{"id":507,"date":"2018-11-15T01:59:00","date_gmt":"2018-11-15T00:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=507"},"modified":"2023-03-28T01:24:01","modified_gmt":"2023-03-27T23:24:01","slug":"sale-temps-a-lhotel-el-royale-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2018\/11\/sale-temps-a-lhotel-el-royale-critique\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Sale temps \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel El Royale\u00a0\u00bb &#8211; Critique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Sale-temps-a-lhotel-El-Royale-2018-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-508\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Sale-temps-a-lhotel-El-Royale-2018-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Sale-temps-a-lhotel-El-Royale-2018-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Sale-temps-a-lhotel-El-Royale-2018-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Sale-temps-a-lhotel-El-Royale-2018-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/09\/Sale-temps-a-lhotel-El-Royale-2018.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le film tr\u00e8s original \u00ab&nbsp;La cabane dans les bois&nbsp;\u00bb qui m\u00e9lange humour et satyre du genre horreur \u00e0 travers une moquerie des clich\u00e9s hollywoodiens, Drew Goddard nous propose un genre tr\u00e8s diff\u00e9rent. Il s\u2019agit d\u2019un huis-clos \u00e0 suspense inspir\u00e9 par les \u0153uvres de Quentin Tarantino et en particulier par \u00ab&nbsp;The Hateful Eight&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A la fin des ann\u00e9es 1960, quatre personnes dont un cambrioleur d\u00e9guis\u00e9 en pr\u00eatre \u00e2g\u00e9 souffrant d\u2019un d\u00e9but d\u2019Alzheimer jou\u00e9 par Jeff Bridges, une chanteuse africaine am\u00e9ricaine qui ne trouve pas beaucoup de succ\u00e8s jou\u00e9e par Cynthia Erivo, un agent du FBI dissimul\u00e9 sous un vendeur tr\u00e8s bavard et s\u00fbr de lui jou\u00e9 par Jon Hamm ainsi qu\u2019une jeune femme tr\u00e8s froide avec un fort caract\u00e8re jou\u00e9e par Dakota Johnson se rencontrent par hasard pour passer une nuit dans un h\u00f4tel nomm\u00e9 le \u00ab&nbsp;El Royale&nbsp;\u00bb. Glamour et populaire par le pass\u00e9, celui-ci s\u2019est vite d\u00e9grad\u00e9 pour ne devenir qu\u2019un motel sordide occup\u00e9 seulement par un jeune concierge d\u00e9tenant de tr\u00e8s sombres secrets. Tout commence \u00e0 se g\u00e2ter lorsque ces personnes r\u00e9v\u00e8lent leurs v\u00e9ritables identit\u00e9s et qu\u2019un certain homme jou\u00e9 par Chris Hemsworth est appel\u00e9 pour les emmener en enfer.<\/p>\n\n\n\n<p>Une caract\u00e9ristique de ce film est qu\u2019il est divis\u00e9 en chapitres qui portent chacun le nom d\u2019une chambre d\u2019h\u00f4tel. Cela lui donne un aspect th\u00e9\u00e2tral qui captive le spectateur. Cette id\u00e9e est d\u2019ailleurs inspir\u00e9e par \u00ab&nbsp;Kill Bill&nbsp;\u00bb qui utilise le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9. Ces chapitres nous permettent non seulement de d\u00e9couvrir individuellement les personnages mais \u00e9galement d\u2019avoir leurs points de vue sur les \u00e9v\u00e8nements. Ces multiples trames narratives donnent de la profondeur aux personnages dans lesquels on s\u2019investit, ce qui amplifie le suspense pr\u00e9sent tout au long du film. Il y a une certaine dynamique des plans qu\u2019on ne peut n\u00e9gliger. Il n\u2019y a aucun moment o\u00f9 le film devient inint\u00e9ressant visuellement. On varie constamment entre s\u00e9quences rapides pour les sc\u00e8nes d\u2019action et s\u00e9quences tr\u00e8s lentes pour les sc\u00e8nes sentimentales ou les tr\u00e8s grandes tensions. La mani\u00e8re dont l\u2019h\u00f4tel est film\u00e9 fait ressortir une certaine beaut\u00e9 esth\u00e9tique. Plus le film avance, plus il devient sombre et imposant. Une sym\u00e9trie est quasi omnipr\u00e9sente aussi bien \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, formalis\u00e9e par une ligne rouge s\u00e9parant l\u2019h\u00f4tel entre deux \u00e9tats d\u2019Am\u00e9rique, qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur o\u00f9 les plans fixes font ressortir cet \u00e9quilibre et donnent un air mena\u00e7ant \u00e0 cet immeuble. En g\u00e9n\u00e9ral, le montage et la mise en sc\u00e8ne sont des grands points forts de ce film. Ces proc\u00e9d\u00e9s transmettent une atmosph\u00e8re lugubre, une tension palpable ainsi qu\u2019une beaut\u00e9 esth\u00e9tique s\u2019en d\u00e9gagent.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages ont tous des caract\u00e8res uniques et vari\u00e9s. Lors de la sc\u00e8ne d\u2019exposition, Ils paraissent simples et typiques. Par exemple, le pr\u00eatre est gentil et serviable, le vendeur est bavard et aga\u00e7ant. