{"id":2460,"date":"2024-11-06T07:20:00","date_gmt":"2024-11-06T06:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=2460"},"modified":"2024-12-10T16:08:49","modified_gmt":"2024-12-10T15:08:49","slug":"the-substance-la-perfection-de-la-jeunesse-mais-a-quel-prix-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2024\/11\/the-substance-la-perfection-de-la-jeunesse-mais-a-quel-prix-critique\/","title":{"rendered":"The Substance: La perfection de la jeunesse, mais \u00e0 quel prix\u00a0? (Critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"855\" height=\"481\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/The-Substance-1-edited.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2463\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/The-Substance-1-edited.jpg 855w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/The-Substance-1-edited-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/11\/The-Substance-1-edited-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 855px) 100vw, 855px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Filmcoopi Z\u00fcrich AG<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Avec <em>Grave <\/em>en 2017, <em>Titane <\/em>en 2021, <em>Acide<\/em>, <em>Le R\u00e8gne animal<\/em> et <em>Vermines <\/em>en 2023, chacun pr\u00e9sent \u00e0 Cannes, nous sommes dans ce que nous pouvons appeler un renouveau du cin\u00e9ma de genre fran\u00e7ais, allant du body-horror au fantastique pur. Avec <em>The Substance<\/em>, Coralie Fargeat ne fait pas exception \u00e0 la r\u00e8gle. Confrontant Demi Moore \u00e0 Margaret Qualley, la r\u00e9alisatrice nous pr\u00e9sente une vision radicale sur les crit\u00e8res de beaut\u00e9 soci\u00e9taux, au travers d&rsquo;une star en d\u00e9clin \u00e0 qui l\u2019on propose une nouvelle jeunesse, mais \u00e0 quel prix&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce film nous raconte l\u2019histoire d\u2019Elisabeth Sparkle (Demi Moore), ancienne star hollywoodienne \u00e9tant actrice dans des programmes d\u2019a\u00e9robic pour la t\u00e9l\u00e9vision, dans un Hollywood contemporain, qui souhaite relancer sa carri\u00e8re et vivre une seconde jeunesse. Elle re\u00e7oit un prospectus pour un programme nomm\u00e9 The Substance, qui lui permettrait de devenir une meilleure version d\u2019elle-m\u00eame. Une fois inject\u00e9e, cette substance va dupliquer son corps pour en faire une copie dite parfaite parce que plus belle et plus jeune : Sue (Margaret Qualley). La condition est qu\u2019elle doit jongler \u00e9quitablement entre ses deux corps, alternant toutes les semaines, sans exception.<\/p>\n\n\n\n<p>A priori, tout semble bien parti pour qu\u2019Elisabeth puisse redevenir c\u00e9l\u00e8bre dans un corps plus jeune, se faisant appeler Sue. Except\u00e9 que Coralie Fargeat livre ici une v\u00e9ritable satire du monde des stars d\u2019Hollywood, o\u00f9 le bonheur vire litt\u00e9ralement \u00e0 l\u2019enfer dans son final et o\u00f9 l\u2019identit\u00e9 de sa protagoniste se perd entre qui elle est r\u00e9ellement et l\u2019image qu\u2019elle souhaite donner \u00e0 voir au monde. La r\u00e9alisatrice offre un terrain de jeux id\u00e9al pour ses com\u00e9dien.nes, particuli\u00e8rement pour Demi Moore et Margaret Qualley : les deux com\u00e9diennes s\u2019approprient leur(s) personnage(s) et se partagent le devant de la sc\u00e8ne, dans un registre oppos\u00e9 pour chacune, ce qui constitue le coeur de la satire sur les standards de beaut\u00e9 f\u00e9minins. L\u2019une brille sous les cam\u00e9ras d\u2019un show d\u2019a\u00e9robic, dans une tenue tr\u00e8s sexualis\u00e9e mettant en valeur son corps, l\u2019autre complote dans l\u2019ombre. Ce n\u2019est qu\u2019un seul et m\u00eame personnage, le film le rappelle &nbsp;: deux corps, mais un seul et m\u00eame esprit. Et c\u2019est l\u00e0 que r\u00e9side le c\u0153ur du film, la perte d\u2019identit\u00e9 d\u2019Elisabeth&nbsp;: entre sa vie de femme approchant la soixantaine et sa \u00ab&nbsp;nouvelle&nbsp;\u00bb jeunesse, le personnage commence \u00e0 d\u00e9tester qui elle est et les erreurs s\u2019enchainent, le r\u00eave se transformant progressivement en cauchemar dans lequel les choix effectu\u00e9s reviennent la hanter. Son identit\u00e9 propre lui est floue, totalement dissoci\u00e9e, ne sachant plus quel corps lui appartient vraiment, ni quelle vie elle m\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Si sa protagoniste est