{"id":884,"date":"2021-11-25T01:24:11","date_gmt":"2021-11-25T00:24:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=884"},"modified":"2023-03-28T01:14:20","modified_gmt":"2023-03-27T23:14:20","slug":"house-of-gucci","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2021\/11\/house-of-gucci\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0House of Gucci\u00a0\u00bb &#8211; Critique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1918\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/11\/House-of-Gucci-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-886\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/11\/House-of-Gucci-edited.jpg 1918w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/11\/House-of-Gucci-edited-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/11\/House-of-Gucci-edited-1024x577.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/11\/House-of-Gucci-edited-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/11\/House-of-Gucci-edited-1536x865.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1918px) 100vw, 1918px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"><em>House of Gucci<\/em>\u2009: l\u2019avidit\u00e9 comme moteur de la destruction d\u2019un noyau familial<\/h5>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui il n\u2019y a aucun membre de la famille Gucci dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0Gucci\u00a0\u00bb. C\u2019est avec ce genre de mots que se conclut le film <em>House of Gucci<\/em> et qui r\u00e9sument parfaitement le but narratif de cette derni\u00e8re \u0153uvre cin\u00e9matographique de Ridley Scott\u2009: traiter l\u2019effritement d\u2019un noyau familial \u00e0 la suite de l\u2019avidit\u00e9 montr\u00e9e, perp\u00e9tr\u00e9e et incarn\u00e9e par Patrizia Reggiani, commanditaire de l\u2019assassinat de son mari Maurizio Gucci. Malheureusement, le r\u00e9sultat de l\u2019effort narratif de Ridley Scott est plut\u00f4t d\u00e9cevant.<\/p>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9rant la fa\u00e7on dont la narration est construite, on ne sait pas exactement o\u00f9 le film veut aboutir, et comment on aimerait se concentrer sur les personnages pour communiquer quelque chose au spectateur. Dans la premi\u00e8re partie on pourrait croire que le film se concentre sp\u00e9cialement sur Patrizia Reggiani (interpr\u00e9t\u00e9e par Lady Gaga) et comment son avidit\u00e9 et son ambition d\u2019acqu\u00e9rir un statut social \u00e9lev\u00e9 \u00e9voluent, pour s\u2019effondrer dans un gouffre par la suite. Malheureusement, il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable immersion dans la psych\u00e9 du personnage cens\u00e9e aider \u00e0 comprendre ces aspects. En fait, lorsque le rapport de couple commence \u00e0 se briser, la narration se d\u00e9place sur Maurizio Gucci (interpr\u00e9t\u00e9 par Adam Driver), tandis que Patrizia Reggiani (Lady Gaga) devient plut\u00f4t marginale. L\u2019id\u00e9e serait int\u00e9ressante, si elle s\u2019appuyait sur un v\u00e9ritable choix narratif. En effet, les sc\u00e8nes ax\u00e9es sur le personnage de Adam Driver ne permettent pas de v\u00e9ritablement d\u00e9velopper ce qu\u2019il ressent. Il n\u2019y a pas d\u2019analyse, aucune profondeur \u00e9motionnelle, aucune critique. En d\u2019autres termes, le film manque de substance. Il s\u2019ensuit que le spectateur n\u2019obtient rien sur le plan \u00e9motif.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me est rendu encore plus \u00e9vident par le choix des acteurs et la mani\u00e8re de les diriger. Le film parle d\u2019une affaire italienne, mais le casting est anglophone. Cela ne pose pas de probl\u00e8mes en soi, car le spectateur en est conscient et va au-del\u00e0. Par contre, un probl\u00e8me surgit lorsque dans les dialogues en anglais, les acteurs prononcent des mots en italien, faisant para\u00eetre les voix forc\u00e9es et cassant ainsi le rythme de la sc\u00e8ne. Malheureusement, les grandes capacit\u00e9s d\u2019acteurs comme Adam Driver ne sont pas pleinement utilis\u00e9es. Que l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un film comme <em>Marriage Story<\/em> sorti en 2019, dans lequel Driver a d\u00e9montr\u00e9 au grand public toutes ses capacit\u00e9s et comment il sait \u00e9veiller des \u00e9motions gr\u00e2ce aux expressions de son visage et de son corps. Dans <em>House of Gucci<\/em> cette force n\u2019est pas utilis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La narration est rendue encore moins immersive en raison de la pr\u00e9sence de Lady Gaga et de Jared Leto (qui joue le r\u00f4le de Paolo Gucci). La premi\u00e8re n\u2019est pas vraiment une actrice, la preuve en est qu\u2019elle a souvent du mal \u00e0 tenir la sc\u00e8ne et r\u00e9cite des phrases apprises par c\u0153ur. Le deuxi\u00e8me est trop outrancier et caricatural. Il en devient ridicule et ennuyeux, car cette caract\u00e9risation ne semble pas correspondre \u00e0 un choix pond\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelqu\u2019un pourrait voir du grotesque dans cette mani\u00e8re d\u2019approcher la cupidit\u00e9 de la famille Gucci ainsi que ses fant\u00f4mes et donc \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 nuancer son jugement. Il faut pourtant abandonner cette id\u00e9e. Les personnages sont con\u00e7us et mis en sc\u00e8ne de telle mani\u00e8re qu\u2019ils ne peuvent pas \u00eatre performants.