{"id":1306,"date":"2022-07-02T18:35:00","date_gmt":"2022-07-02T16:35:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=1306"},"modified":"2023-03-28T01:08:31","modified_gmt":"2023-03-27T23:08:31","slug":"nifff-jour-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2022\/07\/nifff-jour-1\/","title":{"rendered":"NIFFF, jour 1 : une ouverture tout feu, tout flamme"},"content":{"rendered":"\n[02\/07\/2022]\n\n\n\n<p>Le <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/nifff.ch\/fr\/\" target=\"_blank\">NIFFF&nbsp;2022<\/a> s\u2019est ouvert hier soir \u00e0 Neuch\u00e2tel. Sur 9&nbsp;jours, une centaine de longs et courts m\u00e9trages, des exp\u00e9riences VR et autres conf\u00e9rences autour du cin\u00e9ma fantastique seront propos\u00e9s dans les 5&nbsp;salles et l&rsquo;Open-Air du festival. Retrouvez aujourd\u2019hui (et chaque jour \u00e0 venir) les reviews de Baptiste et Alex, nos deux aventuriers subcosmiques du cin\u00e9ma de genre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"THE ROUNDUP (Lee Sang-yong, KR, 2022)\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/_ck-9QPd3tY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>Le film d&rsquo;ouverture de cette 21<sup>e<\/sup>&nbsp;\u00e9dition du NIFFF, <em>Les Cinq Diables<\/em> de L\u00e9a Mysius (critique ci-dessous), promettait une entr\u00e9e tout en douceur dans le fantastique, glissant les spectateurs doucement dans ce monde \u00e9trange qui va \u00eatre notre quotidien, neuf jours durant. \u00c0 la place, on s&rsquo;est pris une salade de phalanges qui craquent et du surinage poisseux. Projet\u00e9 en apr\u00e8s midi avant le film d&rsquo;ouverture, <em>The Roundup<\/em> de Lee Sang-Young a \u00e9t\u00e9 notre premier contact avec cette \u00e9dition, et il a \u00e9t\u00e9 muscl\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet <em>actioner <\/em>cor\u00e9en d\u00e9passant aujourd\u2019hui la douzaine de millions d&rsquo;entr\u00e9es dans son pays natal \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 en premi\u00e8re Europ\u00e9enne dans la s\u00e9ction <em>Asian Competition<\/em>. Don Lee, star connue \u00e0 l&rsquo;international notamment pour <em>The Eternal<\/em>, y campe un flic cor\u00e9en \u00e0 la carrure d&rsquo;armoire normande, utilisant comme seul arsenal ses deux \u00e9normes poings. Accompagn\u00e9 de son chef au r\u00f4le de side kick humoristique, il part au Vietnam extrader une petite frappe en cavale et se retrouve m\u00eal\u00e9 \u00e0 une sanglante affaire de kidnapping qui d\u00e9rape.<\/p>\n\n\n\n<p>Face aux poings de la justice, la machette du grand m\u00e9chant, camp\u00e9 par un Son Seok-gu suintant magistralement de cruaut\u00e9, va se frayer un chemin d&rsquo;affrontement en affrontement, toujours plus spectaculaire. Les chor\u00e9graphies efficaces accompagn\u00e9es d&rsquo;un sound design, \u00e0 la limite du <em><u>too much<\/u><\/em>, font ressentir visc\u00e9ralement la violence des impacts.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure o\u00f9 les violences polici\u00e8res suscitent de nombreux d\u00e9bats en Occident, le r\u00e9alisateur cor\u00e9en semble ne pas partager ces troubles et expose ici du tabassage de t\u00e9moins, de l\u2019interventionnisme dans des pays \u00e9trangers repr\u00e9sent\u00e9s comme faibles, et de l&rsquo;arrestation plus que muscl\u00e9e. Cette absence de retenue face au crime qui rappelle du Chuck Norris ou du Steven Seageale premi\u00e8re \u00e9poque peut \u00eatre d\u00e9rangeante tant ces repr\u00e9sentations probl\u00e9matiques ont diminu\u00e9e dans le cin\u00e9ma occidental. Un film \u00e0 \u00e9viter donc si cela peut vous indisposer, mais dans le cas ou un <em>Dirty Harry<\/em> moderne vous ferait plaisir pour passer une soir\u00e9e, vous trouverez avec <em>The Roundup<\/em>, un divertissement largement \u00e0 la hauteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le film qui m&rsquo;a le plus marqu\u00e9 hier \u00e9tait un film de deuxi\u00e8me partie de soir\u00e9e, dans la s\u00e9lection <em>Ultra Movie<\/em>, et qui repr\u00e9sente bien celle-ci. Non pas par un contenu violent, mais par sa forme radicale. <em>Everything Everywhere All at Once<\/em>, est le second long m\u00e9trage du duo Dan Kwan &amp; Daniel Scheinert apr\u00e8s le marquant <em>Swiss Army Man<\/em>. On y suit les doutes existentiels et familiaux de Eveyn, g\u00e9rante de laverie jou\u00e9e par Michelle Yeoh, qui vont se transformer en lutte contre un monstre multidimensionnel. V\u00e9ritable puzzle d&rsquo;univers parall\u00e8les jet\u00e9s dans un mixer lanc\u00e9 \u00e0 toute vitesse, le film propose un jeu de variation extr\u00eame sur sa situation initiale, tout en restant claire gr\u00e2ce \u00e0 ses personnages principaux attachants, liant le tout. Les grands th\u00e8mes du film, le destin, la famille, ne sont pas \u00e9clips\u00e9s par l&rsquo;humour et l&rsquo;action, mais s&rsquo;y d\u00e9veloppent et offrent des sc\u00e8nes toujours touchantes.