{"id":1361,"date":"2022-07-09T13:41:10","date_gmt":"2022-07-09T11:41:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=1361"},"modified":"2023-03-28T01:04:46","modified_gmt":"2023-03-27T23:04:46","slug":"nifff-jour-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2022\/07\/nifff-jour-8\/","title":{"rendered":"NIFFF, jour 8 : NIFFF me baby one more time"},"content":{"rendered":"\n[09\/07\/2022] <\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;avant-dernier jour de la transhumance annuelle de l&rsquo;irr\u00e9el et du surr\u00e9el (et peut \u00eatre dernier jour de critique, la f\u00eate de fin de festival risquant de paralyser la cha\u00eene de production au combien d\u00e9licate de ces doux billets d&rsquo;opinion cin\u00e9phile). Malgr\u00e9 la fatigue, la faim et la soif, nos deux nomades des di\u00e9g\u00e8ses \u00e9ph\u00e9m\u00e8res sont partis inlassablement cueillir pour vous les plus belles fleures des jardins du NIFFF. Au programme\u2009: plan s\u00e9quence \u00e0 3, Thelma la taille d\u2019la croix, Yakuza ma tatane et y&rsquo;a pas de l\u00e9zard.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Extract | NOS C\u00c9R\u00c9MONIES (SUMMER SCARS) dir. Simon Rieth (VO)\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/TIo4QL8yugM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>Nos C\u00e9r\u00e9monies<\/em><\/strong> de Simon Rieth (comp\u00e9tition internationale)<\/p>\n\n\n\n<p>Premier long m\u00e9trage du jeune r\u00e9alisateur Simon Reith, <em>Nos C\u00e9r\u00e9monies<\/em> d\u00e9peint une relation fraternelle forte, scell\u00e9e par le fantastique. Une longue introduction pr\u00e9sente l\u2019enfance de Tony et No\u00e9. On y voit l\u2019a\u00een\u00e9 mourir, puis \u00eatre ramen\u00e9 \u00e0 la vie par son petit fr\u00e8re \u00e0 l\u2019aide d\u2019un baiser. Le d\u00e9cor est pos\u00e9 et ce myst\u00e9rieux pouvoir accompagnera en secret les deux gar\u00e7ons.<\/p>\n\n\n\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, \u00e0 la sortie de l\u2019adolescence, Tony et No\u00e9 reviennent sur les lieux de leur enfance. R\u00e9guli\u00e8rement, lorsque son corps faiblit et commence \u00e0 trembler, Tony a besoin de mourir. No\u00e9 le ram\u00e8ne sans cesse et la vie reprend son cours. Le lien profond des deux jeunes commence \u00e0 s\u2019\u00e9tioler, alors qu\u2019ils grandissent dans diff\u00e9rentes directions. Leur retour sur la c\u00f4te natal n\u2019arrange rien\u2009; ils y retrouvent Cassandre, amoureuse d\u2019enfance de Tony, mais qui se rapproche de No\u00e9 adulte. Leur liaison pousse Tony dans un comportement col\u00e9rique et autodestructeur, emportant naturellement son fr\u00e8re avec lui.<\/p>\n\n\n\n<p>De longs plans-s\u00e9quences, accompagn\u00e9s de musique \u00e9lectronique et de plan panoramiques satur\u00e9s, donnent \u00e0 <em>Nos C\u00e9r\u00e9monies <\/em>la sensation d\u2019une lente fresque ou d\u2019une sc\u00e8ne d\u2019op\u00e9ra, plongeant dans la r\u00e9alit\u00e9 de cette jeunesse. Cherchant \u00e0 mettre en sc\u00e8ne le quotidien de ces adolescents et les liens qui les unissent, Simon Rieth recourt au fantastique afin de concentrer cette r\u00e9alit\u00e9 sur l\u2019amour fraternel. Un choix glissant et pourtant tr\u00e8s bien ex\u00e9cut\u00e9 de la part du r\u00e9alisateur. Le fantastique se met \u00e0 merveille aux services de la construction des personnages, avec aisance et sensibilit\u00e9. Une plong\u00e9e dans un songe estivale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alex<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"BAD CITY (Sonomura Kensuke, JP, 2022)\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/cZ08pzkL828?