{"id":1240,"date":"2022-02-23T08:13:00","date_gmt":"2022-02-23T07:13:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/?p=1240"},"modified":"2023-03-28T01:11:41","modified_gmt":"2023-03-27T23:11:41","slug":"maigret-critique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/2022\/02\/maigret-critique\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Maigret\u00a0\u00bb &#8211; Critique"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/05\/10C0FEA0-3189-4561-8BFFD7FFDE3A1F37_source-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1241\" srcset=\"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/05\/10C0FEA0-3189-4561-8BFFD7FFDE3A1F37_source-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/05\/10C0FEA0-3189-4561-8BFFD7FFDE3A1F37_source-300x169.jpg 300w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/05\/10C0FEA0-3189-4561-8BFFD7FFDE3A1F37_source-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/05\/10C0FEA0-3189-4561-8BFFD7FFDE3A1F37_source-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/files\/2022\/05\/10C0FEA0-3189-4561-8BFFD7FFDE3A1F37_source.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Path\u00e9 Films \/ Pascal Chantier<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Stupeur froide<\/h4>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">G\u00e9rard Depardieu enfile l\u2019imperm\u00e9able du commissaire pour une enqu\u00eate confrontant un Maigret cr\u00e9pusculaire \u00e0 la jeunesse de l\u2019apr\u00e8s-guerre. Un petit long-m\u00e9trage qui peine \u00e0 trouver son rythme entre \u00e9nigme polici\u00e8re et pure atmosph\u00e8re simenonienne.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e8s de soixante ans apr\u00e8s sa derni\u00e8re apparition au cin\u00e9ma, sous les traits de Jean Gabin, le h\u00e9ros \u00e0 la pipe, cr\u00e9\u00e9 en 1931 par le Belge Georges Simenon, revient sur le grand \u00e9cran. Dans cette nouvelle adaptation, le commissaire du 36 quai des Orf\u00e8vres apparait \u00e9puis\u00e9 par les ann\u00e9es, sans app\u00e9tit et priv\u00e9 de tabac par son m\u00e9decin. Lorsqu\u2019une jeune victime non identifi\u00e9e est retrouv\u00e9e lard\u00e9e de cinq coups de couteau dans un parc de la capitale, Maigret, en charge de l\u2019enqu\u00eate, voit une part de son histoire personnelle resurgir.<\/p>\n\n\n\n<p>En s\u2019attelant \u00e0 cette adaptation tr\u00e8s libre du roman <em>Maigret et la jeune morte<\/em> (1954), le r\u00e9alisateur Patrice Leconte (<em>Les Bronz\u00e9s<\/em> et ses suites, <em>Monsieur Hire<\/em>, adaptation int\u00e9ressante de Simenon) r\u00e9veille une figure monumentale, dans tous les sens du terme. Personnage adul\u00e9 par les un\u00b7es (avec pour chacun\u00b7e un interpr\u00e8te favori, voire in\u00e9galable), ic\u00f4ne poussi\u00e9reuse pour les autres (sans doute lass\u00e9s par les multiples rediffusions de ses adaptations t\u00e9l\u00e9visuelles), il est difficile de mettre en sc\u00e8ne Maigret sans un com\u00e9dien \u00e0 la hauteur du r\u00f4le. On ne peut alors que saluer le choix de G\u00e9rard Depardieu, autre figure monumentale, pour incarner le commissaire, d\u00e9crit comme bovin par son cr\u00e9ateur. On peine d\u2019ailleurs \u00e0 imaginer Daniel Auteuil, un temps pressenti, camper le r\u00f4le-titre, tant la star de <em>Cyrano de&nbsp;Bergerac<\/em> s\u2019impose en Maigret franchouillard et paternaliste, m\u00eame s\u2019il semble parfois en sous-r\u00e9gime.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une sale affaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Devant le film, on regrette toutefois que cette bonne id\u00e9e de casting ne soit pas au profit d\u2019un sc\u00e9nario subtil et inventif. En effet, \u00e0 trop vouloir miser sur son h\u00e9ros et son interpr\u00e8te, Patrice Lecomte et J\u00e9r\u00f4me Tonnerre, son cosc\u00e9nariste, oublient de proposer une enqu\u00eate digne de ce nom. D\u00e8s l\u2019ouverture du film, nous sommes confront\u00e9s \u00e0 des personnages qui deviendront rapidement nos principaux suspects pour la simple et bonne raison qu\u2019il n\u2019y en aura pas d\u2019autres. Impossible pour les spectateur\u00b7rices de sortir de leur \u00e9tat passif face au film. Ce n\u2019est pas non plus la recherche du mobile du crime qui changera cela, tant la r\u00e9solution de l\u2019enqu\u00eate, qui diverge de celle du roman, semble \u00e0 la fois d\u00e9nu\u00e9e de surprise et hors de propos avec ses meurtriers sexuellement d\u00e9viants. Ajoutons que le film semble traiter, de fa\u00e7on passablement douteuse, le lesbianisme comme une perversion. On se serait content\u00e9 de son discours sur les classes sociales.