{"id":2504,"date":"2024-11-27T04:48:00","date_gmt":"2024-11-27T03:48:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=2504"},"modified":"2024-12-10T16:07:15","modified_gmt":"2024-12-10T15:07:15","slug":"cerrar-los-ojos-entre-errance-enquete-et-cinema-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2024\/11\/cerrar-los-ojos-entre-errance-enquete-et-cinema-critique\/","title":{"rendered":"Cerrar los Ojos\u00a0: entre errance, enqu\u00eate et cin\u00e9ma (Critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1435\" height=\"807\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/Cerra-los-ojos-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2506\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Cin\u00e9math\u00e8que Suisse<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Miguel Garay, r\u00e9alisateur d\u00e9chu, menant une vie paisible au bord de la mer, voit sa vie basculer lorsqu\u2019une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e d\u2019enqu\u00eate l\u2019appelle pour t\u00e9moigner. Il y a 30 ans, Julio Arenas, son ami, mais \u00e9galement acteur, avait myst\u00e9rieusement disparu lors du tournage du deuxi\u00e8me et dernier film de Miguel, qui restera inachev\u00e9. Une qu\u00eate d\u00e9bute pour retrouver Julio, m\u00ealant m\u00e9moires, souvenirs et myst\u00e8re.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Victor Erice, grand ma\u00eetre espagnol du cin\u00e9ma, n\u2019avait pas r\u00e9alis\u00e9 de long-m\u00e9trage depuis 1992, et revient apr\u00e8s plus de 30 ans avec <em>Cerrar los Ojos<\/em>, film durant presque trois heures, qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 en premi\u00e8re mondiale l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e \u00e0 Cannes.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Cerra los Ojos<\/em> est une longue errance immuable et universelle. Elle s\u2019applique tant aux spectateurices, cherchant la moindre faille temporelle, un quelconque geste qui permettrait de s\u2019\u00e9vader du film, qu\u2019aux personnages, en qu\u00eate de vie, ainsi qu\u2019\u00e0 Erice, qui retrace en quelque sorte son long cheminement cin\u00e9matographique en 3 heures. Le film n\u2019est pas \u00e0 aborder sous un prisme narratif ou visuel. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est lui-m\u00eame qui invite, d\u00e8s les premiers instants, les spectateurices \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans sa demeure, leur confiant une mission&nbsp;: y trouver une exp\u00e9rience de cin\u00e9ma. <em>Cerrar Los Ojos <\/em>est un doux et m\u00e9lancolique regard pos\u00e9 sur le cin\u00e9ma, qu\u2019Erice aura travers\u00e9 sur plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Mais il n\u2019est pas facile de se soumettre sans pr\u00e9avis aux impositions du film, qui n\u2019est ni l\u2019\u0153uvre la plus divertissante ni la plus plaisante \u00e0 regarder. D\u2019abord, le sc\u00e9nario est assez monotone&nbsp;: il faut attendre la troisi\u00e8me heure pour qu\u2019un r\u00e9cit attractif se dessine et que les \u00e9motions sortent de la grotte dans laquelle elles s\u2019\u00e9taient perdues. En plus de cela, la r\u00e9alisation peine \u00e0 se d\u00e9marquer. La sc\u00e8ne o\u00f9 les enjeux sont pos\u00e9s, prenant place lors d\u2019une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision, est banale, voire inexpressive, manquant de dynamisme et de tension, \u00e0 cause de cette fixit\u00e9 sur le visage de Miguel sur un fond uni.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le plus gros d\u00e9faut de <em>Cerrar los Ojos<\/em> est donc ce creux \u00e9motionnel dont il n\u2019arrive pas \u00e0 se sortir, peut-\u00eatre caus\u00e9 par un trop grand \u00e9cart g\u00e9n\u00e9rationnel entre le film d\u2019Erice et moi-m\u00eame. Il aborde la vieillesse et la m\u00e9moire sous diff\u00e9rents spectres, comme par exemple les liens qu\u2019entretiennent inconsciemment notre cerveau avec des \u00e9v\u00e8nements pass\u00e9s ou fictifs, mais en gardant une perspective qui est celle d\u2019une personne de plus de 80 ans. Le regard qu\u2019il pose sur son th\u00e8me principal est difficile \u00e0 percevoir, ou du moins \u00e0 appr\u00e9hender, d\u2019un point de vue plus jeune.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le film est un voyage dans le temps, pas au sens de <em>Retour Vers le Futur<\/em>, mais une sorte de portail spatio-temporel, plongeant le temps de trois petites heures dans un \u00e9tat m\u00e9taphysique de demi-conscience. On peut tout autant y trouver un grand ennui, comme y \u00eatre m\u00e9tamorphos\u00e9, transcend\u00e9, ce que l\u2019on pourrait g\u00e9n\u00e9ralement appliquer au cin\u00e9ma. <em>Cerrar los Ojos<\/em> arrive subtilement \u00e0 faire son effet au fil des jours dans son incarnation d\u2019un m\u00e9dium que tout le monde conna\u00eet, et m\u00eame s\u2019il ne s\u00e9duit pas syst\u00e9matiquement, Erice laisse une trace dans l\u2019esprit de chaque spectateurices.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le film sera exclusivement diffus\u00e9 \u00e0 la Cin\u00e9matique du 26 novembre au 31 d\u00e9cembre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gil Dalebroux<\/strong>\u00a0(27.11.2024)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p style=\"font-size:15px\"><em>Cerrar los Ojos<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li style=\"font-size:15px\">R\u00e9alisation: Victor Erice<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Pays de production: Espagne<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Genre: Drama<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Acteurices: Manolo Solo, Jos\u00e9 Coronado, Ana Torrent<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Dur\u00e9e: 2h49 <\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un des \u00e9v\u00e8nements de cette fin d\u2019ann\u00e9e est certainement le retour de Victor Erice au long-m\u00e9trage. Apr\u00e8s 30 ans d\u2019absence, le r\u00e9alisateur espagnol revient avec un film qui ne plaira pas \u00e0 tout le monde, mais qui vaut la peine d\u2019\u00eatre v\u00e9cu en salles.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2506,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4,16],"tags":[295,294,282,293],"class_list":{"0":"post-2504","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"category-critiques","10":"tag-cinematheque","11":"tag-espagne","12":"tag-independant","13":"tag-victor-erice"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2504","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2504"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2504\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2530,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2504\/revisions\/2530"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2506"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2504"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2504"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2504"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}