{"id":2474,"date":"2024-11-06T03:46:00","date_gmt":"2024-11-06T02:46:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=2474"},"modified":"2024-12-10T16:09:00","modified_gmt":"2024-12-10T15:09:00","slug":"troies-amies-encore-des-histoires-damour-heterosexuelles-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2024\/11\/troies-amies-encore-des-histoires-damour-heterosexuelles-critique\/","title":{"rendered":"Trois Amies: encore des histoires d&rsquo;amour h\u00e9t\u00e9rosexuelles (Critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"855\" height=\"481\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/3-Amies-2-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2483\" style=\"width:735px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/3-Amies-2-edited.jpg 855w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/3-Amies-2-edited-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/3-Amies-2-edited-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 855px) 100vw, 855px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9DCM Film Distribution<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le prolifique r\u00e9alisateur Emmanuel Mouret nous livre avec <em>Trois amies<\/em> son douzi\u00e8me long m\u00e9trage en 24 ans. Sans jamais \u00eatre au premier plan de la sc\u00e8ne cin\u00e9matographique fran\u00e7aise, le cin\u00e9aste tourne r\u00e9guli\u00e8rement avec des acteurs ayant la cote, souvent venant du monde du th\u00e9\u00e2tre. On peut notamment souligner ici la deuxi\u00e8me participation cons\u00e9cutive de Vincent Macaigne. Le public cible d\u2019Emmanuel Mouret est assez clair\u00a0: ses films s\u2019adressent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 des quarantenaires et cinquantenaires des classes moyennes et bourgeoises, souvent en questionnement sur leur vie de couple, professionnelle, ou les deux. Inutile de pr\u00e9ciser que je ne suis pas le public cible mais son style tr\u00e8s verbeux et litt\u00e9raire me touche parfois et mon affection pour le th\u00e9\u00e2tre me donne un certain plaisir \u00e0 voir, sur grand \u00e9cran, des acteur\u00b7ice\u00b7s gal\u00e9rer \u00e0 parler sans \u00e9lisions.\u00a0 Apr\u00e8s <em>Les choses qu\u2019on dit, les choses qu\u2019on fait<\/em> en 2020 et <em>Chronique d\u2019une liaison passag\u00e8re<\/em> en 2022, j\u2019\u00e9tais curieuse de d\u00e9couvrir ce nouveau film, racontant visiblement l\u2019histoire de trois femmes.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Pour r\u00e9sumer l\u2019histoire&nbsp;: Joan (India Hair) est enseignante dans un coll\u00e8ge, tout comme son amie Alice (Camille Cottin). Joan n\u2019est plus amoureuse de son mari, Victor (Vincent Macaigne) et ne veut pas faire semblant. De son c\u00f4t\u00e9, Alice vit avec Eric (Gr\u00e9goire Ludig) une relation sans passion, mais calme et reposante selon elle. Leur amie Rebecca (Sara Forestier) vit elle le grand amour avec son amant\u2026 Eric, le copain de Alice. La vie de ces trois couples \u2013 car oui le film fait davantage le r\u00e9cit d\u2019histoires de couple que celui de trois amies \u2013 semble calme et tranquille jusqu\u2019\u00e0 ce que Joan tente de quitter Victor, qui meurt dans un accident apr\u00e8s avoir bu pour oublier.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Oui, c\u2019est un \u00e9ni\u00e8me film sur les relations h\u00e9t\u00e9rosexuelles de quarantenaires blancs. Mais je m\u2019attendais \u00e0 \u00e7a et si vous voulez aller le voir, n\u2019attendez rien d\u2019autre que \u00e7a. Ma d\u00e9ception, comme amorc\u00e9e dans le r\u00e9sum\u00e9, est que selon moi, le film \u00e9choue \u00e0 placer les femmes au c\u0153ur de son r\u00e9cit, malgr\u00e9 ses efforts et des dynamiques relationnelles qui ne sont pas (toutes) dans la continuit\u00e9 de ce qu\u2019on peut attendre de cette classe et de cette g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Commen\u00e7ons par