{"id":2356,"date":"2024-09-18T06:56:00","date_gmt":"2024-09-18T04:56:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=2356"},"modified":"2024-09-25T12:52:37","modified_gmt":"2024-09-25T10:52:37","slug":"speak-no-evil-lineptie-des-remakes-americains-encore-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2024\/09\/speak-no-evil-lineptie-des-remakes-americains-encore-critique\/","title":{"rendered":"Speak No Evil : l&rsquo;ineptie des remakes am\u00e9ricains&#8230;encore (critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1280\" height=\"720\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/09\/image-speak-no-evil-edited.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2358\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/09\/image-speak-no-evil-edited.jpeg 1280w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/09\/image-speak-no-evil-edited-300x169.jpeg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/09\/image-speak-no-evil-edited-1024x576.jpeg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/09\/image-speak-no-evil-edited-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Universal Pictures<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Une famille am\u00e9ricaine en vacances en Toscane rencontre un couple britannique et son petit gar\u00e7on. Ce qui semblait \u00eatre une rencontre agr\u00e9able et positive se transforme progressivement en quelque chose d&rsquo;\u00e9trange et de complexe \u00e0 g\u00e9rer, en raison du comportement de plus en plus inhabituel de la famille britannique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui fonctionne vraiment dans le film, malheureusement, est tr\u00e8s limit\u00e9, car les moments o\u00f9 une sc\u00e8ne parvient \u00e0 convaincre gr\u00e2ce aux acteurs ou \u00e0 la r\u00e9alisation, ne peuvent \u00eatre d\u00e9crits que comme des fragments \u00e9parpill\u00e9s tout au long des presque deux heures du film. Pour le reste, le r\u00e9sultat est plut\u00f4t m\u00e9diocre, d\u2019autant plus que, \u00e9tant un remake d&rsquo;un film danois sorti il y a \u00e0 peine de\u00a7ux ans, cette nouvelle version de <em>Speak no Evil<\/em> ressort v\u00e9ritablement en miettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me ne r\u00e9side pas tant dans le fait d&rsquo;avoir produit un \u00e9ni\u00e8me remake, mais dans toute la logique industrielle actuelle d\u2019Hollywood o\u00f9 l\u2019on se contente de proposer des remakes b\u00e2cl\u00e9s, banals et d\u00e9pourvus d\u2019identit\u00e9 r\u00e9elle. Un grand film comme <em>The Departed<\/em> de Martin Scorsese est aussi le remake d&rsquo;un film sorti quatre ans plus t\u00f4t, mais avec un r\u00e9alisateur ayant une vision claire et quelque chose \u00e0 raconter. Il est donc normal que le r\u00e9sultat du film soit plus que positif. Dans le cas de<em> Speak no evil<\/em>, cet \u00e9l\u00e9ment fait cruellement d\u00e9faut.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce film appara\u00eet inutilement exag\u00e9r\u00e9 en termes d&rsquo;interpr\u00e9tation et de gestion du temps, pr\u00e9sentant peu de substance, tant au niveau de la narration que de l&rsquo;interpr\u00e9tation. Alors que l&rsquo;original danois aborde des th\u00e8mes tels que la d\u00e9sint\u00e9gration d&rsquo;un couple et ses difficult\u00e9s, ainsi que le mal inh\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;\u00eatre humain, le tout avec une r\u00e9alisation tr\u00e8s intelligente et une tension croissante, le remake am\u00e9ricain \u00e9choue d\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre un film d&rsquo;horreur psychologique ne parvient pas \u00e0 instaurer une aura de suspense continu qui devait culminer au bon moment. Il manque la v\u00e9ritable peur, l&rsquo;inqui\u00e9tude, l&rsquo;angoisse, ce sentiment de malaise face \u00e0 ce qui se passe \u00e0 l\u2019\u00e9cran&#8230; Autant d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui, dans le film original, sont tr\u00e8s pr\u00e9sents et habilement mis en sc\u00e8ne gr\u00e2ce au talent du r\u00e9alisateur, qui raconte par l&rsquo;image plut\u00f4t que par des explications inutiles et banales, comme le fait ce remake. Dans cet dernier, le ch\u00e2teau de cartes s&rsquo;effondre d\u00e8s le d\u00e9but, \u00e0 cause de la mani\u00e8re dont les personnages de James McAvoy et sa compagne sont amen\u00e9s \u00e0 agir. On comprend imm\u00e9diatement qu&rsquo;il s&rsquo;agit de psychopathes, l\u00e0 o\u00f9 dans l&rsquo;original, les personnages ne d\u00e9passent jamais une certaine limite&nbsp;; c\u2019est leur comportement, subtilement narr\u00e9, qui s\u00e8me le doute. Ce doute frappe le spectateur, le perturbe, et laisse un profond sentiment de malaise et d&rsquo;incompr\u00e9hension face \u00e0 ce qui se d\u00e9roule \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran, contrairement \u00e0 la version de 2024.