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>Bad City<\/em><\/strong> de Sonomura Kensuke (<em>Asian Competition<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Ancien cascadeur et coordinateur de combat, Sonomura Kensuke livre avec son premier film, <em>Bad City<\/em>, un thriller haletant et muscl\u00e9. Le NIFFF l&rsquo;a pr\u00e9sent\u00e9 en premi\u00e8re mondiale, le film n&rsquo;\u00e9tant pas encore diffus\u00e9 au japon, son pays d&rsquo;origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand un grand magnat industriel est rel\u00e2ch\u00e9 alors qu&rsquo;il trempe dans des affaires de corruptions, une unit\u00e9 de police sp\u00e9ciale se forme pour tenter de l&rsquo;arr\u00eater pour de bon, malgr\u00e9 ses liens avec les yakuza et la mafia cor\u00e9enne. Ce quatuor nouvellement form\u00e9 se lance dans la bataille, men\u00e9 par Torada (Ozawa Hotochi), ancien flic en r\u00e9clusion pour soup\u00e7on de meurtre et au caract\u00e8re bien tremp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette histoire classique de lutte contre la mafia repose en grande partie sur l&rsquo;ambiance de parano\u00efa crasseuse que le film parvient \u00e0 installer. Les d\u00e9cors de rue sont industriels, aux textures de b\u00e9ton et de rouilles, rien n&rsquo;est propre dans cette ville. Le film s&rsquo;ouvre sur un massacre au couteau, plongeant imm\u00e9diatement le spectateur dans la violence sordide de ce milieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour coller \u00e0 cette impression d&rsquo;\u00e9touffement, les combats ne sont pas esth\u00e9tis\u00e9s par la r\u00e9alisation, mais pris comme des m\u00eal\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales remplissant le cadre de coups. Les chor\u00e9graphies sont extr\u00eamement techniques, impressionnantes, et mises en avant par un montage qui n&rsquo;abuse pas du cut, laissant les acteurs et cascadeurs imprimer le film de leurs prouesses.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tr\u00e8s bon polar muscl\u00e9, qui r\u00e9sonnant avec l&rsquo;actualit\u00e9 japonaise et le meurtre violent du Premier ministre, essaie de trouver une voie vers la justice dans un milieu ou la corruption et la violence semble parfois ind\u00e9passables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Baptiste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"LEIO (Chalit Krileadmongkol, TH, 2022)\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/hnGrvz28zfM?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>Leio<\/em><\/strong> de Chalit Krileadmongkol &amp; Chiptol Ruanggun (<em>Asian Competition<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p><em>Leio<\/em> est un premier film \u00e0 la r\u00e9alisation pour Chalit Krileadmongkol, \u00e9tant depuis longtemps sp\u00e9cialiste de VFX, avec l&rsquo;aide de son comparse Chiptol Ruanggun. Ils livrent un m\u00e9lange extr\u00eamement plaisant entre soap na\u00eff et film de monstre.<\/p>\n\n\n\n<p>Kao, chanteur dans la tourmente m\u00e9diatique, rentre dans son village pour la mort de son grand-p\u00e8re qui l&rsquo;a \u00e9lev\u00e9. La, une amie d&rsquo;enfance dont il est secr\u00e8tement amoureux devenue youtubeuse \u00e0 succ\u00e8s lance un concours de forage pour trouver de l&rsquo;eau et aider \u00e0 sauver le village de la s\u00e9cheresse. Mais en creusant, les divers participants vont rencontrer un mal qui sommeille dans les sous-sols, tout d&rsquo;\u00e9cailles et de dents, qui vas venir semer la terreur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le kitch de l&rsquo;histoire et du jeu d&rsquo;acteur donne un aspect comique \u00e0 ce long m\u00e9trage. Le monstre souffre parfois d&rsquo;une 3D un peu faible, le m\u00ealant avec une qualit\u00e9 variable au reste de l&rsquo;image. Il est cependant tr\u00e8s r\u00e9ussi dans son design, et tout le film \u00e9tant un festival de <em>too much<\/em> demandant d\u00e9j\u00e0 de d\u00e9brancher son cerveau, cela ne p\u00e9jore en rien le spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Un divertissement tr\u00e8s particulier donc, agr\u00e9able, car d\u00e9bordant d&rsquo;envie de faire plaisir au public, mais \u00e0 \u00e9viter si les univers plus proches des t\u00e9l\u00e9novellas que de Godard peuvent vous rebuter. Au milieu d&rsquo;une s\u00e9lection de films aux th\u00e9matiques graves, c&rsquo;\u00e9tait ici au NIFFF une bouff\u00e9e d&rsquo;air frais salutaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Baptiste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"THELMA (Joachim Trier, 2017)\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/-lLlaN30a9g?