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 leurs v\u00e9ritables identit\u00e9s se r\u00e9v\u00e8lent que les personnages deviennent int\u00e9ressants et complexes. On arrive \u00e0 voir que le directeur s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la nature humaine de certains. Cela est particuli\u00e8rement visible avec les personnages du pr\u00eatre, Daniel Flynn et du concierge Miles Miller. Tous deux ont commis des actes r\u00e9pr\u00e9hensibles, comme cambrioler une banque ou garder des secrets criminels immoraux mais on arrive progressivement \u00e0 les comprendre et \u00e0 \u00e9prouver de l\u2019empathie pour eux. Tous les personnages ont des bons et mauvais c\u00f4t\u00e9s, ce qui les rend humains. La seule exception est \u00ab&nbsp;Billy Lee&nbsp;\u00bb, principal antagoniste du film. On anticipe sa venue avec des flashbacks dans lesquels on le per\u00e7oit comme un sauveur aidant ceux qui se sont perdus dans la vie. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 partir de son arriv\u00e9e que l\u2019on apprend qu\u2019il est le seul \u00e0 \u00eatre profond\u00e9ment mauvais. C\u2019est un manipulateur utilisant ceux qu\u2019il \u00ab&nbsp;aide&nbsp;\u00bb pour ses propres fins. Ce contraste pr\u00e9sent entre les personnages donne un c\u00f4t\u00e9 humain r\u00e9aliste au film tandis que l\u2019inhumanit\u00e9 que portraie Billy Lee apporte une facette terrifiante qui remet en question les valeurs morales de l\u2019homme. Il y a tout de m\u00eame un personnage avec lequel le directeur a essay\u00e9 de faire passer un message, mais n\u2019a pas vraiment r\u00e9ussi. Il s\u2019agit de la seule femme afro-am\u00e9ricaine, Darlene Sweet, jou\u00e9e par Cynthia Erivo. Le racisme pr\u00e9sent aux Etats-Unis dans les ann\u00e9es 60 veut \u00eatre d\u00e9noncer avec Darlene. Cette probl\u00e9matique n\u2019est par contre visible qu\u2019\u00e0 travers une petite sc\u00e8ne flashback o\u00f9 l\u2019on apprend qu\u2019elle \u00e9tait chanteuse et se faisait harceler par un sup\u00e9rieur blanc parce qu\u2019il n\u2019aimait pas sa voix. A partir de ce moment-l\u00e0, le film veut constamment d\u00e9montrer ses talents de chanteuse afin de contredire la sc\u00e8ne en question. A tel point que l\u2019on pourrait croire que l\u2019actrice elle-m\u00eame est utilis\u00e9e pour ajouter de la musique aux sc\u00e8nes. On aurait aim\u00e9 voir une meilleure exploitation d\u2019un personnage qui pourrait \u00eatre int\u00e9ressant, en particulier parce que Cynthia Erivo a un grand talent d\u2019actrice mais aussi musical.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019ensemble, le film poss\u00e8de un grand quota de divertissement. Gr\u00e2ce \u00e0 son rythme balanc\u00e9 entre sc\u00e8nes d\u2019action et flashbacks, on n\u2019arrive difficilement \u00e0 s\u2019ennuyer. L\u2019esth\u00e9tique qu\u2019il arrive \u00e0 v\u00e9hiculer via les plans de cam\u00e9ra et le d\u00e9cor lugubre de l\u2019h\u00f4tel contribue au suspense omnipr\u00e9sent. Un grand d\u00e9faut du film, malheureusement, est sa structure. Vu qu\u2019un chapitre est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 un personnage, l\u2019intrigue principale a du mal \u00e0 avancer. Celle-ci, \u00e0 cause&nbsp;du manque de temps, para\u00eet b\u00e2cl\u00e9e et insatisfaisante. On anticipe durant toute la dur\u00e9e du long-m\u00e9trage la venue de l\u2019antagoniste principal mais la sc\u00e8ne finale dure peut-\u00eatre 15 minutes pour un film de 2h20, ce qui nous laisse sur notre faim.Tous les acteurs ont \u00e9t\u00e9 convaincants, en particulier le concierge jou\u00e9 par Lewis Pullman. Il interpr\u00e8te parfaitement un jeune homme troubl\u00e9 par son pass\u00e9 qui cherche \u00e0 se faire pardonner. Chris Hemsworth joue bien m\u00eame si on aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le voir un peu plus vu l\u2019importance de son personnage. Les musiques, toutes des ann\u00e9es 60, s\u2019immiscent bien dans les sc\u00e8nes, leurs donnant du caract\u00e8re et du dynamisme. D\u2019autant plus qu\u2019elles sont, pour la plupart, introduites au moyen d\u2019une jukebox et non ajout\u00e9s en post-production&nbsp;: ce qui donne aux musiques une raison d\u2019\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 quelques petits d\u00e9fauts, Drew Goddard rend hommage \u00e0 Tarantino en nous livrant un film rempli de suspense, des personnages bien \u00e9crits, un montage original et un grand divertissement. \u00ab&nbsp;Bad times at the El Royale&nbsp;\u00bb est un film \u00e0 voir pour tous les amateurs de thrillers.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Christian Schodde<\/strong> (15\/11\/2018)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s le film tr\u00e8s original \u00ab&nbsp;La cabane dans les bois&nbsp;\u00bb qui m\u00e9lange humour et satyre du genre horreur \u00e0 travers une moquerie des clich\u00e9s hollywoodiens, Drew Goddard nous propose un genre tr\u00e8s &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":508,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16],"tags":[],"class_list":{"0":"post-507","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=507"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/507\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/508"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}