{"id":1314,"date":"2022-07-03T19:11:02","date_gmt":"2022-07-03T17:11:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=1314"},"modified":"2023-03-28T01:08:21","modified_gmt":"2023-03-27T23:08:21","slug":"nifff-jour-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2022\/07\/nifff-jour-2\/","title":{"rendered":"NIFFF, jour\u00a02\u2009: complots, masques et hommes-cis"},"content":{"rendered":"\n[03\/07\/2022]\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me jour au NIFFF pour nos deux trap\u00e9zistes du multivers critique, au programme : slasher v\u00e9nitien, fable macabre au c\u0153ur de la campagne britannique et science-fiction complotiste.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Men |  Official Teaser Trailer HD | A24\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/HKJ4Thgk1Js?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><em><strong>Men <\/strong><\/em>de Alex Garland (comp\u00e9tition internationale)<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque Harper annonce vouloir divorcer de son mari, elle subit la col\u00e8re de ce dernier. Apr\u00e8s les menaces, le chantage affectif et les violences, il finit par se suicider, laissant Harper d\u00e9vast\u00e9e. C\u2019est pour se reconstruire qu\u2019elle loue une maison de campagne et part s\u2019y isoler. Le repos de Harper ne sera que de courte dur\u00e9e. Elle fait face aux habitants de cet \u00e9trange village, tous plus oppressants les uns que les autres. Quand un homme nu apparait dans son jardin et tente de forcer l\u2019entr\u00e9e, Harper comprend que ces \u00e9tranges hommes peuplant le village veulent se d\u00e9barrasser d\u2019elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Montrant la masculinit\u00e9 toxique sous plusieurs angles\u2009; d\u2019abord, \u00e0 travers le mari abusif, ensuite \u00e0 travers les multiples habitants du village \u2013 tous incarn\u00e9s Rory Kinnear pour accentuer le l\u2019\u00e9touffement masculin que subit Harper, Alex Garland signe un film dystopique jouant avec les codes du <em>folk horror<\/em>. Alternant r\u00e9guli\u00e8rement entre thriller et horreur, <em>Men <\/em>parvient \u00e0 garder un rythme efficace et \u00e0 captiver les spectateur\u00b7rices, malgr\u00e9 quelques clich\u00e9s dans le r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9ussissant son pari de film d\u2019horreur, <em>Men<\/em> pose en revanche probl\u00e8me dans sa volont\u00e9 de critiquer les relations de genres. Garland passe tellement de temps \u00e0 d\u00e9peindre les diff\u00e9rents hommes du village, qu\u2019ils deviennent les protagonistes principaux du film, asphyxiant davantage la place de Harper. Malgr\u00e9 la volont\u00e9 du r\u00e9alisateur de critiquer les repr\u00e9sentations genr\u00e9es des personnages, le film ne parvient pas \u00e0 r\u00e9ellement attaquer les st\u00e9r\u00e9otypes et se contente de quelques sc\u00e8nes montrant Harper refusant de se soumettre \u00e0 son mari ou au pasteur du village. Ces quelques envol\u00e9es \u00ab\u2009f\u00e9ministes\u2009\u00bb du r\u00e9cit, au milieu d\u2019une mise en sc\u00e8ne manquant cruellement d\u2019empathie et d\u2019int\u00e9r\u00eat envers sa protagoniste principale, paraissent d\u00e8s lors assez grotesques. En cela, <em>Men<\/em> d\u00e9montre bien qu\u2019il y a encore du chemin \u00e0 faire avant que les r\u00e9alisateurs ne parviennent \u00e0 th\u00e9matiser les rapports de genre \u00e0 travers d\u2019autres moyens que, ou l\u2019exacerbation caricaturale ou le traitement de surface minimaliste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alex<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/07\/11_SOMETHING-IN-THE-DIRT-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1317\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/07\/11_SOMETHING-IN-THE-DIRT-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/07\/11_SOMETHING-IN-THE-DIRT-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/07\/11_SOMETHING-IN-THE-DIRT-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/07\/11_SOMETHING-IN-THE-DIRT-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/07\/11_SOMETHING-IN-THE-DIRT.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><em><strong>Something in the Dirt<\/strong><\/em> de Justin Benson &amp; Aaron Moorhead (comp\u00e9tition internationale)<\/p>\n\n\n\n<p>Si le covid semble s&rsquo;en \u00eatre all\u00e9 et que le festival a repris une envergure joyeuse et sans contraintes de places, de masques ou de s\u00e9ances en ligne, son impact est encore bien visible, en particulier dans le film <em>Something in the Dirt<\/em>, du duo Justin Benson et Aaron Moorhead. Ces deux r\u00e9alisateurs sont des habitu\u00e9s du NIFFF depuis leur premier film <em>Resolution<\/em> en 2012, et en parall\u00e8le de leur travail sur la s\u00e9rie de Disney <em>Moonknight<\/em>, pr\u00e9sentent cette ann\u00e9e leur nouveau film, tourn\u00e9 durant le confinement.