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>Thelma<\/em><\/strong> de Joachim Trier (Carte blanche \u00e0 Oliver Sim)<\/p>\n\n\n\n<p>Thelma est une jeune femme vivant \u00e0 Oslo pour ses \u00e9tudes. M\u00eame \u00e9loign\u00e9e du cocon familial, elle est surveill\u00e9e de pr\u00e8s par ses parents, chr\u00e9tiens et pratiquants. Du jour au lendemain, Thelma d\u00e9veloppe des sympt\u00f4mes \u00e9tranges qui s\u2019av\u00e8rent \u00eatre la face visible de pouvoirs surnaturels. L\u2019intensification des crises am\u00e8ne avec elle des souvenirs d\u2019enfance oubli\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Habitu\u00e9 du drame, notamment avec le succ\u00e8s d\u2019<em>Oslo, 31&nbsp;ao\u00fbt<\/em>, Joachim Trier essaie avec <em>Thelma <\/em>(2017) une forme hybride de cin\u00e9ma, en ajoutant une face fantastique \u00e0 un drame familial\u2009; aid\u00e9 au sc\u00e9nario de son acolyte de longue date Eskil Vogt \u2013 \u00e0 qui l\u2019on doit le r\u00e9cent et excellent <em>The Innocents<\/em> (2021). Th\u00e8me r\u00e9current dans les films de Trier, <em>Thelma<\/em> reprend une figure de personnage solitaire, luttant pour ne pas \u00eatre d\u00e9chir\u00e9e dans une r\u00e9alit\u00e9 sociale difficile.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Thelma<\/em> ne tire toutefois pas de conclusion h\u00e2tive et laisse volontairement de la place \u00e0 diverses interpr\u00e9tations, se contentant de pr\u00e9senter ses situations \u00e0 travers une mise en sc\u00e8ne \u00e9l\u00e9gante. Un style tant travaill\u00e9 dans la construction de ses personnages qu\u2019il d\u00e9tonne parfois avec d\u2019autres aspects du film et cr\u00e9e un sentiment d\u2019in\u00e9galit\u00e9 dans leur traitement. La pr\u00e9sentation d\u2019une famille catholique st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e ou le recours \u00e0 une histoire fantastique de sorci\u00e8res en trame de fond paraissent faibles compar\u00e9s \u00e0 la sophistication des sc\u00e8nes de drame. In\u00e9galit\u00e9s qui n\u2019emp\u00eachent toutefois pas <em>Thelma<\/em> d\u2019\u00eatre un film d\u2019une grande classe, exploration d\u2019une zone encore peu exploit\u00e9e et souvent d\u00e9valoris\u00e9e d\u2019un entre deux mondes cin\u00e9matographiques, \u00e0 la fois film d\u2019auteur et fantastique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alex<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 la fatigue, la faim et la soif, nos deux nomades des di\u00e9g\u00e8ses \u00e9ph\u00e9m\u00e8res sont partis inlassablement cueillir pour vous les plus belles fleures des jardins du NIFFF. Au programme de cet avant-dernier jour\u2009: plan s\u00e9quence \u00e0 3, Thelma la taille d\u2019la croix, Yakuza ma tatane et y&rsquo;a pas de l\u00e9zard.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":1363,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16,5],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1361","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques","9":"category-festivals"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1361","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1361"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1361\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1363"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1361"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1361"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1361"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}