{"id":307,"date":"2019-10-14T18:56:00","date_gmt":"2019-10-14T16:56:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=307"},"modified":"2023-03-28T01:20:46","modified_gmt":"2023-03-27T23:20:46","slug":"joker-dichotomie-dun-costume","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2019\/10\/joker-dichotomie-dun-costume\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Joker\u00a0\u00bb\u2009: dichotomie d\u2019un costume"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"512\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/Joker\u2009dichotomie-dun-costume-1024x512.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-308\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/Joker\u2009dichotomie-dun-costume-1024x512.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/Joker\u2009dichotomie-dun-costume-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/Joker\u2009dichotomie-dun-costume-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/08\/Joker\u2009dichotomie-dun-costume.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Joaquin Phoenix dans <em>Joker<\/em> (Todd Phillips, 2019).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est probablement l\u2019un des films les plus attendus de l\u2019ann\u00e9e qui est en enfin en salle. Une semaine apr\u00e8s la sortie de <em>Joker <\/em>r\u00e9alis\u00e9 par Todd Philipps (<em>Very Bad Trip<\/em>) et une r\u00e9ception qui suscite la controverse, il est temps de revenir sur le dernier n\u00e9 de DC\/Warner. Toutefois, cet article n\u2019est pas une critique ou une analyse de sa r\u00e9ception. Nous allons ici nous int\u00e9resser \u00e0 la figure du Joker \u00e0 travers les costumes et maquillages de ses multiples incarnations \u00e0 l\u2019\u00e9cran.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but, plus ternes ou plus p\u00e2les, les couleurs de ce nouveau Joker s\u2019annoncent. Chaque sc\u00e8ne donne le ton\u2009: l\u2019\u00e9clairage et les accessoires sont constamment dans le bleu, rouge, jaune et vert. Arthur Fleck \u2014 l\u2019homme qui deviendra le Joker incarn\u00e9 ici par Joaquin Phoenix \u2014 est pr\u00e9sent\u00e9 comme un fils \u00e0 maman, enfant-ado dans le corps d\u2019un adulte, instable, manquant de confiance en soi, psychopathe. Tout est bon pour cr\u00e9er le trouble autour de ce protagoniste. Pour que ces diff\u00e9rents aspects soient renforc\u00e9s, Mark Bridges, costumier oscaris\u00e9 \u00e0 deux reprises pour <em>The Artist <\/em>(Michel Hazanavicius, 2011) et <em>Phantom Thread <\/em>(Paul Thomas Anderson, 2017), joue avec les tenues d\u2019Arthur. Bridges souhaite faire \u00e9voluer progressivement Arthur Fleck avant d\u2019atteindre l\u2019esth\u00e9tique finale du Joker. Les changements de sa personnalit\u00e9 au cours du r\u00e9cit co\u00efncident alors avec ses tenues.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la premi\u00e8re partie du film, Arthur est habill\u00e9 comme un ado, fils \u00e0 maman avec son pull\/gilet en laine (rouge terne ou gris) par-dessus sa chemise (blanche). \u00c0 certains moments, il porte une jaquette \u00e0 capuche (moutarde) qui accentue son aspect enfantin, mais inqui\u00e9tant avec son instabilit\u00e9 psychologique. Ses cheveux sont longs\u2009; ses dents, pas droites, sont jaun\u00e2tres, ab\u00eem\u00e9es, cari\u00e9es. Tout est bon pour renforcer son appartenance \u00e0 une classe sociale inf\u00e9rieure. Par son apparence, il \u00e9veille autant la piti\u00e9 que le d\u00e9go\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais venons-en \u00e0 ce que chaque spectateur\u00b7rice attend impatiemment\u2009: le Joker dans toute sa splendeur. Pas facile, voire impossible, de partir de z\u00e9ro avec une ic\u00f4ne qui nous a