{"id":537,"date":"2018-02-22T02:37:00","date_gmt":"2018-02-22T01:37:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=537"},"modified":"2023-03-28T01:27:32","modified_gmt":"2023-03-27T23:27:32","slug":"lady-bird-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2018\/02\/lady-bird-critique\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Lady Bird\u00a0\u00bb &#8211; Critique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Lady-Bird-2017-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-538\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Lady-Bird-2017-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Lady-Bird-2017-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Lady-Bird-2017-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Lady-Bird-2017-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Lady-Bird-2017.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La r\u00e9invention du <em>teenage movie<\/em><\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier long-m\u00e9trage de la r\u00e9alisatrice Greta Gerwig (essentiellement connue pour son r\u00f4le principal dans Frances Ha, 2012) suit la derni\u00e8re ann\u00e9e de lyc\u00e9e de Christine \u201cLady Bird\u201d McPherson (Saoirse Ronan). Impulsive, curieuse et \u00e9gocentrique, Christine veut s\u2019affirmer mais ne sait pas encore qui elle est. \u201cLady Bird\u201d, nom \u201cqu\u2019elle s\u2019est donn\u00e9 \u00e0 elle-m\u00eame, pour elle par elle\u201d, a aussi une relation difficile avec sa m\u00e8re, Marion (Laurie Metcalf) qui aimerait plus de compassion et moins d\u2019ambition de sa part. Ce film, qui aurait tout pour \u00eatre juste un autre teenage movie montrant les gal\u00e8res de l\u2019amour dans adolescence, va beaucoup plus loin. Les musiques ringardes du d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 (le film se passant surtout dans l\u2019ann\u00e9e scolaire 2002\/03), bien que pr\u00e9sentes, n\u2019apparaissent que quand elles sont n\u00e9cessaires \u00e0 la di\u00e9g\u00e8se, laissant la place \u00e0 la d\u00e9licate bande-son compos\u00e9e par Jon Brion (compositeur r\u00e9current pour l\u2019\u00e9curie Apatow et Paul Thomas Anderson).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre de Gerwig se distingue des autres \u00e9galement notamment par la place occup\u00e9e par la ville de Sacramento. Il s\u2019agit en effet d\u2019une esp\u00e8ce de lettre d\u2019amour de la part de la r\u00e9alisatrice \u00e0 sa ville d\u2019origine. Nous voyons le pont travers\u00e9 tous les jours par Marion, le parking o\u00f9 les adolescents se r\u00e9unissent pour faire tout ce qu\u2019ils n\u2019osent pas encore l\u00e9galement et m\u00eame l\u2019\u00e9glise de l\u2019\u00e9cole catholique fr\u00e9quent\u00e9e par \u201cLady Bird\u201d. Tout comme le personnage principal, le spectateur devient attach\u00e9 \u00e0 ce b\u00e2timent, m\u00eame en \u00e9tant insouciant du catholicisme (la preuve est visible surtout dans les derni\u00e8res minutes du film). Cette pr\u00e9sence de la ville est en effet essentielle car l\u2019endroit o\u00f9 nous avons grandi influence toujours nos choix par ses avantages et ses inconv\u00e9nients. Christine veut aller vers la culture, qu\u2019elle imagine trouver sur la c\u00f4te est, et loin de son lyc\u00e9e mais elle s\u2019aper\u00e7oit aussi inconsciemment de la beaut\u00e9 du calme de Sacramento.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement \u00e0 une certaine norme, <em>Lady Bird<\/em> ne met pas non plus les histoires d\u2019amour d\u2019adolescents au centre de la narration sans pour autant les exclure du r\u00e9cit. L\u2019amour entre Christine et sa famille, surtout entre elle et sa m\u00e8re, peut \u00eatre vu comme le th\u00e8me principal du film. Les deux sont constamment en train de se disputer, disent rarement s\u2019aimer, pourtant plusieurs sc\u00e8nes montrent de la tendresse entre la m\u00e8re et la fille, par exemple lorsque \u201cLady Bird\u201d dort, Marion ne peut pas s\u2019emp\u00eacher de l\u2019observer avec affection. Tout le talent de Greta Gerwig est de livrer la preuve la plus marquante de cet amour dans une simple transition : lors d\u2019une r\u00e9union avec l\u2019une des enseignantes de son \u00e9cole, la s\u0153ur Sarah Joan dit \u00e0 Lady Bird que l\u2019attention est \u00e9galement une forme d\u2019amour et la sc\u00e8ne suivante nous montre la m\u00e8re attendant Christine essayant des robes pour son bal de promo.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de quelques changements \u00e9motionnels peut-\u00eatre un peu trop brusques, le film arrive \u00e0 dresser le portrait de certaines difficult\u00e9s travers\u00e9es pendant l\u2019adolescence qui nous avaient l\u2019air d\u2019\u00eatre \u201cla fin du monde\u201d et qui, finalement, nous aident \u00e0 grandir et finissent m\u00eame par devenir des souvenirs dr\u00f4les. Gerwig fait ceci en \u00e9vitant le gros plan sur les larmes des personnages et les violons, \u00e0 la place, nous pouvons prendre l\u2019exemple de sc\u00e8ne dans la voiture o\u00f9 Christine et sa meilleure amie pleurent suite \u00e0 une d\u00e9couverte. Elles apparaissent les deux couch\u00e9es en un plan rapproch\u00e9 \u00e9coutant de la musique triste, qui souligne le caract\u00e8re ridicule de la sc\u00e8ne mais tout en nous faisant penser \u00e9galement \u00e0 des moments que nous avons tous d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cus. Toutefois, le film ne d\u00e9nigre pas l\u2019importance de ce genre de moments de tristesse, quand Kyle ; le copain hipster de Christine essaie de rendre moindre la douleur du personnage principal en lui rappelant la souffrance des victimes de la guerre, cette premi\u00e8re lui dit qu\u2019il n\u2019y a pas que la guerre qui peut \u00eatre triste.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lady Bird<\/em> est donc un <em>coming of age<\/em> charmant n\u2019\u00e9tant pas aussi os\u00e9 que par exemple Boyhood (Linklater, 2014) mais qui am\u00e8ne tout de m\u00eame une nouvelle fa\u00e7on d\u2019aborder le genre, surtout d\u2019un point de vue f\u00e9minin. Cette fois-ci le personnage principal n\u2019est pas une jeune fille timide tomb\u00e9e amoureuse du gar\u00e7on populaire au son des meilleurs hits des ann\u00e9es 2000, mais une adolescente certes inconstante, cependant, captivante par son envie de prendre les choses en main et son \u00e9volution dans tous les aspects.<br>Avec son premier film en tant que r\u00e9alisatrice Greta Gerwig cr\u00e9e un paysage de ce que veut dire \u00eatre une adolescente sur le point de devenir une jeune femme avec des touches d\u2019humour parfois un peu absurdes mais en \u00e9vitant tout de m\u00eame une simplification du personnage principal comme nous avons l\u2019habitude de voir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Salma Romero<\/strong> (22\/02\/2018)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9invention du teenage movie. 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