{"id":233,"date":"2019-12-08T02:17:00","date_gmt":"2019-12-08T01:17:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=233"},"modified":"2023-03-28T01:19:57","modified_gmt":"2023-03-27T23:19:57","slug":"le-regard-de-charles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2019\/12\/le-regard-de-charles\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le Regard de Charles\u00a0\u00bb &#8211; Critique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"512\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/07\/Le-Regard-de-Charles-imagr-1280x640-1-1024x512.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-234\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/07\/Le-Regard-de-Charles-imagr-1280x640-1-1024x512.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/07\/Le-Regard-de-Charles-imagr-1280x640-1-300x150.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/07\/Le-Regard-de-Charles-imagr-1280x640-1-768x384.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2021\/07\/Le-Regard-de-Charles-imagr-1280x640-1.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Autoportrait de l\u2019artiste en filmeur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le regard de Charles<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 par Marc di Domenico \u00e0 partir de rushs in\u00e9dits film\u00e9s par Aznavour et ses proches, ce documentaire rafra\u00eechissant trouve, avec un succ\u00e8s in\u00e9gal, une forme hybride entre le journal film\u00e9 et l\u2019hommage (auto)biographique \u00e0 une l\u00e9gende de la chanson fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p>Si les chansons de Charles Aznavour sont connues de tous, sa passion pour les images et les innombrables heures de contenu qu\u2019il a film\u00e9 durant sa vie le sont beaucoup moins. Marc di Domenico, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alisateur notamment d\u2019un documentaire t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 sur l\u2019interpr\u00e8te de <em>La Boh\u00e8me <\/em>en 2018, s\u2019est attel\u00e9 \u00e0 visionner et \u00e0 traiter les archives personnelles d\u2019Aznavour pour nous livrer un film de montage en forme de faux autoportrait, en int\u00e9grant d\u2019autres mat\u00e9riaux comme des images t\u00e9l\u00e9visuelles du chanteur ou des extraits de ses chansons. L\u2019ensemble, in\u00e9gal, disparate, faits d\u2019oublis volontaires et de jeux sur la chronologie, ne trouve pas son int\u00e9r\u00eat dans l\u2019information qu\u2019il d\u00e9livre mais dans sa forme composite de collage qui d\u00e9voile \u00e0 la fois le regard, pas toujours d\u00e9fendable, que portait l\u2019artiste sur son entourage et sur lui-m\u00eame et les vell\u00e9it\u00e9s captivantes d\u2019un cin\u00e9aste qui ne sera jamais n\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aznavour cin\u00e9aste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui frappe, en premier, c\u2019est la qualit\u00e9 des images produites par le chanteur, leurs cadrages innocents, leur proximit\u00e9 avec les choses et les gens et leur beaut\u00e9 formelle, hant\u00e9e par le grain rassurant de l\u2019amateurisme. Cet entrelacement brut de motifs de voyages, de fragments intimes et d\u2019images \u00e9difiantes t\u00e9moignant d\u2019un fr\u00e9n\u00e9tique chemin vers la gloire d\u00e9gage une \u00e9l\u00e9gance toute irradiante qui perd n\u00e9anmoins de son charme myst\u00e9rieux sous les coups d\u2019une narration en voix-off omnipr\u00e9sente. Cette voix, celle de Romain Duris, reprenant et arrangeant les \u00e9crits et les dires d\u2019Aznavour, incapable d\u2019ajouter une dimension suppl\u00e9mentaire au collage, vient s\u2019y greffer artificiellement, explicitant jusqu\u2019\u00e0 saturation le contenu des images et tuant du m\u00eame geste la magie sourde qui s\u2019en d\u00e9gageait. Aznavour cin\u00e9aste en ressort affaibli, presqu\u2019\u00e9teint par les mots du Aznavour auteur que nous connaissions d\u00e9j\u00e0. Nous r\u00e9entendons une voix connue et, l\u00e0 o\u00f9 nous pensions trouver un regard pur et in\u00e9dit, nous d\u00e9couvrons trop souvent un regard formul\u00e9, si ce n\u2019est reformul\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Charles, regardant ou regard\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, tout n\u2019est pas \u00e0 jeter dans le choix de la voix-off et c\u2019est peut-\u00eatre un autre projet qu\u2019elle dessine en filigrane, celui de la construction, au croisement du regard du spectateur et de celui de l\u2019artiste, d\u2019une figure, d\u2019une ic\u00f4ne dont personne ne parviendra r\u00e9ellement \u00e0 d\u00e9chiffrer le succ\u00e8s. C\u2019est Charles et son public contemplant Aznavour, une confusion des regards, une forme de journal intime lu en public et qui, loin d\u2019\u00e9clairer le ph\u00e9nom\u00e8ne de starification et la personnalit\u00e9 du chanteur, la rend peut-\u00eatre plus \u00e9nigmatique et fascinante que jamais. Objet hydride en tous points, entre documentaire et construction fictive, explicitation et myst\u00e8re, \u00e9checs et splendeurs, <em>Le regard de Charles<\/em> surprend, trouble et nous ram\u00e8ne, l\u2019air de rien, vers un plaisir simple&nbsp;: r\u00e9\u00e9couter Aznavour et s\u2019\u00e9merveiller.<a href=\"https:\/\/cine-unilepfl.ch\/author\/vincent-annen\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vincent Annen<\/strong> (08\/12\/2019)<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><strong><br>Le Regard de Charles<\/strong><br>France, 2019, documentaire, 83 min.<br>R\u00e9alisation <strong>Marc Di Domenico<\/strong>, <strong>Charles Aznavour<\/strong><br>Sc\u00e9nario <strong>Marce Di Domenico<\/strong><br>Narration <strong>Romain Duris<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un documentaire r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir de rushs in\u00e9dits film\u00e9s par Aznavour et ses proches, qui trouve, avec un succ\u00e8s in\u00e9gal, une forme hybride entre le journal film\u00e9 et l\u2019hommage (auto)biographique\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":234,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16],"tags":[],"class_list":{"0":"post-233","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/233","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=233"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/233\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/234"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=233"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=233"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=233"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}