<\/p>\n\n\n\n<p>Les stigmates les plus \u00e9vidents sont le nombre r\u00e9duit d&rsquo;acteurs, eux-m\u00eames plus quelques rares autres personnes ajout\u00e9es au montage, le lieu, leur r\u00e9el appartement de Los Angeles, et la sobri\u00e9t\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne. Mais c&rsquo;est par le traitement de son sujet que le film capture l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Levi Danube, barman d\u00e9sabus\u00e9, emm\u00e9nage dans son nouvel appartement et fait la rencontre de son nouveau voisin John Daniels, photographe divorc\u00e9. Alors qu&rsquo;ils transportent des meubles, un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange se produit. Fascin\u00e9s, les deux hommes d\u00e9cident de commencer le tournage d&rsquo;un documentaire autour de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui se reproduit de plus en plus fort. Cette qu\u00eate de sens pour comprendre ce qui se passe devant eux se m\u00eale petit \u00e0 petit \u00e0 leurs interrogations personnelles sur leur vie rat\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film joue sur l&rsquo;id\u00e9e du documentaire pour brouiller les niveaux de lecture. M\u00e9langeant ce qui semble \u00eatre a priori la r\u00e9alit\u00e9 du r\u00e9cit et des interviews face cam\u00e9ra, il glisse progressivement vers un patchwork plus \u00e9clectique nous for\u00e7ant \u00e0 questionner chaque image. Transformant les dates en num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, les graines de fruits en code morse, les personnages d\u00e9veloppent une parano\u00efa complotiste cherchant \u00e0 faire sens de tous les signes, et celle-ci nous gagne peu \u00e0 peu dans notre exp\u00e9rience de ce documentaire particulier.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie a vu foisonner sur internet ce type de comportement, cherchant une r\u00e9ponse face au chamboulement de leur quotidien. Et si <em>Something in the Dirt<\/em>, n&rsquo;\u00e9voque pas une seule fois le virus, il n&rsquo;en reste pas moins un t\u00e9moin r\u00e9v\u00e9lateur d&rsquo;une mentalit\u00e9 exacerb\u00e9e par la crise, d\u00e9crivant \u00e0 la foi dans son histoire les d\u00e9rives d&rsquo;une qu\u00eate de sens, et dans sa forme la fragilit\u00e9 du film et du t\u00e9moignage pour juger de la r\u00e9alit\u00e9. Sous sa simplicit\u00e9 impos\u00e9e par les circonstances se cache un film intrigant et original qui saura vous emporter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Baptiste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"VENECIAFRENIA. Tr\u00e1iler Final HD en espa\u00f1ol. Ya en cines.\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/11fXUvBpcAo?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>Veneciafrenia<\/em> <\/strong>de \u00c1lex de la Iglesia (section <em>Ultra Movies<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Durant le Carnaval, cinq Espagnol\u00b7es sont en voyage \u00e0 Venise pour l\u2019enterrement de vie de jeune fille de l\u2019une d\u2019entre elleux. D\u00e8s son arriv\u00e9e, le groupe est confront\u00e9 aux manifestations anti-tourisme de masse, de plus en plus nombreuses dans la cit\u00e9 des Doges. Ce sera ensuite au tour d\u2019un homme \u00e9trange en costume de Rigoletto de tourment\u00e9 les touristes, puis d\u2019un \u00e9trange m\u00e9decin de peste, et ce n\u2019est que le d\u00e9but\u2026 S\u2019en suit une chasse \u00e0 l\u2019homme au milieu de Venise entre les cinq protagonistes et les membres d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te v\u00e9nitienne, bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 mettre un terme \u00e0 la surexploitation touristique de leur ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce Slasher, Alex de la Iglesia, habitu\u00e9 des mises en sc\u00e8nes exub\u00e9rantes et des riches d\u00e9cors, propose un parall\u00e8le entre le tourisme moderne et la peste de Venise\u2009; avec, \u00e0 la place des rats, d\u2019\u00e9normes bateaux de croisi\u00e8res et ses occupant\u00b7es. Si l\u2019arri\u00e8re-fond politique n\u2019est pas d\u2019une grande subtilit\u00e9 et le parall\u00e8le assez st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9, le film n\u2019en demeure pas moins efficace. De la Iglesia nous a d\u00e9j\u00e0 habitu\u00e9 avec d\u2019autres de ses films \u2013 comme dans&nbsp;<em>El d\u00eda de la bestia <\/em>(1995) ou encore dans <em>Balada triste de trompeta<\/em> (2010) \u2013 \u00e0 prendre parti de mani\u00e8re assum\u00e9e. Une mani\u00e8re de souligner le grotesque et la fausse na\u00efvet\u00e9 qui se d\u00e9gagent de ses \u0153uvres. Et <em>Veneciafrenia <\/em>n\u2019y \u00e9chappe pas.<\/p>\n\n\n\n<p>En puisant dans le r\u00e9pertoire et l\u2019imaginaire autour du Carnaval de Venise, le r\u00e9alisateur trouve un terreau id\u00e9al pour son esth\u00e9tique. Bien que les fans des productions les plus grandiloquentes du r\u00e9alisateur seront peut-\u00eatre d\u00e9\u00e7ues de la mise en sc\u00e8ne plus sage, et m\u00eame parfois retenue, de <em>Veneciafrenia<\/em>, le film n\u2019en demeure pas moins radical dans son style sans compromis. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant qu\u2019il soit s\u00e9lectionn\u00e9 au NIFFF&nbsp;2022 dans la cat\u00e9gorie <em>Ultra Movies<\/em>, explorant les formes les plus brutes du cin\u00e9ma fantastique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alex<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Deuxi\u00e8me jour au NIFFF pour nos deux trap\u00e9zistes du multivers critique, au programme : slasher v\u00e9nitien, fable macabre au c\u0153ur de la campagne britannique et science-fiction complotiste.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":1320,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16,5],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1314","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques","9":"category-festivals"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1314","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1314"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1314\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1320"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1314"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1314"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1314"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}