{"id":3643,"date":"2026-11-04T05:51:00","date_gmt":"2026-11-04T04:51:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=3643"},"modified":"2026-11-04T13:30:24","modified_gmt":"2026-11-04T12:30:24","slug":"sanguine-le-sang-chaud-et-un-recit-tiede-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2026\/11\/sanguine-le-sang-chaud-et-un-recit-tiede-critique\/","title":{"rendered":"Sanguine: le sang chaud et un r\u00e9cit ti\u00e8de (Critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"855\" height=\"481\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/11\/image-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3649\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/11\/image-edited.jpg 855w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/11\/image-edited-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/11\/image-edited-768x432.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 855px) 100vw, 855px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Filmcoopi Z\u00fcrich AG<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Projet\u00e9 aux S\u00e9ances de Minuit du Festival de Cannes, <em>Sanguine<\/em> annonce un beau d\u00e9but pour Marion le Corroller, qui voit son premier long m\u00e9trage propuls\u00e9 sous les feux de la rampe. La sc\u00e8ne d\u2019ouverture du film conquiert imm\u00e9diatement une partie importante du public, celle ayant d\u00e9j\u00e0 travaill\u00e9 plus d\u2019un mois en restauration. On y voit un employ\u00e9 de fast-food sortir de ses gonds et tuer brutalement un client dont la mort n\u2019a rien de d\u00e9plorable, provoquant efficacement un sentiment de jouissance chez toustes les concern\u00e9.es. Un coup de sang d\u00fb au stress qui deviendra le fil rouge du film, ou plut\u00f4t son A5 \u00e9carlate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Margot Loiseau (Mara Taquin), une jeune interne en m\u00e9decine, int\u00e8gre les urgences dans l\u2019\u00e9quipe d\u2019H\u00e9l\u00e8ne (Karin Viard), une m\u00e9decin aussi renomm\u00e9e que d\u00e9sagr\u00e9able (il suffit d\u2019imaginer Dr House avec une longue chevelure blonde). Cette nouvelle arrivante peine \u00e0 soutenir le rythme et la pression affolante de l&rsquo;h\u00f4pital, et d\u00e9couvre &#8211; presque aussi rapidement que lae spectateurice &#8211; une connection entre certains de ses patients: une \u00e9trange pathologie augmentant l\u2019efficacit\u00e9 professionnelle du malade, tout en s\u2019accompagnant de modifications physiques rares. Les cons\u00e9quences physiques et mentales d\u2019un monde du travail trop exigeant, o\u00f9 la comp\u00e9tition r\u00e8gne en ma\u00eetre, sont ainsi probl\u00e9matis\u00e9es sous la forme d\u2019une mutation g\u00e9n\u00e9tique qui donne lieu \u00e0 une nouvelle esp\u00e8ce de surhumains (non humains). Les sons, la rapidit\u00e9 fr\u00e9n\u00e9tique du montage et la stimulation visuelle servent tous ponctuellement \u00e0 renforcer efficacement ce propos.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Seulement voil\u00e0: il devient assez vite \u00e9vident que le film doute de la capacit\u00e9 du public \u00e0 le comprendre. Si le jeu d\u2019acteur est bon, il est parfois affaibli par des dialogues qui soulignent, appuient, et re-soulignent ce que cette dr\u00f4le de maladie pourrait bien vouloir dire, fr\u00f4lant parfois presque le ridicule. C\u2019en est d\u2019autant plus frustrant que le potentiel est l\u00e0, mais surexploit\u00e9 par moments et n\u00e9glig\u00e9 par d\u2019autres. On peut citer par exemple la question du racisme \u00e0 l\u2019embauchement, presque survol\u00e9e lorsque Margot se retrouve face au cas d\u2019un homme noir pr\u00e9sentant des signes de vitiligo apr\u00e8s un refus lors d\u2019un entretien, un aspect des discriminations au travail qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 possible d\u2019approfondir. De plus, la fin pr\u00eate \u00e0 confusion, ti\u00e9dissant le message qu\u2019on vient de passer 1h30 \u00e0 marteler dans vos r\u00e9tines: il ne faudrait quand m\u00eame pas que les jeunes exigent trop de protection au travail, car cela pourrait mettre en danger les retrait\u00e9s (?). Cela dit, le film n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9 d\u2019humour, et je n\u2019\u00e9limine pas la possibilit\u00e9 d\u2019une conclusion \u00e0 but comique plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 prendre au pied de la lettre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">La qualit\u00e9 des effets sp\u00e9ciaux, en particulier des proth\u00e8ses et de la body horror, est ind\u00e9niable. Rappelant tr\u00e8s fortement <em>The Substance,<\/em> le film arrive \u00e0 la fois \u00e0 se montrer cr\u00e9atif dans sa repr\u00e9sentation du gore et \u00e0 \u00e9viter le sadisme qu\u2019il est parfois compliqu\u00e9 de contourner lorsqu\u2019il est question d\u2019horreur et de femmes \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Ainsi, si <em>Sanguine<\/em> souffre de la tendance actuelle \u00e0 prendre lae spectateurice par la main jusqu\u2019\u00e0 la faire saigner, il reste un film d\u2019horreur divertissant, avec des images soign\u00e9es et \u00e9tonnamment abouti pour une premi\u00e8re longue r\u00e9alisation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Valentina Alksnis<\/strong> (04.11.2026)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Sanguine<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>R\u00e9alisation\u00a0: Marion Le Corroller<\/li>\n\n\n\n<li>Pays de production\u00a0: France<\/li>\n\n\n\n<li>Genre\u00a0: Horreur<\/li>\n\n\n\n<li>Acteurices: Mara Taquin, Karin Viard, Kim Higelin<\/li>\n\n\n\n<li>Dur\u00e9e\u00a0: 1h44<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Projet\u00e9 aux S\u00e9ances de Minuit du Festival de Cannes, Sanguine annonce un beau d\u00e9but pour Marion le Corroller, qui voit son premier long m\u00e9trage propuls\u00e9 sous les feux de la rampe.<\/p>\n","protected":false},"author":1001312,"featured_media":3649,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4,127,16,1],"tags":[286,13,93,394,392],"class_list":["post-3643","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-articles","category-au-cinema","category-critiques","category-uncategorized","tag-body-horror","tag-film","tag-france","tag-marion-le-corroller","tag-sanguine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3643","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001312"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3643"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3643\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3660,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3643\/revisions\/3660"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3649"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3643"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3643"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3643"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}