{"id":292,"date":"2012-03-03T22:16:59","date_gmt":"2012-03-03T21:16:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/?p=292"},"modified":"2012-03-03T22:16:59","modified_gmt":"2012-03-03T21:16:59","slug":"le-modele-americain-une-perspective-hegemonique-pour-la-fin-du-millenaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/2012\/03\/le-modele-americain-une-perspective-hegemonique-pour-la-fin-du-millenaire\/","title":{"rendered":"LE \u00ab\u00a0MOD\u00c8LE AM\u00c9RICAIN \u00a0\u00bb : Une perspective h\u00e9g\u00e9monique pour la fin du mill\u00e9naire ?"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>Mardi 12 mai 1998, salle 2106<br \/>\nBFSH2, Universit\u00e9 de Lausanne<\/p>\n<p><strong>Sujet<\/strong><\/p>\n<p>Depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, proph\u00e8tes et cassandres de tout bord nous annoncent p\u00e9riodiquement la chute puis le retour du miracle am\u00e9ricain. Actuellement, les Etats-Unis semblent jouir d&rsquo;une reprise \u00e9conomique et d&rsquo;une stabilit\u00e9 politique \u00e0 faire p\u00e2lir d&rsquo;envie les autres pays industrialis\u00e9s. Cette situation va-t-elle durer? Ce nouveau \u00ab\u00a0miracle\u00a0\u00bb sera-t-il \u00e0 nouveau rapidement frapp\u00e9 d&rsquo;obsolescence? Pour comprendre la r\u00e9alit\u00e9 complexe des Etats-Unis \u00e0 la fin de ce si\u00e8cle, le Groupe Regards Critiques organise le mardi 12 mai une journ\u00e9e de conf\u00e9rences et de d\u00e9bats avec des intervenant-e-s d&rsquo;Europe et des Etats-Unis. Nous vous invitons toutes et tous \u00e0 y participer.<\/p>\n<p>Au premier abord, tous les indicateurs \u00e9conomiques pr\u00e9sentent une v\u00e9ritable vitrine du succ\u00e8s \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine. Avec une croissance \u00e9conomique forte du produit int\u00e9rieur brut (PIB) (+3.8% en 1997), un ch\u00f4mage bas (\u00ab\u00a0\u00e0 peine\u00a0\u00bb 4.7% en 1997) combin\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de plus de 3 millions d&#8217;emplois l&rsquo;an dernier, et enfin l&rsquo;effacement des derniers d\u00e9ficits publics annonc\u00e9s pour 1999 (apr\u00e8s trois d\u00e9cennies de d\u00e9ficits), tout semble aller pour le mieux pour les Etats-Unis. Si l&rsquo;on ajoute \u00e0 cela une supr\u00e9matie incontest\u00e9e sur le plan militaire, l&rsquo;offensive permanente de la culture am\u00e9ricaine, ainsi que le poids des Etats-Unis dans les organisations \u00e9conomiques et financi\u00e8res internationales, on obtient en effet une performance pr\u00e9sent\u00e9e continuellement comme un succ\u00e8s incontestable, voire un mod\u00e8le \u00e0 suivre.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re la vitrine du succ\u00e8s, une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cartel\u00e9e<\/p>\n<p>Quel est le prix de ce soit-disant succ\u00e8s am\u00e9ricain? En 1998, qui sont les gagnant-e-s et les perdant-e-s de deux d\u00e9cennies de politiques n\u00e9olib\u00e9rales men\u00e9es aussi bien par Reagan et Bush que par Clinton? En premier lieu, les conditions de travail et d&#8217;emplois sont en fort d\u00e9calage avec l&rsquo;enthousiasme de la croissance. Le taux de ch\u00f4mage am\u00e9ricain reste en effet fortement sous-\u00e9valu\u00e9 et ne prend, par exemple, que peu en compte le sous-emploi: toute personne ayant travaill\u00e9 ne serait-ce qu&rsquo;un jour dans la semaine pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;enqu\u00e8te de l&rsquo;office du travail est consid\u00e9r\u00e9e comme active. Calcul\u00e9 selon des m\u00e9thodes statistiques en cours en Europe, le taux de ch\u00f4mage am\u00e9ricain s&rsquo;approcherait plus des 9% un taux fort euro-compatible et non plus miraculeux. De plus, si l&rsquo;on assiste actuellement \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re hausse