{"id":3196,"date":"2026-03-11T04:44:00","date_gmt":"2026-03-11T03:44:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=3196"},"modified":"2026-03-11T09:55:27","modified_gmt":"2026-03-11T08:55:27","slug":"la-maison-des-femmes-les-tabous-du-quotidien-sous-le-feu-des-projecteurs-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2026\/03\/la-maison-des-femmes-les-tabous-du-quotidien-sous-le-feu-des-projecteurs-critique\/","title":{"rendered":"La Maison des Femmes: les tabous du quotidien sous le feu des projecteurs (critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"855\" height=\"481\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/03\/la-maison-des-femmes-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3198\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/03\/la-maison-des-femmes-edited.jpg 855w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/03\/la-maison-des-femmes-edited-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2026\/03\/la-maison-des-femmes-edited-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 855px) 100vw, 855px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Filmcoopi Z\u00fcrich AG<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans son premier long-m\u00e9trage, M\u00e9lisa Godet nous plonge, par le biais d\u2019un film choral, dans le quotidien invisibilis\u00e9 de femmes maltrait\u00e9es et de soignants faisant tout leur possible pour leur venir en aide. Nous suivons la vie professionnelle, relationnelle et priv\u00e9e de l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale d\u2019une institution, principalement compos\u00e9e de Diane, m\u00e9decin-chirurgienne et directrice (<em>Karin<\/em> <em>Viard<\/em>), Manon, une nouvelle maman jonglant entre sa vie de famille et son emploi (<em>Laetitia Dosch<\/em>), Awa, soignante patiente avec un bon r\u00e9pondant (<em>Eye Ha<\/em><em>\u00ef<\/em><em>dara<\/em>) et d\u2019In\u00e8s, jeune docteure qui entreprend un stage avant d\u2019aller travailler en clinique priv\u00e9e (<em>Oulaya Amamra<\/em>), ainsi que leurs coll\u00e8gues psychologues, animateurs ou soignants. Ensemble, ils mettent tout en \u0153uvre pour secourir, soutenir, soigner et permettre \u00e0 ces femmes bris\u00e9es de se reconstruire gr\u00e2ce \u00e0 leur aide, quitte \u00e0 bouleverser leurs propres \u00e9quilibres, projets de carri\u00e8re ou familles. Nous assistons simultan\u00e9ment \u00e0 leur lutte pour maintenir l\u2019institution ouverte, malgr\u00e9 le manque de ressources et de financements, dont l\u2019\u00e9tat et l\u2019avanc\u00e9e sont litt\u00e9ralement visibles au travers d\u2019un parall\u00e9lisme avec une s\u00e9quence de Diane nageant dans une piscine.<\/p>\n\n\n\n<p>Inspir\u00e9 par la Maison des Femmes de St-Denis fond\u00e9e en 2016 par la m\u00e9decin Ghada Hatem-Gantzer, ce film touchant aborde des sujets sensibles tels que les violences physiques ou sexuelles, la mutilation forc\u00e9e (excision), ainsi que l\u2019intimidation et l\u2019oppression dans le cadre familial. Au c\u0153ur de sa probl\u00e9matique nous retrouvons \u00e9galement les sources quotidiennes de stress que peuvent vivre les femmes comme l\u2019hypervigilance dans les lieux publics, la charge mentale ou la difficult\u00e9 \u00e0 trouver un \u00e9quilibre entre travail et r\u00f4le de m\u00e8re et d\u2019\u00e9pouse. Humour, douceur et couleurs viennent contrebalancer le poids et l\u2019horreur de ces th\u00e8mes, sans en amoindrir l\u2019importance et en soulignant m\u00eame l\u2019absurdit\u00e9 de nos syst\u00e8mes. En usant de piques bien pens\u00e9es ou alors de comparaisons \u00e9videntes et parlantes (par exemple avec un homme \u00e9tant pass\u00e9 sous un camion dont on n\u2019attend pas la gu\u00e9rison imm\u00e9diate et que l\u2019on va assister et comprendre, mis en parall\u00e8le avec une victime de viol), cette \u0153uvre met en lumi\u00e8re la gravit\u00e9 des faits et la violence v\u00e9cue par ces femmes de fa\u00e7on r\u00e9aliste mais avec tact et finesse. Par le biais du cin\u00e9ma, la r\u00e9alisatrice offre une nouvelle visibilit\u00e9 \u00e0 toutes les structures et institutions d\u2019aide et de soutien pour les femmes, rappelant \u00e0 quel point elles jouent un r\u00f4le essentiel pour la reconstruction et l\u2019\u00e9volution de ces femmes et qu\u2019il est donc primordial de se battre pour qu\u2019elles puissent continuer d\u2019exister et qu\u2019elles aient les moyens de tourner et de secourir celles qui en ont besoin. De plus, ce long-m\u00e9trage transmet un message positif pour les victimes, leur rem\u00e9morant qu\u2019elles n\u2019ont pas \u00e0 subir, \u00e0 se taire ou \u00e0 \u00eatre seules, qu\u2019elles ont le droit d\u2019\u00eatre aid\u00e9es et \u00e9cout\u00e9es, leur rendant ainsi leur l\u00e9gitimit\u00e9 et leur confiance en elles.