{"id":2454,"date":"2024-10-30T04:03:00","date_gmt":"2024-10-30T03:03:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=2454"},"modified":"2024-12-10T16:09:38","modified_gmt":"2024-12-10T15:09:38","slug":"anora-les-contes-ne-font-pas-les-fees-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2024\/10\/anora-les-contes-ne-font-pas-les-fees-critique\/","title":{"rendered":"Anora : Les contes ne font pas les\u00a0f\u00e9es (Critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/10\/Anora-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2456\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/10\/Anora-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/10\/Anora-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/10\/Anora-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/10\/Anora-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/10\/Anora.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Universal Pictures International Switzerland GmbH<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Anora, ou Ani comme elle pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre appel\u00e9e, est une jeune travailleuse du sexe new-yorkaise. Sa vie va changer lorsqu\u2019elle rencontre Ivan, un jeune russe aux parents richissimes, au travers duquel elle se projette une toute nouvelle vie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Apr\u00e8s \u00eatre parti filmer la Californie, la Floride ou encore le Texas, Sean Baker revient \u00e0 ses sources new-yorkaises, ville qui l\u2019a vu grandir et o\u00f9 il a tourn\u00e9 ses premiers films. Et le pari est r\u00e9ussi, car il s\u2019est vu r\u00e9compens\u00e9 en mai du graal pour tout cin\u00e9aste, la r\u00e9compense r\u00eav\u00e9e&nbsp;de la Croisette cannoise&nbsp;: la Palme d\u2019Or, d\u00e9cern\u00e9e par Greta Gerwig et son jury.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Si ce dernier projet de Sean Baker est peut-\u00eatre le moins engag\u00e9 politiquement de sa filmographie, <em>Anora<\/em> ratisse tout de m\u00eame quelques probl\u00e9matiques g\u00e9n\u00e9ralement taboues dans le cin\u00e9ma. On y retrouve \u00e9videmment les conditions de vie des travailleuses du sexe, ainsi que la volont\u00e9 de s\u2019\u00e9chapper de sa situation. Mais cette fois-ci, le r\u00e9alisateur am\u00e9ricain, s\u2019amuse \u00e0 ridiculiser les riches, classe sociale qu\u2019il aborde pour la premi\u00e8re fois de fa\u00e7on aussi frontale. Mais, s\u2019il fallait trouver un d\u00e9faut au film, ce contexte social sert plut\u00f4t de fond pour permettre des p\u00e9rip\u00e9ties virvoltantes et fi\u00e9vreuses, m\u00eame si Baker ne manque pas de lancer de petites piques par-ci, par-l\u00e0, \u00e0 travers la repr\u00e9sentation de ses personnages et de leurs actions.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">D\u2019une dur\u00e9e de 2h20, la Palme d\u2019Or 2024 ne laisse aucun r\u00e9pit \u00e0 ses spectateurices (si l\u2019on omet les 15 derni\u00e8res minutes). Structur\u00e9e en trois parties, l\u2019action est saisissante, peu importe la tournure qu\u2019elle prend. Utilisant comme toile de fond aussi bien une grande villa, des bo\u00eetes de nuit, ou New York, le film suit un rythme effrein\u00e9, o\u00f9 les changements de d\u00e9cor adviennent au bon moment, notamment apr\u00e8s le premier tiers du film, et l\u2019arriv\u00e9e des personnages de Yuriy Borisov, Karren Karagulian et Vache Tovmasyan. Si le penchant comique de Sean Baker avait d\u00e9j\u00e0 pu \u00eatre observ\u00e9 dans <em>Tangerine <\/em>(2015) ou <em>Red Rocket <\/em>(2021), se basant principalement sur des situations farfelues, il le pousse ici \u00e0 son paroxysme, offrant des sc\u00e8nes extr\u00eamement dr\u00f4les, trop nombreuses pour \u00eatre cit\u00e9es individuellement,&nbsp; tout au long du film. Le rire n\u2019est pas forc\u00e9, et r\u00e9sonne tr\u00e8s souvent dans la salle&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Malgr\u00e9 toute cette agitation, Sean Baker parvient \u00e0 temporiser son film de mani\u00e8re efficace, ins\u00e9rant de mani\u00e8re naturelle les moments d\u2019\u00e9motions et de douceur. La fin est la seule exception, o\u00f9 <em>Anora <\/em>(avec et sans italique) prend une tournure plus calme, mais ne perdant pas en puissance \u00e9motionnelle. Elle peut sembler en d\u00e9calage avec l\u2019ensemble du r\u00e9cit \u00e0 premi\u00e8re vue, mais condense toute l\u2019empathie que Baker a pour son personnage principal.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Et que serait <em>Anora<\/em> sans citer sa protagoniste \u00e9ponyme, incarn\u00e9e par Mikey Madison, qu\u2019on avait d\u00e9j\u00e0 pu voir dans <em>Once Upon a Time in Hollwyood<\/em> de Quentin Tarantino, ou encore dans <em>Scream <\/em>de Wes Craven<em>. <\/em>Avec sa prestation, l\u2019actrice am\u00e9ricaine de 25 ans s\u2019offre certainement une nomination aux Oscars \u2013 si ce n\u2019est la statuette. Elle porte \u00e0 merveille l\u2019\u00e9nergie d\u00e9bordante d\u2019Anora, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une palette d\u2019expressions et d\u2019\u00e9motions vari\u00e9es, et se r\u00e9v\u00e8le au monde (si ce n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9j\u00e0 le cas) comme une actrice tr\u00e8s prometteuse. La Palme d\u2019Or 2024 est probablement le film de Sean Baker le plus <em>mainstream<\/em>, mais il n\u2019en reste pas moins une des grandes sorties de l\u2019ann\u00e9e. Le cin\u00e9aste r\u00e9ussit \u00e0 y affiner son style comique, offrant des sc\u00e8nes parmi les plus hilarantes de 2024, mais ne perd pas de vue son engagement social qu\u2019on lui attribue souvent. Bien que la fin d\u2019ann\u00e9e soit charg\u00e9e en nouveaut\u00e9s, <em>Anora <\/em>fait d\u00e9cidemment partie des films \u00e0 voir en priorit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Gil Dalebroux<\/strong> (30.10.2024)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p style=\"font-size:15px\"><em>Anora<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>R\u00e9alisation: Sean Baker<\/li>\n\n\n\n<li>Pays de production: \u00c9tats-Unis<\/li>\n\n\n\n<li>Genre: Drama<\/li>\n\n\n\n<li>Acteurices: Mikey Madison, Yura Borisov, Mark Eidelshtein<\/li>\n\n\n\n<li>Dur\u00e9e: 139 minutes<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite \u00e0 son grand succ\u00e8s \u00e0 Cannes, o\u00f9 le film a remport\u00e9 la Palme d\u2019Or, Anora d\u00e9barque en salles. Film d\u2019une grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, il ne manquera pas de vous faire rire, et vous emportera dans un tourbillon d\u2019\u00e9n\u00e9rgie rare. A ne rater sous aucun pr\u00e9texte !<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2456,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4,127,16],"tags":[11,9,282,281,279],"class_list":{"0":"post-2454","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"category-au-cinema","10":"category-critiques","11":"tag-cine-club","12":"tag-cinema","13":"tag-independant","14":"tag-nouveaute","15":"tag-sean-baker"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2454","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2454"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2454\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2535,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2454\/revisions\/2535"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2456"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2454"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2454"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2454"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}