des revenus des salari\u00e9-e-s, cette derni\u00e8re intervient apr\u00e8s deux d\u00e9cennies de baisse continue et de flexibilisation extr\u00eame des r\u00e9mun\u00e9rations. En 1994, 95% des familles avec enfants avaient besoin de deux salaires \u00e0 temps plein pour maintenir le revenu familial. Dans un pays o\u00f9 pr\u00e8s d&rsquo;un cinqui\u00e8me des salari\u00e9-e-s ne b\u00e9n\u00e9ficient pas d&rsquo;assurance maladie (41.7 millions de personnes!) et o\u00f9 le salaire horaire minimum s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 moins de 10 francs, il ne suffit pas de travailler pour \u00e9chapper \u00e0 la pauvret\u00e9! Cet \u00e9cart\u00e8lement des conditions de travail est renforc\u00e9 par le d\u00e9mant\u00e8lement constant des protections sociales. Selon les h\u00e9raults des contre-r\u00e9formes sociales, il faut d\u00e9sormais faire table rase du welfare pour mettre en avant le workfare, c&rsquo;est-\u00e0-dire passer de la notion de droit \u00e0 une assurance sociale \u00e0 celui d&rsquo;une aide conditionnelle \u00e0 la volont\u00e9 de \u00ab\u00a0remise au travail\u00a0\u00bb. D\u00e9j\u00e0 reprise par Tony Blair en Grande-Bretagne, cette conception trouve de plus en plus d&rsquo;\u00e9cho en Europe. La d\u00e9t\u00e9rioration massive des conditions de travail et d&#8217;emploi sont d&rsquo;autant plus frappantes que le taux de profit des entreprises am\u00e9ricaines a atteint en 1994-1995 son plus haut niveau depuis 1959, ann\u00e9e phare de la croissance d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, et que les diff\u00e9rences de revenu, sans parler de la fortune, ont continu\u00e9 \u00e0 progresser durant les ann\u00e9es 1990. Apr\u00e8s vingt ans de d\u00e9r\u00e9gulation et de flexibilisation, ce sont toujours les couches ais\u00e9es qui profitent de la croissance \u00e9conomique actuelle, alors que les revenus de la majorit\u00e9 de la population demeurent bloqu\u00e9s, voire continuent leur r\u00e9gression. L&rsquo;adage des ann\u00e9es Reagan selon lequel the rich get richer and the poor get poorer reste donc d&rsquo;une br\u00fblante actualit\u00e9.<\/p>\n<p>D\u00e9ficit z\u00e9ro pour 1999: mais qui va payer le prix des plans d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9?<\/p>\n<p>En janvier de cette ann\u00e9e, le Pr\u00e9sident Clinton a annonc\u00e9 pour 1999 le premier \u00e9quilibre budg\u00e9taire apr\u00e8s trente ans de d\u00e9ficits, un but qui ne devait \u00eatre atteint qu&rsquo;en 2002. Une fois examin\u00e9e de plus pr\u00e8s, cette performance para\u00eet moins sensationelle. A vrai dire, les chiffres \u00ab\u00a0astronomiques\u00a0\u00bb du d\u00e9ficit am\u00e9ricain (1994: 240 milliards de $; 1996: 160 milliards&#8230;) sont trompeurs. En effet, les d\u00e9ficits de ces derni\u00e8res ann\u00e9es sont toujours rest\u00e9s inf\u00e9rieurs \u00e0 2% du PIB am\u00e9ricain. Les Etats-Unis ont de ce fait scrupuleusement respect\u00e9 les crit\u00e8res de Maastricht qui fixent une limite acceptable des d\u00e9ficits \u00e0 3% du PIB. Comme partout, le pr\u00e9texte des caisses vides a permis la mise en place de programmes d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 tr\u00e8s durs: outre les coupes dans les assurances sociales, on assiste au je\u00fbne forc\u00e9 des services publics f\u00e9d\u00e9raux, \u00e0 la fin des programmes de lutte contre la pauvret\u00e9, \u00e0 l&rsquo;abolition des mesures positives (affirmative action) en faveur des femmes et des minorit\u00e9s ethniques, au doublement du montant des taxes universitaires (et dans le m\u00eame temps \u00e0 la division par deux du montant des bourses allou\u00e9es). Depuis 1992, la pr\u00e9sidence Clinton a suivi scrupuleusement les traces de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs n\u00e9olib\u00e9raux. Le