{"id":322,"date":"2018-11-29T19:28:00","date_gmt":"2018-11-29T18:28:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=322"},"modified":"2023-03-28T01:23:32","modified_gmt":"2023-03-27T23:23:32","slug":"the-house-that-jack-built-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2018\/11\/the-house-that-jack-built-critique\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0The House that Jack built\u00a0\u00bb &#8211; Critique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"780\" height=\"519\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/The-House-that-Jack-built-Critique.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-323\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/The-House-that-Jack-built-Critique.jpg 780w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/The-House-that-Jack-built-Critique-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/The-House-that-Jack-built-Critique-768x511.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Matt Dillon dans <em>The House that Jack Built<\/em> (Lars von Trier, 2018).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est sans doute avec un soup\u00e7on d\u2019appr\u00e9hension qu\u2019on se presse cependant \u00e0 la projection de la nouvelle \u0153uvre de Lars Von Trier. Le r\u00e9alisateur danois, cofondateur du mouvement Dogme95 avec Thomas Vintenberg, a pu pr\u00e9sent\u00e9 son nouveau long-m\u00e9trage hors comp\u00e9tition au festival de Cannes, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 banni des r\u00e9jouissances en 2011 en raison de ses opinions peu d\u00e9fendables concernant Hitler. Apr\u00e8s <em>Melancolia<\/em>, <em>Antichrist<\/em>, ou encore <em>Nymphomaniac<\/em>, le r\u00e9alisateur revient avec un thriller fortement controvers\u00e9 qui a fait fuir bon nombre de spectateurs lors du festival. Respectant ainsi n\u00e9anmoins sa devise&nbsp;: \u00ab&nbsp;si on peut le penser, on doit pouvoir le montrer&nbsp;\u00bb\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Son dernier film,&nbsp;<em>The House that Jack built, <\/em>nous am\u00e8ne par un chemin broussailleux d\u00e9nu\u00e9 de sortie de secours, au c\u0153ur de l\u2019enfer. En effet, s\u2019inspirant fortement de la Divine Com\u00e9die de Dante, le protagoniste, un tueur en s\u00e9rie d\u00e9nomm\u00e9 Jack, souffrant de TOC et dont on nous ouvre le cerveau psychotique, se confesse au cours de cette plong\u00e9e abyssale \u00e0 celui qui le guide et tente de le faire se repentir, Verge, baptis\u00e9 de la sorte en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Virgile. Une v\u00e9ritable dialectique s\u2019instaure entre les personnages brillamment incarn\u00e9s par Matt Dillon et Bruno Ganz, qui oppose deux visions contradictoires du monde. Le damn\u00e9 saisi l\u2019occasion pour revenir sur les cinq \u00ab&nbsp;incidents&nbsp;\u00bb qui l\u2019ont men\u00e9 sur ces sillons mentaux et g\u00e9ographique scabreux.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque s\u00e9quence nous pr\u00e9sente donc un des meurtres commis par Jack, qu\u2019il consid\u00e8re avec conviction comme des \u0153uvres \u00e0 travers lesquelles il peut se r\u00e9aliser sur un plan m\u00e9taphysique. S\u2019il semble en effet se surprendre lui-m\u00eame en ex\u00e9cutant son premier meurtre sur une jeune femme en d\u00e9tresse jou\u00e9e par Uma Thurman, cet acte d\u00e9clenche une course assoiff\u00e9e pour assouvir ses pulsions d\u00e9voil\u00e9es. Sa cruaut\u00e9 se d\u00e9cha\u00eenant au file des victimes, Jack applique un soin infini \u00e0 la mise en sc\u00e8ne des crimes qu\u2019il signe fi\u00e8rement avec le pseudo \u00ab&nbsp;<em>Mr. Sophistication&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/em>Persuad\u00e9 d\u2019honorer la Cr\u00e9ation artistique en la d\u00e9bridant de son amenuisement caus\u00e9 par la morale, il voit dans son entreprise une performance symbolique qui lui donne l\u2019\u00e9lan et la protection n\u00e9cessaire \u00e0 son parach\u00e8vement. Position philosophique qui ne manque pas d\u2019ailleurs de rappeler celle du r\u00e9alisateur danois.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Jack fr\u00f4le l\u2019arrestation \u00e0 plusieurs reprises, c\u2019est toujours en s\u2019exhibant au maximum face au risque et en d\u00e9sarmant ses interlocuteurs par un flux de parole incongru que ce g\u00e9nie du baragouinage se sort de situations dont l\u2019issue semblait certaine. Jouant ainsi tout le long avec le concept du contraste, Lars Von Trier d\u00e9montre que la meilleure mani\u00e8re de se dissimuler en soci\u00e9t\u00e9 est justement de s\u2019exposer.<\/p>\n\n\n\n<p>Les interactions \u00e9tant souvent teint\u00e9es d\u2019absurde, on n\u2019ose pas faire entendre son rire grin\u00e7ant tant la jubilation de la souffrance et l\u2019agonie des autres trouve dans ce film un d\u00e9cha\u00eenement parfois insoutenable. C\u2019est pourtant lorsqu\u2019il lib\u00e8re ce sadisme que le serial-killer se sent le plus pr\u00e9sent \u00e0 lui-m\u00eame, d\u00e9veloppant une r\u00e9elle addiction et nous mettant en garde, nous spectateur, contre toute identification. Si bon nombre de sc\u00e8nes de tortures deviennent superflues \u00e0 force de faire d\u00e9faillir notre tol\u00e9rance, notre espoir d\u2019un secours ext\u00e9rieur au duo cruel du bourreau et de la victime grandit sans trouver d\u2019exhaussement. Von Trier en composant son \u0153uvre &nbsp;de plusieurs plan-s\u00e9quences h\u00e9t\u00e9roclites qui illustrent l\u2019enfer ou certains propos du dialogue conducteur, ne limite pas avec cette construction en patchwork au ton \u00e9tonnamment p\u00e9dagogique le pouvoir \u00e9vocateur de ce film qui trouve son souffle par del\u00e0 le bien et le mal.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Romain Borcard<\/strong> (29\/11\/2018)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique du nouveau film de Lars von Trier avec Matt Dillon.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":323,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16],"tags":[56,24,33,13,59,58,60],"class_list":{"0":"post-322","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques","9":"tag-56","10":"tag-cinema-2","11":"tag-critique","12":"tag-film","13":"tag-lars-von-trier","14":"tag-matt-dillon","15":"tag-the-house-that-jack-built"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/322","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=322"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/322\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/323"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=322"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=322"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=322"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}