marqu\u00e9s depuis des d\u00e9cennies. Que l\u2019on parle du Joker des films et s\u00e9ries d\u2019animations, de Jack Nicholson ou de Heath Ledger, il y a, \u00e0 l\u2019origine, le <em>comics<\/em> de 1940. Le Joker y est habituellement v\u00eatu d\u2019un costume trois-pi\u00e8ces violet et jaune. Mark Bridges prend ici le parti de s\u2019en d\u00e9faire. L\u2019origine de la folie du Joker n\u2019est pas, comme dans une des variantes les plus populaires, le r\u00e9sultat d\u2019une d\u00e9figuration d\u00fb \u00e0 une chute dans un bassin d\u2019acide qui lui a blanchi la peau, color\u00e9 les cheveux en vert et les l\u00e8vres en rouge-sang. Les causes sont moins fantaisistes, mais uniquement dues \u00e0 des s\u00e9quelles physiques et psychologiques. En revanche, il s\u2019agit \u00e0 nouveau d\u2019un comique rat\u00e9. Arthur Fleck, clown de profession, se r\u00eave star de <em>stand up<\/em>. La figure du clown a-t-elle aussi \u00e0 double effet\u2009: dr\u00f4le et effrayante, devenue symbole de terreur apr\u00e8s diff\u00e9rents faits divers tels que l\u2019histoire de John Wayne Gacy, surnomm\u00e9 le \u00ab\u2009clown tueur\u2009\u00bb, qui a entre autres inspir\u00e9 Pennywise \u2013 le <em>It<\/em> de Stephen King.<\/p>\n\n\n\n<p>La tenue finale du Joker se r\u00e9v\u00e8le lors d\u2019une descente d\u2019escaliers, synonyme de sa propre descente aux enfers. La construction du personnage est sur le point d\u2019\u00eatre achev\u00e9e\u2009: pass\u00e9 par diff\u00e9rents stades vestimentaires, il finit par adopter LE costume du Joker<em>.<\/em> Celui-ci se compose de diff\u00e9rentes pi\u00e8ces de la garde de robe d\u2019Arthur\u2009: on y retrouve le gilet jaune de son uniforme de clown\/travail, un costume deux pi\u00e8ces en polyester d\u2019un rouge criard, qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 endoss\u00e9 lors de son passage sur sc\u00e8ne au Pogo. Tout droit sorti d\u2019un dressing des ann\u00e9es&nbsp;1970, ce costard se compl\u00e8te d\u2019une chemise vert \u00e9meraude et du maquillage de clown, la touche finale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce maquillage tel un masque qu\u2019il porte au quotidien, au sens propre comme au figur\u00e9, dans une soci\u00e9t\u00e9 intol\u00e9rante dans laquelle Arthur embrassera celui de la folie. Ce maquillage clownesque ne para\u00eet pas tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui de la premi\u00e8re s\u00e9quence du film. \u00c0 quelques d\u00e9tails pr\u00e8s. Le sourcil droit est dessin\u00e9 plus haut et les triangles bordant son \u0153il droit sont plus allong\u00e9s. Ces diff\u00e9rences peu visibles peuvent para\u00eetre anodines, sans pour autant l\u2019\u00eatre\u2009: elles donnent un visage plus inqui\u00e9tant, sournois et malsain. Fleck s\u2019est d\u00e9finitivement abandonn\u00e9 \u00e0 sa folie.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour incarner cette \u00ab\u2009nouvelle\u2009\u00bb identit\u00e9, il mixe sa tenue de travail, sa costume de <em>stand up<\/em> et ses habits du quotidien, dont les couleurs sont accentu\u00e9es par l\u2019\u00e9clairage. Il ne fait d\u00e9sormais plus qu\u2019un avec les diff\u00e9rents aspects de sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce r\u00e9sultat, il est difficile de ne pas faire un rapprochement avec les versions ant\u00e9rieures du Joker. Si dans l\u2019interview livr\u00e9 \u00e0 IndieWire, Mark Bridges ne nie pas s\u2019\u00eatre inspir\u00e9 du Joker incarn\u00e9 par Cesar Romero dans les ann\u00e9es&nbsp;1960, il est ind\u00e9niable que certains traits sont tir\u00e9s du Joker version Heath Ledger. Certes, le costume se compose gr\u00e2ce \u00e0 la garde de robe de Arthur, mais aussi du Joker de