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette intrigue fastidieuse, l\u2019on pourrait consid\u00e9rer qu\u2019apr\u00e8s tout Simenon lui-m\u00eame n\u2019accordait que peu d\u2019importance aux enqu\u00eates pour se focaliser sur l\u2019atmosph\u00e8re d\u00e9gag\u00e9e par ses histoires. Une ambiance que Patrice Leconte tente de recr\u00e9er tout au long du film. Avec succ\u00e8s lorsqu\u2019il reconstitue le mythique 36 en studio, mais beaucoup plus difficilement lorsqu\u2019il ne peut compter sur d\u2019importants d\u00e9cors pour d\u00e9tourner notre attention des dialogues qui, bien qu\u2019agr\u00e9able \u00e0 l\u2019oreille, restent narrativement pauvres. C\u2019est l\u00e0 que Leconte et Tonnerre \u00e9chouent \u00e0 transposer l\u2019\u00e9criture simenonienne, marqu\u00e9e par de nombreux dialogues aux r\u00e9pliques concises, dans le m\u00e9dium cin\u00e9matographique. Certains \u00e9changes semblent uniquement surligner ce qui est vu plus t\u00f4t, si ce n\u2019est \u00e0 l\u2019instant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Cin\u00e9ma cin\u00e9ma<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aux dialogues plats s\u2019ajoute une mise en abyme relativement grossi\u00e8re qui semble pourtant passionner le cin\u00e9aste. Qu\u2019elle soit explicite (l\u2019amie de la victime est une starlette \u00e0 qui Maigret rend visite dans les historiques studios de Boulogne-Billancourt) ou implicite, les r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques du film nous rejettent constamment au dehors de sa narration. Un arc entier est d\u2019ailleurs emprunt\u00e9 \u00e0 <em>Sueurs froides<\/em> d\u2019Alfred Hitchcock lorsque Maigret projette la personnalit\u00e9 et les comportements de la victime sur une jeune d\u00e9linquante qu\u2019il finira par fa\u00e7onner \u00e0 l\u2019image de la disparue. Une citation imposante dans laquelle le film se prend les pieds, au point de ne plus savoir quoi en faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Au final, nous ne pouvons que regretter que l\u2019imposant concept du film, \u00ab\u00a0Depardieu est Maigret\u00a0\u00bb, ne soit jamais transcend\u00e9 au cours de l\u2019heure et demie, g\u00e9n\u00e9rique compris, d\u2019enqu\u00eate. \u00c0 d\u00e9faut de marquer par son histoire ou son Maigret tortur\u00e9, on retiendra de l\u2019adaptation de Patrice Leconte la pr\u00e9sence de Jade Labeste, jeune com\u00e9dienne r\u00e9ussissant \u00e0 tirer son \u00e9pingle du jeu, que l\u2019on esp\u00e8re retrouver bient\u00f4t sur nos \u00e9crans.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Yann Schlaefli<\/strong> (23\/02\/2022)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>G\u00e9rard Depardieu enfile l\u2019imperm\u00e9able du commissaire pour une enqu\u00eate confrontant un Maigret cr\u00e9pusculaire \u00e0 la jeunesse de l\u2019apr\u00e8s-guerre. Un petit long-m\u00e9trage qui peine \u00e0 trouver son rythme entre \u00e9nigme polici\u00e8re et pure atmosph\u00e8re simenonienne.<\/p>\n","protected":false},"author":1001228,"featured_media":1241,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[4,16],"tags":[9,24,33,80,197,13,196,195],"class_list":{"0":"post-1240","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-articles","8":"category-critiques","9":"tag-cinema","10":"tag-cinema-2","11":"tag-critique","12":"tag-culture","13":"tag-depardieu","14":"tag-film","15":"tag-leconte","16":"tag-maigret"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1240","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001228"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1240"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1240\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1241"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1240"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1240"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.asso-unil.ch\/cineclub\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1240"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}