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces probl\u00e8mes de rythme, l\u2019absence d\u2019\u00e9motions et l\u2019ind\u00e9cision quant aux personnages sur lesquels porter l\u2019attention, conduisent \u00e0 une discontinuit\u00e9 des sc\u00e8nes qui ne se justifie gu\u00e8re. On a ainsi l\u2019impression que les \u00e9v\u00e9nements racont\u00e9s se succ\u00e8dent, car n\u00e9cessaires, mais sans une v\u00e9ritable logique. Par exemple, on n\u2019a pas l\u2019impression de voir un parcours \u00e9volutif, lin\u00e9aire et puissant, qui conduit Patrizia \u00e0 engager les tueurs \u00e0 gages. Aucune interaction entre les personnages qui justifierait les sc\u00e8nes et les \u00e9pisodes qui se succ\u00e8dent n\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e. En fait, m\u00eame la sc\u00e8ne dans laquelle Maurizio Gucci est tu\u00e9, appara\u00eet presque ridicule et ne transmet aucune \u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est donc pas possible de parler d\u2019un style grotesque, mais plut\u00f4t d\u2019un g\u00e2chis narratif rassemblant des moments de r\u00e9cit qui, pris singuli\u00e8rement, pourraient fonctionner, mais dans le cadre du film, ils contribuent \u00e0 faire \u00e9chouer la r\u00e9alisation des objectifs narratifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au c\u00f4t\u00e9 technique, la photographie est \u00e9vocatrice, car elle met en sc\u00e8ne des couleurs ternes et froides, qui traduisent l\u2019atmosph\u00e8re lourde et charg\u00e9e de n\u00e9gativit\u00e9 du crime imminent. Mais sommes-nous s\u00fbrs que ce soit le bon choix pour ce film\u2009? On serait tent\u00e9 de justifier ce choix, car le film commence avec la voix over de Lady Gaga qui parle du r\u00e9cit, mais il serait plus int\u00e9ressant d\u2019assister \u00e0 un changement progressif des nuances de couleurs. Une premi\u00e8re partie aux couleurs plus vives et ensuite, au moment o\u00f9 l\u2019avidit\u00e9 cach\u00e9e de Patrizia \u00e9merge, un glissement vers des couleurs de plus en plus froides en phase avec la spirale qui conduit \u00e0 la mort de Maurizio Gucci.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, <em>House of Gucci<\/em> est un film voulant mettre en sc\u00e8ne un meurtre et ses motivations les plus profondes, mais sans y arriver vraiment. La direction des acteurs, la mani\u00e8re inefficace de se focaliser sur Lady Gaga et apr\u00e8s sur Adam Driver, ne transmet aucune \u00e9motion aux spectateurs qui, une fois sortis de la salle, oublieront bient\u00f4t le film.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jacopo Greppi<\/strong> (25\/11\/2021)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\" \/>\n\n\n\n<p style=\"font-size:15px\"><em><strong>House of Gucci<\/strong><\/em><br>R\u00e9alisateur : Ridley Scott <br>Sc\u00e9nario : Becky Johnston &amp; Roberto Bentivegna, d&rsquo;apr\u00e8s le livre de Sara Gay Forden <br>Interpr\u00e9tation : Lady Gaga, Adam Driver, Jared Leto, Jeremy Irons, Salma Hayek, Al Pacino<br>Musique : Harry Gregson-Williams <br>Direction artistique : Massimo Pauletto &amp; Gianpaolo Rifino <br>D\u00e9cors : Arthur Max <br>Costumes : Stefano De Nardis <br>Photographie : Dariusz Wolski <br>Montage : Claire Simpson<br><em>Sortie le 25 novembre 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><i>L\u2019avidit\u00e9 comme moteur de la destruction d\u2019un noyau familial.<\/i> Critique du nouveau film de Ridley Scott, avec Lady Gaga et Adam Driver, sortie en salle cette semaine.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":886,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16],"tags":[115,117,9,24,33,80,13,112,116,114,113],"class_list":{"0":"post-884","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques","9":"tag-adam-driver","10":"tag-al-pacino","11":"tag-cinema","12":"tag-cinema-2","13":"tag-critique","14":"tag-culture","15":"tag-film","16":"tag-house-of-gucci","17":"tag-jared-leto","18":"tag-lady-gaga","19":"tag-ridley-scott"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/884","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=884"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/884\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/886"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=884"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=884"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=884"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}