le d\u00e9but, le film s\u2019ouvre sur la voix de Vincent Macaigne qui nous pr\u00e9sente les diff\u00e9rents lieux o\u00f9 se d\u00e9roule le film, id\u00e9e sympathique en soi, puis les personnages, \u00e0 commencer par Thomas, un personnage qui n\u2019intervient qu\u2019apr\u00e8s une heure de film, puis Joan. Joan est explicitement d\u00e9sign\u00e9e comme personnage principal du film, alors pourquoi la voix-over est-elle celle de son mari&nbsp;? Pourquoi le premier personnage pr\u00e9sent\u00e9 est un homme secondaire qui n\u2019arrive r\u00e9ellement qu\u2019\u00e0 la moiti\u00e9 du film&nbsp;? Cette logique de placer, au niveau du sc\u00e9nario, la femme au premier plan mais de faire tout le contraire dans la forme intervient tout au long du film. Autant j\u2019appr\u00e9cie de venir confronter le r\u00e9cit et l\u2019histoire, autant je n\u2019appr\u00e9cie pas du tout que \u00e7a se fasse au d\u00e9triment des repr\u00e9sentations f\u00e9minines. Faire l\u2019inverse, \u00e0 savoir raconter l\u2019histoire d\u2019un homme mais de placer toujours les femmes au centre de la forme et laisser une voix de femme raconter l\u2019histoire aurait \u00e9t\u00e9, je crois, plus disruptif.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Comme je le disais, cette logique est structurante au film. Par exemple, les plans fixes sont omnipr\u00e9sents, la r\u00e9alisation d\u2019Emmanuel Mouret est toujours assez discr\u00e8te, peu de mouvements, peu de gros plans et toujours relativement longs. Pourtant, \u00e0 de nombreux moments, ces plans sont centr\u00e9s sur le personnage masculin, tandis que le personnage f\u00e9minin navigue entre le champ et l\u2019hors-champ. Le film se veut centr\u00e9 sur les envies, les besoins des personnages f\u00e9minins ; pourtant les hommes imposent toujours leurs envies et leurs besoins et c\u2019est cela qui fait r\u00e9cit. Le moment le plus int\u00e9ressant et touchant du film est peut-\u00eatre celui qui suit la mort de Victor. On r\u00e9alise que Joan est une bonne m\u00e8re c\u00e9libataire, que sa relation avec sa fille est renforc\u00e9e et il est int\u00e9ressant de voir que ce sont ses amies qui semblent troubl\u00e9es. Encore une fois, c\u2019est la voix-over de Victor qui nous narre \u00e7a, dommage, mais au moins c\u2019est une s\u00e9quence o\u00f9 l\u2019on est centr\u00e9 sur les trois amies. Dans ce sens, une r\u00e9plique du fant\u00f4me de Victor (Vincent Macaigne) m\u2019a sembl\u00e9e r\u00e9v\u00e9latrice \u00e0 propos de sa mort&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce qui est arriv\u00e9 avec mon accident, c\u2019est bien. C&rsquo;est un peu comme si j&rsquo;avais fait une psychanalyse en un temps record.&nbsp;\u00bb Ziak a dit&nbsp;\u00ab&nbsp;un bon ennemi c\u2019est un ennemi dead&nbsp;\u00bb, ici on dit \u00ab&nbsp;un bon mari c\u2019est un mari dead&nbsp;\u00bb. \u00c0 un moment du film, j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que tous les maris meurent pour qu\u2019on se concentre enfin sur les trois amies qui n\u2019ont finalement que peu de sc\u00e8ne en trio.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Un autre reproche que l\u2019on peut faire au film est celui d\u2019\u00eatre trop verbeux. \u00c7a ne fait que parler, tout le temps. En sortant de la projection presse un homme a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Eh bah dis donc, \u00e7a parle&nbsp;!&nbsp;\u00bb Tout est explicit\u00e9 constamment. On sait que Emmanuel Mouret aime \u00e9crire le r\u00e9el, proposer des dialogues qui sonnent vrais et \u00e9crits \u00e0 la fois, mais l\u00e0 c\u2019est trop. Dans la premi\u00e8re sc\u00e8ne dialogu\u00e9e, Joan fond en larme devant son amie Alice qui cherche \u00e0 la consoler et pour montrer cela, on ne voit le visage d\u2019aucune des actrices. Joan cache son visage dans ses mains et Alice est de dos, aucun contre-champ donc pas d\u2019acc\u00e8s \u00e0 son visage. On ne peut qu\u2019\u00e9couter ses belles paroles. J\u2019aurais aim\u00e9 avoir plus de place pour l\u2019\u00e9motion de Joan, pour l\u2019inqui\u00e9tude de son amie. Au moment de la mort de Victor aussi, plein de choses d\u00e9j\u00e0 bien comprises par les spectateur\u00b7ice\u00b7s sont expliqu\u00e9e par la voix-over, l\u00e0 o\u00f9 on aurait potentiellement bien aim\u00e9 se contenter de voir les choses.