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces diff\u00e9rences illustrent bien l\u2019\u00e9volution de l\u2019industrie qui a fa\u00e7onn\u00e9 le syst\u00e8me de production hollywoodien ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Nous sommes bombard\u00e9s de remakes, reboots, sequels, prequels, spin-offs, &#8230; qui n\u2019ont d\u2019autres buts que de g\u00e9n\u00e9rer encore plus d&rsquo;argent avec des \u0153uvres qui en ont d\u00e9j\u00e0 rapport\u00e9 par le pass\u00e9. L&rsquo;un des principaux probl\u00e8mes des remakes r\u00e9side pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 : vouloir refaire un film d&rsquo;un autre pays \u00e0 la sauce am\u00e9ricaine, simplement pour essayer d&rsquo;imiter son succ\u00e8s ou pour engranger rapidement de gros profits tout en d\u00e9pensant le moins possible. Et comme par hasard, la plupart du temps, le r\u00e9sultat est, sinon catastrophique, &nbsp;en tout cas extr\u00eamement d\u00e9cevant, car le remake n&rsquo;est ni capable de rendre l\u2019essence du produit original, ni d\u2019imposer une nouvelle identit\u00e9 avec quelque chose \u00e0 raconter, donnant ainsi un r\u00e9sultat m\u00e9diocre.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus illustratif de cette absence d&rsquo;identit\u00e9, &nbsp;confinant \u00e0 la banalit\u00e9, est la fin du film. Sans trop en r\u00e9v\u00e9ler sur les deux versions, il suffit de dire que le troisi\u00e8me acte du film danois est celui o\u00f9 tout se d\u00e9voile, o\u00f9 de nombreuses r\u00e9v\u00e9lations sont faites et o\u00f9 les \u00e9v\u00e9nements qui s\u2019ensuivent, apr\u00e8s une construction calibr\u00e9e et \u00e9tudi\u00e9e du suspense, sont extr\u00eamement crus, directs et capables de faire r\u00e9fl\u00e9chir sur la nature cyclique du mal chez l&rsquo;\u00eatre humain. \u00c0 l\u2019inverse, la version am\u00e9ricaine choisit de modifier enti\u00e8rement ce troisi\u00e8me acte, en optant pour une r\u00e9solution plus conforme aux standards hollywoodiens. Car bien s\u00fbr, en plus de copier les id\u00e9es et de les rendre b\u00e2cl\u00e9es, il faut aussi alt\u00e9rer l&rsquo;\u0153uvre originale, de peur que le film ne soit soumis \u00e0 des restrictions ou \u00e0 des critiques susceptibles d\u2019affecter le box-office.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois de plus, Hollywood d\u00e9montre comment l&rsquo;industrie consomme, m\u00e2che et recrache tout ce qui a trait au facteur artistique.<\/p>\n\n\n\n<p> Jacopo Greppi (18.09.2024)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><em>Speak No Evil<\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li style=\"font-size:15px\">R\u00e9alisation: James Watkins<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Pays de production: Etats-Unis<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">Genre: Thriller<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">acteurices: James McAvoy, Mackenzie Davis, Aisling Franciosi<\/li>\n\n\n\n<li style=\"font-size:15px\">dur\u00e9e: 110 minutes<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hollywood rechute une fois de plus et propose un nouveau remake b\u00e2cl\u00e9 et plut\u00f4t faible, ce qui a pour effet de minimiser consid\u00e9rablement l&rsquo;importance de l&rsquo;\u0153uvre originale dont il s&rsquo;inspire. <\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2358,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4,16],"tags":[24,33,65],"class_list":{"0":"post-2356","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"category-critiques","10":"tag-cinema-2","11":"tag-critique","12":"tag-projection"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2356","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2356"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2356\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2368,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2356\/revisions\/2368"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2358"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2356"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2356"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2356"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}