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne et le montage font de cette histoire d\u00e9j\u00e0 color\u00e9e un v\u00e9ritable feu d&rsquo;artifice. Les trouvailles visuelles permettent de comprendre facilement l&rsquo;action qui se d\u00e9roule sous nos yeux, tout en rendant l&rsquo;aspect chaotique de l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue par l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne.<\/p>\n\n\n\n<p>En dire plus serait g\u00e2cher une exp\u00e9rience de cin\u00e9ma qui n&rsquo;attend que vous. Si vous n&rsquo;\u00eates pas allergiques \u00e0 la joyeuse excentricit\u00e9, alors je ne peux que vous encourager \u00e0 tenter l&rsquo;exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Baptiste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"LES CINQ DIABLES Bande Annonce (2022)\" width=\"735\" height=\"413\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/v4lsHOjCacU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p style=\"font-size:17px\"><strong><em>Les Cinq Diables<\/em> <\/strong>de L\u00e9a Mysius (ouverture du festival)<\/p>\n\n\n\n<p>Perch\u00e9e dans un petit village des alpes fran\u00e7aises, tout semble normal dans la vie de la famille Soler, compos\u00e9e de Joanne (Ad\u00e8le Exarchopoulos), maitre-nageuse, son mari pompier Jimmy (Moustapha Mbengue) et leur fille Vicky (Sally Dram\u00e9). Cette derni\u00e8re a du mal \u00e0 s\u2019int\u00e9grer parmi les autres enfants de son village et se r\u00e9fugie dans une activit\u00e9 peu commune. \u00c0 l\u2019aide de diff\u00e9rents objets qu\u2019elle trouve durant sa journ\u00e9e, elle concocte des parfums, qu\u2019elle classe soigneusement \u00e0 l\u2019aide d\u2019\u00e9tiquettes, recr\u00e9ant ainsi les odeurs de son quotidien et notamment celle de sa m\u00e8re ador\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui semble \u00eatre un simple don olfactif s\u2019av\u00e8re \u00eatre un v\u00e9ritable pouvoir surnaturel lorsque Julia, la s\u0153ur de Jimmy, d\u00e9barque dans la famille. Vicky sent que la venue de sa tante n\u2019est pas bien vue par sa m\u00e8re et met en p\u00e9ril l\u2019\u00e9quilibre familial. Elle commence alors de fouiller et sentir les affaires de Julia. Le m\u00e9lange des odeurs de Julia et de sa m\u00e8re projette la fillette dans leur pass\u00e9e, au moment o\u00f9 les deux femmes se sont rencontr\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Alternant ainsi, entre deux temporalit\u00e9s, le r\u00e9cit se construit petit \u00e0 petit, \u00e9clairant les tabous de la famille \u00e0 la lumi\u00e8re des souvenirs visit\u00e9s par Vicky. Il ne s\u2019agit cependant pas de deux r\u00e9alit\u00e9s bien distinctes et herm\u00e9tiques. La jeune fille, lors de ses voyages dans le pass\u00e9 de ses parents, peut interagir avec Julia adolescente. Ce sont d\u2019ailleurs les apparitions de la fillette qui vaudront la r\u00e9putation de folle \u00e0 Julia et causeront le drame familial. Ce dispositif permet habilement \u00e0 Vicky de rentrer dans l\u2019intimit\u00e9 familiale et de questionner sa place en son sein.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9alisatrice L\u00e9a Mysius s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 distingu\u00e9e en tant que r\u00e9alisatrice pour son premier long-m\u00e9trage <em>Ava<\/em> (2017) et en tant que sc\u00e9nariste, notamment pour <em>Les Olympiades<\/em>\u2009(Jaques Audiard, 2021) ou <em>Des \u00e9toiles \u00e0 midi<\/em>\u2009(Claire Denis, 2022). S\u00e9lectionn\u00e9 en tant que film d\u2019ouverture du NIFFF&nbsp;2022, <em>Les Cinq Diables<\/em>\u2009est un tr\u00e8s bon repr\u00e9sentant du fantastique contemporain promu par le festival. M\u00ealant drame, film d\u2019autrice et film de genre, le film de L\u00e9a Mysius r\u00e9ussit le pari de repenser le r\u00f4le du fantastique, qui devient le moteur du r\u00e9cit. Loin d\u2019un fantastique source de conflit, il est au contraire de recr\u00e9er les liens perdus et de briser les non-dits familiaux. Un fantastique de recr\u00e9ation donc, ou de r\u00e9paration (m\u00eame s\u2019il ne laisse pas les personnages intacts) d\u2019une histoire personnelle, tue ou perdue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alex<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le NIFFF\u00a02022 s\u2019est ouvert vendredi 1er juillet \u00e0 Neuch\u00e2tel. Retrouvez les critiques de Baptiste et Alex, nos deux aventuriers du cin\u00e9ma de genre.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":1307,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16,5],"tags":[],"class_list":{"0":"post-1306","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques","9":"category-festivals"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1306","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1306"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1306\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1307"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1306"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1306"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1306"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}