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Cela \u00e9tant dit, je dois avouer que les personnages sont tous tr\u00e8s sympathiques et j\u2019\u00e9tais content\u00b7e de les voir \u00e9voluer dans ce monde. \u00c7a m\u2019a fait du bien tout de m\u00eame de voir un film sur des relations h\u00e9t\u00e9ro o\u00f9 le sexe n\u2019est pas omnipr\u00e9sent, voire (presque) absent. C\u2019\u00e9tait agr\u00e9able de voir \u2013 surtout d\u2019entendre \u2013 diff\u00e9rents points de vue sur ce qu\u2019est l\u2019affection, l\u2019amour, vivre avec quelqu\u2019un. Chaque vision est respect\u00e9e, entendue sans jugement, et semble possible. Certes, l\u2019accomplissement de l\u2019individu semble ne pouvoir se faire que par le couple dans ce film, mais pass\u00e9 \u00e7a c\u2019est assez chouette de voir des quarantenaires se comporter comme des ados d\u00e9couvrant l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">C\u2019est ce qui m\u2019am\u00e8ne \u00e0 conclure en disant que ce film n\u2019est pas mauvais. Il est fait de plein de belles et bonnes intentions, il est inoffensif, un peu maladroit, mais reste touchant par moment et peut tout \u00e0 fait plaire \u00e0 son public. Je vous le recommande pas forc\u00e9ment \u00e0 vous directement, mais je sais que je vais en parler \u00e0 mes parents. Je pense que les adultes qui sont ou qui ont \u00e9t\u00e9 en crise de la quarantaine, qui ont remis ou qui remettent en question leurs sentiments et leur couple pourront se reconna\u00eetre et appr\u00e9cier la douceur du film. Pour celleux qui sont ensemble depuis plus de 15 ans et qui veulent se faire une petite sortie en soir\u00e9e de novembre, ce film semble appropri\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jimmy Capdevila<\/strong> (06.11.2024)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p style=\"font-size:15px\"><em>Trois Amies<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li style=\"font-size:15px\">R\u00e9alisation: Emmanuel Mouret<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Pays de production: France<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Genre: Drame<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Acteurices: Camille Cottin, Sara Forestier, India Hair<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Dur\u00e9e: 117 minutes<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00e9alisateur de Chronique d&rsquo;une liaison passag\u00e8re revient dans ce nouveau film sur les relations amoureuses.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2481,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4,127,16,1],"tags":[290,289,291,292,122],"class_list":{"0":"post-2474","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"category-au-cinema","10":"category-critiques","11":"category-uncategorized","12":"tag-camille-cottin","13":"tag-emmanuel-mouret","14":"tag-francais","15":"tag-india-hair","16":"tag-sara-forestier"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2474","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2474"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2474\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2533,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2474\/revisions\/2533"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2481"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2474"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2474"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2474"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}