<ins><\/ins><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, il d\u00e9nonce ces th\u00e9matiques encore trop tabous par les t\u00e9moignages des patientes dans lesquels la question de la responsabilit\u00e9 et de la honte repose le plus souvent sur les victimes, avec des agresseurs et auteurs de violences qui restent blancs de tout crime ou qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant irr\u00e9prochables par le reste de la soci\u00e9t\u00e9. Ce film illustre donc une facette de nos communaut\u00e9s que ces derni\u00e8res pr\u00e9f\u00e9reraient occulter et pousse le spectateur \u00e0 s\u2019y confronter, en d\u00e9couvrant le parcours traumatique de femmes de tout \u00e2ge et de toute culture, prouvant ainsi qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un probl\u00e8me global et bien pr\u00e9sent qu\u2019il faut prendre en compte, d\u00e9voiler au grand jour et qui m\u00e9rite une r\u00e9elle attention. La s\u00e9quence finale du film vient manifester un besoin de changement et de consid\u00e9ration pour toutes les victimes, pour toutes les femmes, leur donnant ainsi une pulsion de r\u00e9volte, de puissance et d\u2019union, les invitant \u00e0 l\u2019action afin de lutter contre le patriarcat et les in\u00e9galit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai personnellement \u00e9norm\u00e9ment appr\u00e9ci\u00e9 ce film, dont je n\u2019ai pas vu passer les 110 minutes ! Bien que les th\u00e9matiques abord\u00e9es soient dures, je trouve important qu\u2019elles soient mises en avant et M\u00e9lisa Godet le fait ici avec brio ! De plus, le jeu d\u2019acteur est tr\u00e8s bon, touchant, r\u00e9aliste et surtout communicatif; en tant que spectateurs, et encore plus en tant que femmes, nous ressentons toute cette indignation face \u00e0 ces situations injustes, horribles et anormales qui sont banalis\u00e9es ou pass\u00e9es sous silence, et avons m\u00eame l\u2019envie d\u2019aider les personnages dans leurs actions. Le fait que nous ayons \u00e9galement plusieurs points de vue et non une seule focalisation ou point d\u2019attache est bien plus prenant pour ce genre de contenu et constitue une excellente approche selon moi. En effet, cela permet de toucher \u00e0 plus de sujets et de r\u00e9v\u00e9ler plus de faits, malheureusement r\u00e9els, par l\u2019interm\u00e9diaire de diff\u00e9rents personnages, mais aussi d\u2019acc\u00e9der au secteur des victimes ainsi qu\u2019\u00e0 celui des soignants de fa\u00e7on distincte. Ce m\u00e9lange de visions, de voix et de v\u00e9cus vient former un grand tout dans lequel chacun a son r\u00f4le, amenant plus de r\u00e9alisme au film et le rendant bien plus complet et int\u00e9ressant qu\u2019un film \u00e0 voix unique. Je ne connaissais pas du tout l\u2019institution de la Maison des Femmes avant la s\u00e9ance et je trouve ce genre d\u2019association tr\u00e8s noble et importante, bien que le monde (et surtout les femmes!) se porterait mieux si l\u2019on n\u2019en avait pas besoin et je suis donc tr\u00e8s reconnaissante que le cin\u00e9ma se soit pench\u00e9 sur ce sujet pour lui donner corps et lui rendre justice ! Cependant, j\u2019esp\u00e8re vraiment que ce type de production, rendant visible au grand public les actions de ces structures et surtout mettant en avant la d\u00e9tresse des victimes de violences permettra de mettre ce probl\u00e8me sur le devant de la sc\u00e8ne, provoquant une prise de conscience g\u00e9n\u00e9rale et faisant ainsi de la maltraitance une priorit\u00e9 pour notre soci\u00e9t\u00e9 afin de trouver un moyen d\u2019y rem\u00e9dier de fa\u00e7on concr\u00e8te et durable. Dans tous les cas, <em>La Maison des Femmes<\/em> est un excellent film que je recommande vivement !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Callyanne Vessaz<\/strong> (11.03.2026)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><em>La maison des femmes<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>R\u00e9alisation\u00a0: Melisa Godet <\/li>\n\n\n\n<li>Pays de production\u00a0: France<\/li>\n\n\n\n<li>Genre\u00a0: Drame<\/li>\n\n\n\n<li>Acteurices: Juliette Armanet, Aure Atika, Karin Viard<\/li>\n\n\n\n<li>Dur\u00e9e\u00a0: 1h50<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tact, humour et finesse viennent se m\u00e9langer dans ce long-m\u00e9trage de M\u00e9lisa Godet pour nous permettre de naviguer dans l\u2019oc\u00e9an des traumatismes de femmes violent\u00e9es, mettant ainsi en lumi\u00e8re les probl\u00e8mes sociaux invisibilis\u00e9s, dans un \u00e9lan de l\u00e9gitimation et d\u2019invitation \u00e0 la r\u00e9volte et au changement. \u00c0 d\u00e9couvrir au plus vite dans vos salles de cin\u00e9ma d\u00e8s le 11 mars !<\/p>\n","protected":false},"author":1001312,"featured_media":3198,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,127,16,1],"tags":[365,9,13,93,362,363,364,359,360,361],"class_list":{"0":"post-3196","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-au-cinema","9":"category-critiques","10":"category-uncategorized","11":"tag-aure-atika","12":"tag-cinema","13":"tag-film","14":"tag-france","15":"tag-juliette-armanet","16":"tag-karin","17":"tag-karin-viard","18":"tag-maison-des-femmes","19":"tag-melisa-godet","20":"tag-nouveau"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3196","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001312"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3196"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3196\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3199,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3196\/revisions\/3199"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3198"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3196"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3196"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3196"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}