retour des exc\u00e9dents budg\u00e9taires annonce-t-il un tournant de la politique men\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent? Rien n&rsquo;est moins s\u00fbr, puisque les nouveaux cr\u00e9dits propos\u00e9s par Clinton dans les domaines de la formation et du social seront financ\u00e9s par des coupes dans d&rsquo;autres postes du budget f\u00e9d\u00e9ral et qu&rsquo;il est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vu de proc\u00e9der \u00e0 de nouvelles exemptions fiscales. En conclusion, le renflouement des finances publiques n&rsquo;arr\u00eatera pas la d\u00e9ferlante anti-sociale de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9, un \u00e9l\u00e9ment qui laisse songeur alors qu&rsquo;en Suisse Kaspar Villiger nous propose l&rsquo;effacement des d\u00e9ficits de la Conf\u00e9d\u00e9ration pour 2001.<\/p>\n<p>Les Etats-Unis en 1998: un horizon qui nous guette bient\u00f4t?<\/p>\n<p>Comme nous pouvons le constater, la croissance des derni\u00e8res ann\u00e9es se fait sous une forme extr\u00eamement in\u00e9galitaire et dommageable pour la grande majorit\u00e9 de la population. Vu l&rsquo;engouement suscit\u00e9 en Europe et en Suisse par les exp\u00e9riences am\u00e9ricaines en mati\u00e8re de flexibilisation du travail et de l&#8217;emploi, ou encore de r\u00e9forme des assurances sociales, il est n\u00e9cessaire de r\u00e9fl\u00e9chir et d\u00e9battre ensemble des cons\u00e9quences et des enjeux de ces politiques. En effet, nous estimons que le \u00ab\u00a0mod\u00e8le am\u00e9ricain\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas in\u00e9luctable et que comprendre les Etats-Unis d&rsquo;aujourd&rsquo;hui permet de se pr\u00e9parer aux luttes de demain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Programme<\/strong><\/p>\n<p>\u20229h00-10h30 Louis MAURIN (\u00e9conomiste, collaborateur \u00e0 Alternatives Economiques, Paris)<\/p>\n<p><em>La red\u00e9finition \u00e0 la baisse du march\u00e9 de l&#8217;emploi aux USA: ch\u00f4meurs cach\u00e9s et \u00ab\u00a0working poors\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>\u202211h00-12h30 Holly SKLAR (collaboratrice au mensuel Z Magazine, auteure de plusieurs livres sur l&rsquo;\u00e9volution r\u00e9cente des USA, Boston):<\/p>\n<p><em>Du \u00ab\u00a0Welfare\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0Workfare\u00a0\u00bb: les logiques du d\u00e9mant\u00e8lement des assurances sociales et de la mise au travail<\/em><\/p>\n<p>\u202214h00-15h30 Chip BERLET(chercheur et militant \u00e0 l&rsquo;institut \u00ab\u00a0Political Research Associates\u00a0\u00bb de Boston, sp\u00e9cialiste de la droite et de l&rsquo;extr\u00eame-droite am\u00e9ricaine):<\/p>\n<p><em>L&rsquo;arsenal id\u00e9ologique de la droite am\u00e9ricaine: \u00ab\u00a0classes dangereuses\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0welfare queens\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>\u202216h00-17h30 Kees VAN DER PIJL (professeur de relations internationales \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;Amsterdam):<\/p>\n<p><em>Imp\u00e9rialisme am\u00e9ricain et organisations internationales<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mardi 12 mai 1998, salle 2106 BFSH2, Universit\u00e9 de Lausanne Sujet Depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, proph\u00e8tes et cassandres de tout bord nous annoncent p\u00e9riodiquement la chute puis le retour du &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32],"tags":[],"class_list":{"0":"post-292","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-economie-finance"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=292"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/292\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/grc\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}