{"id":2273,"date":"2024-04-14T19:43:44","date_gmt":"2024-04-14T17:43:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=2273"},"modified":"2024-04-14T19:43:47","modified_gmt":"2024-04-14T17:43:47","slug":"idylle-sensorielle-blackbird-blackbird-blackberry-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2024\/04\/idylle-sensorielle-blackbird-blackbird-blackberry-critique\/","title":{"rendered":"Idylle sensorielle: Blackbird Blackbird Blackberry (critique)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"907\" height=\"510\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/04\/image-edited.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2275\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/04\/image-edited.jpeg 907w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/04\/image-edited-300x169.jpeg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2024\/04\/image-edited-768x432.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 907px) 100vw, 907px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Frenetic Films AG<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Si le mariage et les bites rendaient heureuses, beaucoup de femmes le seraient&nbsp;\u00bb \u2013 Voici les mots d\u2019Etero, protagoniste du nouveau film d\u2019Elene Naveriani. Etero m\u00e8ne une existence paisible dans un petit village de la campagne g\u00e9orgienne. Entre cueillette de m\u00fbres sauvages, son magasin de produits cosm\u00e9tiques et m\u00e9nagers et les mille-feuilles qu\u2019elle s\u2019offre lors de ses visites en ville, sa solitude semble in\u00e9branlable malgr\u00e9 les comm\u00e9rages des femmes de son village. Apr\u00e8s avoir entrepris une aventure avec Murman, son livreur, elle se voit contrainte de r\u00e9envisager cette routine sereine. \u00c0 la suite de&nbsp;<em>Wet Sand<\/em>, r\u00e9compens\u00e9 aux Journ\u00e9es de Soleure en 2022, Elene Naveriani revient avec un long-m\u00e9trage triplement prim\u00e9 au Swiss Film Award de cette ann\u00e9e. Et c\u2019est m\u00e9rit\u00e9&nbsp;! \u0152uvre r\u00e9solument f\u00e9ministe mettant en avant des sujets g\u00e9n\u00e9ralement absents du grand \u00e9cran, le film livre un portrait incroyablement touchant d\u2019une femme approchant la cinquantaine qui refuse cat\u00e9goriquement de se plier aux conventions de la soci\u00e9t\u00e9 patriarcale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voyage intime<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si son idylle avec Murman constitue incontestablement un point de bascule dans le destin d\u2019Etero, ce n\u2019est cependant pas une histoire d\u2019amour entre un homme et une femme que le film nous raconte. C\u2019est un amour pour elle-m\u00eame et son propre corps qu\u2019Etero d\u00e9couvre. Naveriani r\u00e9v\u00e8le habilement un personnage complexe qui vit pleinement \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 il est socialement difficile d\u2019envisager une femme qui vit pour elle-m\u00eame. Comme ne cesse de le r\u00e9p\u00e9ter Etero, elle n\u2019a pas besoin d\u2019un homme pour \u00eatre heureuse. Elle affirme que son c\u00e9libat lui conf\u00e8re une libert\u00e9 et un bonheur qu\u2019aucune des femmes de son village ne peux revendiquer. Sa d\u00e9couverte de la sexualit\u00e9 \u00e0 48 ans marque l\u2019ouverture d\u2019un nouveau chapitre de sa vie. C\u2019est une renaissance, comme le sugg\u00e8re la vision de son propre corps sans vie au bord de l\u2019eau dans la sc\u00e8ne d\u2019ouverture du film<strong><em>.&nbsp;<\/em><\/strong>La rivi\u00e8re torrentielle, la pluie qui mart\u00e8le les carreaux, le son d\u2019une douche qui coule&#8230; L\u2019eau ruisselante, souvent \u00e0 l\u2019image, presque toujours entendue, souligne subtilement ce renouveau. Eka Chavleishvili qui interpr\u00e8te Etero transmet de mani\u00e8re captivante le parcours int\u00e9rieur effectu\u00e9 par le personnage. Le regard p\u00e9n\u00e9trant et le visage presque toujours impassible du personnage sont perc\u00e9s par de subtils mouvements de paupi\u00e8res au contact de son amant et lorsqu\u2019elle savoure une m\u00fbre ou un g\u00e2teau. Les gestes m\u00e9thodiques dans le magasin sont interrompus par une timide danse au son d\u2019une chanson qui passe \u00e0 la radio\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un point de vue f\u00e9minin et f\u00e9minist<\/strong>e<\/p>\n\n\n\n<p>Le personnage d\u2019Etero \u00e9volue en marge du cercle social des femmes de son village tout en occupant une place centrale dans celui-ci. Dans son magasin dont les femmes d\u00e9pendent pour soigner leur apparence et leur m\u00e9nage, les railleries qu\u2019elle subit au sein du groupe sont remplac\u00e9es par des confidences. Le film prend soin de mettre sur le devant de la sc\u00e8ne des sujets tabous, traditionnellement r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l\u2019espace clos d\u2019une r\u00e9union entre femmes tel que la m\u00e9nopause ou le cancer du col de l\u2019ut\u00e9rus. Port\u00e9 par une esth\u00e9tique adh\u00e9rant aux codes&nbsp;<em>female gaze<\/em>, le film ne craint pas de montrer le sang et les corps d\u00e9nud\u00e9s qui ne correspondent pas aux standards du cin\u00e9ma&nbsp;<em>mainstream<\/em>. Les images restituent la sensorialit\u00e9 des exp\u00e9riences v\u00e9cues par Etero&nbsp;; les \u00e9treintes avec un amant, les cauchemars qui r\u00e9veillent en sursaut ou la texture d\u2019un \u00e9pais mille-feuille piqu\u00e9 par une fourchette. L\u2019ambiance sonore du film parsem\u00e9s de chants d\u2019oiseaux vient complimenter cette exp\u00e9rience sensorielle. Naveriani offre un regard rafraichissant sur la condition des femmes. \u00ab En tant que femme, cela signifiait que je devais rester en retrait, \u00e9couter passivement et me rendre invisible. Et surtout, je devais me contenter de la place qui m&rsquo;\u00e9tait assign\u00e9e.&nbsp;\u00bb, explique lae cin\u00e9aste. Sortir de cette place assign\u00e9e, c\u2019est ce qu\u2019Etero s\u2019efforce de faire dans&nbsp;<em>Blackbird Blackbird Blackberry<\/em>&nbsp;en embrassant un f\u00e9minisme instinctif qui refuse de se plier aux conventions sociales sans pour autant bl\u00e2mer les femmes qui ne suivent pas cette voie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Leonie Nussbaum \u2013 11 avril 2024<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><em><strong>Blackbird Blackbird Blackberry<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>R\u00e9alisation: Elene Naveriani<\/li>\n\n\n\n<li>Pays de production: Suisse<\/li>\n\n\n\n<li>Langue originale: g\u00e9orgien<\/li>\n\n\n\n<li>Genre: Drame<\/li>\n\n\n\n<li>acteurices: Eka Chavleishvili, Temiko Chinchinadze<\/li>\n\n\n\n<li>dur\u00e9e: 112 minutes<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00e9cit poignant et engag\u00e9 d\u2019un voyage int\u00e9rieur au c\u0153ur de la campagne g\u00e9orgienne.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":2275,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[17,4,16],"tags":[257,260,258],"class_list":{"0":"post-2273","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-analyses","8":"category-articles","9":"category-critiques","10":"tag-blackbirdblackbirdblackberry","11":"tag-elene-naveriani","12":"tag-indie-movie"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2273","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2273"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2273\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2275"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2273"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2273"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2273"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}