e9, il n\u2019y a que ce qu\u2019on fait de sa v\u00e9rit\u00e9 personnelle, du sens que l\u2019on veut, soi-m\u00eame, donner \u00e0 son existence. Eddie peut bien \u00eatre devenu autre \u2013 avoir quitt\u00e9, voire d\u00e9construit son soi dans la science et passer par toutes les couleurs du monstre en lequel il s\u2019est transform\u00e9, il reste malgr\u00e9 tout en lui un principe qui le constitue en tant qu\u2019Eddie Jessup, une sorte de principe persistant qui lui permet d\u2019\u00eatre et de rester lui-m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est ici qu\u2019intervient un penseur tel que Kierkegaard. Et ce que dit Kierkegaard est magnifique ; on dirait presque que le sc\u00e9nariste d\u2019<em>Altered States<\/em> a lu le philosophe et a tout copi\u00e9 ! Ainsi, le philosophe danois \u00e9crit-il, dans son <em>Post-scriptum d\u00e9finitif et non scientifique aux miettes philosophiques<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0<em>Qu\u2019un philosophe allemand, c\u00e9dant \u00e0 son d\u00e9sir de se cr\u00e9er, commence par se transformer en quelque chose de supraraisonnable, comme les alchimistes et les sorciers en leur fantastique accoutrement, pour donner ensuite la plus satisfaisante des r\u00e9ponses \u00e0 la question de la v\u00e9rit\u00e9, cela ne me concerne pas, pas plus que sa r\u00e9ponse satisfaisante, et \u00e0 coup s\u00fbr au plus haut point \u2013 quand on s\u2019est d\u00e9guis\u00e9 en personnage fantastique\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Que la r\u00e9f\u00e9rence soit ici faite \u00e0 la philosophie de Fichte n\u2019a pas une tr\u00e8s grande importance. Ce qui compte, au contraire, c\u2019est la g\u00e9n\u00e9ralisation que nous pouvons tirer de ces quelques phrases. Pour Kierkegaard, peu importe qu\u2019une quelconque v\u00e9rit\u00e9, m\u00eame si celle-ci est tr\u00e8s satisfaisante, soit atteinte, s\u2019il faut pour cela devenir autre que ce que l\u2019on est v\u00e9ritablement. Le fait qu\u2019Eddie soit amen\u00e9 \u00e0 se transformer \u2013 en singe tout d\u2019abord, puis en quelque chose d\u2019encore plus monstrueux \u2013 afin d\u2019atteindre la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il poursuit, celle qui commence avec un grand V, d\u00e9cr\u00e9dibilise du m\u00eame coup n\u2019importe quelle v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 laquelle il pourrait arriver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">De la m\u00eame mani\u00e8re, Kierkegaard explique que<br \/>\n\u00ab\u00a0<em>La voie de la r\u00e9flexion objective fait du sujet chose contingente, et par l\u00e0, de l\u2019existence, chose indiff\u00e9rente qui va s\u2019\u00e9vanouissant. S\u2019\u00e9loignant du sujet, la voie se dirige vers la v\u00e9rit\u00e9 objective ; pendant que sujet et subjectivit\u00e9 deviennent indiff\u00e9rents, la v\u00e9rit\u00e9 le devient aussi, et cela justement lui conf\u00e8re sa valeur objective, car l\u2019int\u00e9r\u00eat, comme la d\u00e9cision, porte sur la subjectivit\u00e9. La voie de la r\u00e9flexion objective conduit alors \u00e0 la pens\u00e9e abstraite, aux math\u00e9matiques, au savoir historique de toute nature, elle \u00e9loigne sans cesse du sujet dont l\u2019\u00eatre ou le non-\u00eatre de fait devient de fa\u00e7on parfaitement correcte au point de vue objectif, compl\u00e8tement indiff\u00e9rent. (&#8230;) La sp\u00e9culation moderne a tout fait pour que l\u2019individu se d\u00e9passe objectivement, ce qui est absolument impossible ; l\u2019existence le retient (&#8230;). Quand on s\u2019informe subjectivement de la v\u00e9rit\u00e9, la r\u00e9flexion porte subjectivement sur le rapport de l\u2019individu ; pourvu que le comment de ce rapport soit fond\u00e9 dans la v\u00e9rit\u00e9, l\u2019individu est alors aussi dans la v\u00e9rit\u00e9, m\u00eame s\u2019il se rapporte ainsi \u00e0 la non-v\u00e9rit\u00e9.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab\u00a0Se d\u00e9passer objectivement\u00a0\u00bb, afin d\u2019aller vers quelque chose autre que lui-m\u00eame, quelque chose qui ne le d\u00e9finit pas en tant qu\u2019Eddie Jessup, n\u2019est-il pas ce qu\u2019Eddie a tent\u00e9 de faire tout au long du film ? Toutefois, il y a ce principe que nous avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 qui d\u2019une certaine mani\u00e8re retient Eddie, ce principe qui se manifeste m\u00eame quand Eddie semble \u00eatre sur le point de se transformer compl\u00e8tement et \u00e0 tout jamais : Eddie, malgr\u00e9 toutes les transformations qu\u2019il subit, est toujours Eddie ! M\u00eame en essayant de sortir de soi-m\u00eame en courant apr\u00e8s la recherche de la connaissance, m\u00eame en voulant quitter son soi, devenir autre, parvenir \u00e0 des \u00e9tats de soi-m\u00eame qui soient alt\u00e9r\u00e9s \u2013 les <em>altered states<\/em> du titre \u2013 Eddie doit apprendre, au final, \u00e0 \u00eatre lui-m\u00eame : et c\u2019est le plus difficile, bien plus difficile que de devenir autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette partie d\u2019Eddie qui tend une main vers Emily, pour essayer de la retrouver et de la rencontrer. Et ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 son contact que la science, dans sa dimension contaminatrice et ali\u00e9nante, s\u2019efface pour laisser la place \u00e0 l\u2019amour, \u00e0 la r\u00e9union de deux \u00eatres dans l\u2019amour, et qu\u2019elle permet ainsi \u00e0 Eddie de prononcer les derniers mots du film, qui font de <em>Altered States<\/em> un grand film d\u2019amour : \u00ab\u00a0Je t\u2019aime, Emily\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Nino Fournier, le 10.10.2014<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">1. Cit\u00e9 dans Jean Brun (\u00e9d.), L\u2019existence, textes choisis, PUF, Paris, 1972, pp. 61-638 \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Romain Fardel<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mercredi soir 8 octobre 2014 a eu lieu, en salle 3021 du b\u00e2timent Anthropole de l&rsquo;UNIL, la premi\u00e8re s\u00e9ance du cycle de conf\u00e9rences-rencontres du semestre d&rsquo;automne de l&rsquo;ORPHI, \u00ab\u00a0Cyclorphique\u00a0\u00bb. Une petite vingtaine d&rsquo;\u00e9tudiantEs de premi\u00e8re, deuxi\u00e8me et m\u00eame troisi\u00e8me ann\u00e9es \u00e9tait pr\u00e9sente: une belle premi\u00e8re! 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