{"id":3216,"date":"2026-04-08T05:43:00","date_gmt":"2026-04-08T03:43:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=3216"},"modified":"2026-04-08T09:58:09","modified_gmt":"2026-04-08T07:58:09","slug":"romeria-sous-le-soleil-de-gallice","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2026\/04\/romeria-sous-le-soleil-de-gallice\/","title":{"rendered":"ROMERIA\u00a0: SOUS LE SOLEIL DE GALLICE"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"855\" height=\"481\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/04\/romeria-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3218\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/04\/romeria-edited.jpg 855w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/04\/romeria-edited-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/04\/romeria-edited-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 855px) 100vw, 855px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9cineworx gmbh<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir conquis la Berlinale, o\u00f9 elle a obtenu un prix pour chacun de ses deux premiers long-m\u00e9trages, dont le prestigieux <em>Ours d\u2019Or<\/em> pour <em>Alcarr\u00e0s <\/em>(ou <em>Nos soleils<\/em> en fran\u00e7ais), il \u00e9tait temps pour Carla Sim\u00f3n de fouler le tapis rouge cannois. En mai pass\u00e9, elle y a pr\u00e9sent\u00e9 son dernier film, <em>Romer\u00eda<\/em>, s\u00e9lectionn\u00e9 en Comp\u00e9tition. Le film sort enfin en salles le 8 avril, quasiment un an apr\u00e8s sa premi\u00e8re projection sur La Croisette.<\/p>\n\n\n\n<p>Carla Sim\u00f3n infuse ses films de son histoire personnelle, marqu\u00e9e par le d\u00e9c\u00e8s de ses parents, emport\u00e9s par le SIDA lorsqu\u2019elle \u00e9tait jeune enfant. Si <em>Estiu 93 <\/em>\u00e9tait quasiment autobiographique, <em>Alcarr\u00e0s <\/em>se souciait plus de probl\u00e9matiques sociales fortement marqu\u00e9es en Catalogne. Mais au c\u0153ur des deux films se trouvait le m\u00eame liant&nbsp;: la famille. Qu\u2019elle soit verticale, horizontale ou ici transversale, Sim\u00f3n s\u2019efforce de tisser une repr\u00e9sentation concr\u00e8te des liens entre membres d\u2019un groupe partageant le m\u00eame sang, les m\u00eames souvenirs, les m\u00eames racines. Dans <em>Romer\u00eda<\/em>, la question n\u2019est plus de comprendre comment s\u2019organise une famille, mais de saisir ce qui la d\u00e9finit vraiment. Marina, la protagoniste, quitte la Catalogne qui l\u2019a vue grandir, pour rencontrer ses parents les plus proches, vivant en Gallice. En y d\u00e9couvrant ses oncles, ses tantes, ses cousins et ses grands-parents, l\u2019image qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait faite de son p\u00e8re et de sa m\u00e8re va petit \u00e0 petit muter au fil de l\u2019assemblage des r\u00e9cits qu\u2019elle r\u00e9colte.<\/p>\n\n\n\n<p>Si Carla Sim\u00f3n soigne \u00e9norm\u00e9ment son intrigue et ses personnages, ses films ne brillent pas par leur esth\u00e9tique, assez plate et fade, malgr\u00e9 les beaux paysages espagnols et catalans. Le soleil de Gallice ne suffit pas \u00e0 r\u00e9chauffer des plans trop froids. Cependant, la r\u00e9alisatrice de 39 ans prouve qu\u2019elle sait faire de belles images&nbsp;: une s\u00e9quence de r\u00eave d\u2019une quinzaine de minutes, survenant vers la fin du film et servant de lien direct entre Marina et ses parents, appara\u00eet comme un mirage au milieu du d\u00e9sert. Les plans donnent moins une impression de spontan\u00e9it\u00e9, semblant plus r\u00e9fl\u00e9chis, et travaillent une certaine id\u00e9e esth\u00e9tique rafra\u00eechissante, cassant avec une certaine monotonie visuelle. Mais cette s\u00e9quence laisse un go\u00fbt amer. Tout d\u2019abord, on regrette que le reste du film ne soit pas autant travaill\u00e9 dans son esth\u00e9tique. Mais surtout son insertion narrative d\u00e9tone avec ce que Sim\u00f3n avait mis en place, basculant d\u2019une pudeur ma\u00eetris\u00e9e \u00e0 un voyeurisme d\u00e9rangeant, faisant que l\u2019\u00e9quilibre du film s\u2019estompe.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si cette s\u00e9quence \u2013 ayant par ailleurs fait d\u00e9bat \u00e0 Cannes \u2013 peut faire t\u00e2che \u00e0 la sortie de la salle, elle ne doit pas effacer les points forts du film, qui r\u00e9sident s\u00fbrement dans la minutie de la dramaturgie, tant\u00f4t pr\u00e9sente, tant\u00f4t latente. Plus que d\u2019\u00eatre une cin\u00e9aste tr\u00e8s prometteuse, Carla Sim\u00f3n est surtout une artiste dot\u00e9e d\u2019une grande empathie, qualit\u00e9 primordiale pour exercer ce m\u00e9tier. Dans chacun de ses films, elle pose un regard doux et nostalgique sur ses personnages, pris par un destin qu\u2019ils n\u2019ont pas choisi et dont ils essayent tant bien que mal de s\u2019affranchir. Elle dissimule la tristesse de ses r\u00e9cits sous les rayons de soleil, sous les rires de groupe ou sous les soir\u00e9es d\u2019\u00e9t\u00e9 musicales. Bien qu\u2019elle ne soit pas une grande faiseuse d\u2019images, elle incarne pourtant une vertu inextricable du cin\u00e9ma, celle de l\u2019humanit\u00e9, de la vie et de l\u2019espoir, qualit\u00e9s qui pourraient \u00eatre g\u00e9n\u00e9reusement appliqu\u00e9es \u00e0 <em>Romer\u00eda<\/em>, dont les vagues s\u2019\u00e9chouent enfin dans nos salles de cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gil Dalebroux<\/strong>\u00a0(08.04.2026)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><em>Romeria<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>R\u00e9alisation: Carla Sim\u00f3n<\/li>\n\n\n\n<li>Pays de production: Espagne<\/li>\n\n\n\n<li>Genre: Drame<\/li>\n\n\n\n<li>Acteurices: Ll\u00facia Garcia, Mitch, Trist\u00e1n Ulloa<\/li>\n\n\n\n<li>Dur\u00e9e: 1h54<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Afin d\u2019obtenir une bourse universitaire, Marina doit \u00eatre reconnue par ses grands-parents biologiques. En partant \u00e0 leur rencontre, le pass\u00e9 de ses parents va se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 elle. <\/p>\n","protected":false},"author":1001312,"featured_media":3218,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4,127,16,1],"tags":[370,9,294,13,369],"class_list":{"0":"post-3216","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"category-au-cinema","10":"category-critiques","11":"category-uncategorized","12":"tag-carla-simon","13":"tag-cinema","14":"tag-espagne","15":"tag-film","16":"tag-romeria"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3216","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001312"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3216"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3216\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3219,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3216\/revisions\/3219"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3218"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3216"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3216"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3216"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}