Ledger et ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Le gilet jaune se retrouve dans <em>Batman\u2009: The Animated Series <\/em>(Bruce Timm et Paul Dini, 1992-1995) et de <em>Batman\u2009: The Killing Joke<\/em> (Sam Liu, 2016). La chemise \u00e9meraude, elle, est reprise de la couleur de celle de Cesar Romero. Quant aux motifs de la chemise, ils sont semblables \u00e0 ceux de la chemise violette port\u00e9e par Ledger dans <em>The<\/em> <em>Dark Knight <\/em>(Christopher Nolan, 2008). Les cheveux sont certainement le trait qui rapproche le plus le Joker de Phoenix \u00e0 celui de Ledger.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas un hasard si les traits sont semblables \u00e0 ceux du Joker de Ledger. Cette ressemblance physique trouble les spectateur\u00b7rice\u00b7s qui n\u2019ont pas pu oublier la pr\u00e9c\u00e9dente interpr\u00e9tation cin\u00e9matographique. Il est cependant important de noter une diff\u00e9rence majeure\u2009: le Joker, alias Arthur Fleck n\u2019est pas conscient des cons\u00e9quences de ses actes, alors que le Joker de 2008, lui, l\u2019\u00e9tait. Il avait un contr\u00f4le total de ses actions. Par cette similarit\u00e9 de l\u2019esth\u00e9tique des costumes, les spectateur\u00b7rice\u00b7s sont enclins \u00e0 aussi assimiler leur comportement, puisque dans sa tenue, le Joker de Phoenix para\u00eet lui aussi d\u00e9bordant d\u2019assurance. Toutefois, la similarit\u00e9 vestimentaire n\u2019est pas synonyme de similarit\u00e9 comportementale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, conscient de l\u2019impact des diverses versions du Joker et de leurs costumes, Mark Bridges ne pr\u00e9tend pas les effacer. Il compile des d\u00e9tails vestimentaires des diff\u00e9rentes versions, en les m\u00e9langeant \u00e0 la personnalit\u00e9 et au v\u00e9cu d\u2019Arthur Fleck tout en changeant les couleurs. Il s\u2019agit d\u2019un v\u00e9ritable tour de force.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alana Guarino Giner<\/strong> (04\/10\/2019)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><strong>Joker<\/strong><br>R\u00e9alisation&nbsp;<strong>Todd Philips<\/strong><br>Sc\u00e9nario <strong>Todd Philips &amp; Scott Sliver<\/strong><br>Musique <strong>Hildur Gu\u00f0nad\u00f3ttir<\/strong><br>Image <strong>Lawrence Sher<\/strong><br>Montage <strong>Jeff Goth<\/strong><br>Costume <strong>Mark Bridges<\/strong><br>Maquillage <strong>Nicki Lenderman<\/strong><br>Avec <strong>Joaquin Phoenix<\/strong>, <strong>Zazie Beetz<\/strong>,<strong>Robert De Niro<\/strong><br>\u00c9tats-Unis, Canada, 2019, 122 min.<br><em>Sortie le 9 octobre<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une semaine apr\u00e8s la sortie du tr\u00e8s attendu \u201cJoker\u201d, nous nous int\u00e9ressons aux costumes et maquillages de ses multiples incarnations \u00e0 l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n","protected":false},"author":1001231,"featured_media":308,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4],"tags":[42,18,9,27,13,40,39,41],"class_list":{"0":"post-307","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"tag-42","10":"tag-analyse","11":"tag-cinema","12":"tag-costumes","13":"tag-film","14":"tag-joaquin-phoenix","15":"tag-joker","16":"tag-todd-phillips"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/307","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001231"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=307"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/307\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/308"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=307"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=307"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}