perdue, ce n\u2019est nullement le cas de la r\u00e9alisatrice. Coralie Fargeat sait ce qu\u2019elle veut faire et l\u2019ex\u00e9cute tr\u00e8s bien. Nous avons sous les yeux ce que l\u2019on appellerait un \u00ab&nbsp;film de prouveuse&nbsp;\u00bb, quelqu\u2019un souhaitant prouver de quoi il\/elle est capable. Coralie Fargeat crie son amour du cin\u00e9ma gr\u00e2ce \u00e0 des plans travaill\u00e9s et faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 d\u2019autres films. L\u2019une des premi\u00e8res sc\u00e8nes se d\u00e9roule dans des toilettes, sc\u00e8ne qui \u00e9voque de la mani\u00e8re la plus directe et explicite possible la fameuse sc\u00e8ne des toilettes dans <em>The<\/em> <em>Shining<\/em> de Stanley Kubrick&nbsp;: l\u2019angle et la position de la cam\u00e9ra s\u2019en rapprochent, ainsi que la disposition des \u00e9l\u00e9ments du d\u00e9cor et la colorim\u00e9trie de la sc\u00e8ne. Cependant, ce n\u2019est pas le seul clin d\u2019\u0153il fait au film: le couloir amenant \u00e0 ces toilettes semble \u00eatre inspir\u00e9 de <em>l\u2019Overlook hotel<\/em>. Les motifs du tapis de sol sont tr\u00e8s \u00e9vocateurs du sol de ce m\u00eame h\u00f4tel et la couleur orange des murs d\u00e9gage la m\u00eame aura de malaise que les murs du b\u00e2timent. Mais ce n\u2019est pas tout&nbsp;: la sc\u00e8ne de la \u00ab&nbsp;naissance&nbsp;\u00bb de Sue cite directement l\u2019<em>Alien<\/em> de Ridley Scott, le proc\u00e9d\u00e9 \u00e9tant presqu\u2019identique. Et le final est un clin d\u2019\u0153il \u00e0 <em>La Mouche<\/em> de David Cronenberg, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 pour d\u2019autres de ses \u0153uvres chez Julia Ducournau, ce qui fait de lui un pilier du cin\u00e9ma gore.<\/p>\n\n\n\n<p>En somme, <em>The Substance<\/em> est un film que l\u2019on pourrait dire \u00e9prouvant. Si le sc\u00e9nario est de loin l\u2019\u00e9l\u00e9ment le plus faible du film, la crise identitaire d\u2019Elisabeth en ressort. On y trouve d\u2019une part, une protagoniste perdue, ne sachant pas qui elle est et de l\u2019autre, des plans travaill\u00e9s, esth\u00e9tiquement parfaits et diss\u00e9minant quelques clins d\u2019\u0153il \u00e0 d\u2019autres \u0153uvres du m\u00eame genre, sans paraitre lourds ou malvenus. Ce contraste met en sc\u00e8ne une critique \u00e9vidente des standards de beaut\u00e9 et de l&rsquo;impact des attentes du public sur les corps f\u00e9minins.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, si vous \u00eates amateurs de satires et de corps tortur\u00e9s, ce film est un incontournable du moment. Si ce n\u2019est pas votre cas, laissez vous tenter, l\u2019\u0153uvre secoue et vous en sortirez chang\u00e9.es et le plaisir visuel vaut le choc.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lara Feiss<\/strong> (06.11.2024)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><em>The Substance<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>R\u00e9alisation: Coralie Fargeat<\/li>\n\n\n\n<li>Pays de production: Royaume-Uni<\/li>\n\n\n\n<li>Genre: Horreur<\/li>\n\n\n\n<li>Acteurices: Demi Moore, Margaret Qualley, Dennis Quaid<\/li>\n\n\n\n<li>Dur\u00e9e: 141 minutes<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le genre du body horror fran\u00e7ais revient en force apr\u00e8s Cannes. Suivant Julia Ducournau et ses Grave et Titane, Coralie Fargeat a appris de la maitresse pour la d\u00e9passer sur tous les points.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2463,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4,127,16,1],"tags":[286,284,287,285,288],"class_list":{"0":"post-2460","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"category-au-cinema","10":"category-critiques","11":"category-uncategorized","12":"tag-body-horror","13":"tag-cannes","14":"tag-coralie-fargeat","15":"tag-demi-moore","16":"tag-margaret-qualley"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2460","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2460"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2460\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2532,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2460\/revisions\/2532"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2463"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2460"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2460"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2460"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}