À la recherche du temps perdu : « courir après des fantômes »

L’OrPhi a le plaisir de vous inviter à sa première présentation du semestre ! Celle-ci sera donnée par Jonathan Geiser le mardi 16 octobre, c’est Marcel Proust qui sera à l’honneur en ce début d’automne. Ne manquez pas cette occasion de faire enfler votre intellect et de partager avec nous un moment agréable, presque festif après la présentation. Discussion, partage, débat et petit apéro seront au rendez-vous. La conférence a lieu en salle 3174 de l’Anthropole.
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Dans chaque recoin de notre chère langue Française, on trouve dissimulés derrière quelques concepts arrogants, des résidus essoufflés de mythologie. Liberté, esprit, âme, religion, ne sont qu’une poignée d’exemples parmi la multitude de ces abysses avec lesquels trop facilement, on donne du relief à une aberration. Parures de l’aporie, ces concepts agissent comme par magie en conférant à n’importe quel énoncé cette allure d’importance, cet air dramatisant d’autorité qui mette tout le monde d’accord et qui peut être, atteint le paroxysme de son efficacité dans l’expression vocale, et sincèrement affectée du mot amour.

Concept explosif que celui d’amour, contagieux. Une légende raconterait même qu’on y aurait glissé l’univers (…) deux fois ! Big bang de la sémantique, conciliateur d’antinomies, l’amour est philia, éros, ying et yang, beurre et argent du beurre… De la copulation au pudding de grand mère, il est l’ingrédient qui a toujours manqué, manque encore et manquera toujours à tous ceux qui, perplexes, résistent à définir le sens de leurs vies avec un seul mot…

Car si la destruction du concept est chose aisée, la reconstruction de ce qu’il renferme s’avère être une entreprise disons, un peu plus ambitieuse… Heureusement donc, pour tous les destructeurs en manque d’inspiration, qu’il existe des œuvres comme La Recherche du temps perdu. Car au-delà de son labyrinthe de longues phrases, derrière son illustre madeleine égotique ou par-dessus tout autre lieu commun que sa réception a bien voulu lui associer, La Recherche suggère, entre bien d’autres choses, un témoignage sur la condition humaine qui précisément, apparaît au travers d’une analyse originale de ces univers multiples et variés, cachés derrière le mot amour.

Une analyse que je me propose d’utiliser comme axe thématique afin d’introduire à cette œuvre qui, de par son statut de monument de la littérature française, est trop souvent laissée loin de soi, dans cette catégorie bien large remplie d’objets savants qu’à un moment ou à un autre, « il faudra bien qu’on lise ». Ainsi, tout en m’appuyant sur La Recherche en vue d’interroger le concept d’amour, j’essaierai en retour de m’appuyer sur cette interrogation afin de ramener vers l’intimité une œuvre dont l’auteur voulait qu’elle aide ses lecteurs à « être les propres lecteurs d’eux-mêmes ».
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Nous nous réjouissons de vous y retrouver nombreuses et nombreux !

Le comité de l’OrPhi.

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