Quel profil pour travailler au CICR ? (03/05/2016)

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Madame Katarzyna Nalband est venue ce mardi 3 mai 2016, nous parler du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), où elle travaille aux ressources humaines. Depuis sa création en 1863 à l’initiative d’Henry Dunant, le CICR a pour objectif de protéger et d’assister les victimes de conflits armés et de situations de violence. La Croix-Rouge est présente dans plus de 80 pays.

Mme Nalband nous a ainsi expliqué les principales activités du CICR, ainsi que les différentes manières d’intégrer l’organisation.

Le CICR répond au problème d’accès à la nourriture en faisant en sorte que les populations touchées par un conflit armé puissent, dans un premier temps, se nourrir, mais aussi de redevenir indépendant, notamment en relançant les activités agricoles ou autres activités génératrices de revenu. L’assistance peut également consister en bien de première nécessité tel que couvertures, articles d’hygiène ou ustensiles de cuisine. Il est important d’évaluer des besoins de la population locale et augmenter ses capacités. Par exemple, le CICR fourni de la farine, afin que les boulangers puissent produire eux-mêmes du pain qui sera ensuite distribuer à la population.

L’aide de nutritionnistes est nécessaire pour évaluer les besoins et les habitudes alimentaires de ces populations pour leur fournir une aide alimentaire adaptée.

Un accès à l’eau potable est primordial, cela passe notamment par la construction de puits ou la réhabilitation de stations de purification des eaux usées.

Les ingénieurs de la Croix-Rouge ont donc un rôle prépondérant pour cette mission, par leur travail d’équipe et l’aide des populations locales encore une fois. Des compétences de leadership et de gestionnaire sont aussi fortement recommandées afin de superviser ces travaux.

Le CICR ne peut se passer d’un service logistique. Des questions comme « quel matériel est nécessaire ? » et « où acquérir ce matériel et comment l’acheminer à destination ? » sont essentielles et doivent être résolues par des logisticiens. Par exemple, dans certaines régions du Népal il a fallu acheminer le matériel nécessaire à dos d’ânes, les routes inexistantes.

Un des rôles principaux du CICR est la protection des populations. Pour ce faire, le CICR travaille notamment dans les prisons afin d’examiner les conditions de détention des prisonniers de guerre et des détenus civils. Les délégués peuvent ainsi évaluer s’ils ont accès à suffisamment de nourriture, à une cour, à des sanitaires, etc.). Ensuite, ils transmettent leurs constatations aux autorités de la prison dans un premier temps, et remontent la hiérarchie si les dialogues n’aboutissent pas. Le CICR ne transmet pas ces informations à la presse, sauf si les autorités refusent de collaborer, cela peut mener à une déclaration publique (cas exceptionnel).

Pour les détenus, rester en contact avec leur famille n’est pas toujours facile, c’est pourquoi les délégués du CICR leur mettent à disposition un service de Message Croix-Rouge qui sont ensuite délivrés auprès des leurs familles par un réseau des volontaires. En 2014, 11000 messages de la Croix-Rouge, en lien avec la détention, ont été envoyés ainsi que 470000 appels pour les familles.

Le CICR permet également de réunir des familles séparées à cause de situations de conflits armés. La Croix-Rouge n’oublie pas non plus les personnes disparues (« The Missing »). Le CICR fait appel à des médecins légistes pour ce type d’activités.

L’emblème de la Croix-Rouge (et du Croissant-Rouge) est reconnu à l’international. C’est avant tout afin que dans un conflit les équipes de secouristes ne soient pas attaquées. Une de mission du CICR est donc faire connaître ce symbole, notamment aux militaires, pour ne pas compromettre les missions du CICR.

Chaque délégué se doit de faire connaître l’emblème et les activités du CICR, les compétences de communication et linguistiques sont donc primordiales.

 Intégrer le CICR ?

Pour intégrer le CICR en tant que délégué, plusieurs conditions sont à respecter :

  • Avoir plus de 25 ans.
  • Savoir parler anglais et français couramment, d’autres langues sont les bienvenues.
  • Être titulaire d’un bachelor ou équivalent.
  • Avoir le permis de conduire.
  • Deux ans d’expériences professionnelles après bachelor (les stages sont pris en compte pour moitié).
  • Être prêt à partir sur le terrain pour deux missions de un an chacune (sans famille donc).

Plusieurs atouts peuvent appuyer une candidature :

  • Avoir effectué un stage au CICR.
  • Parler des langues supplémentaires (au niveau C1 au moins), comme l’arabe, l’espagnol ou le russe.
  • Avoir une expérience dans une ONG ou des projets de société civile (association…)

Enfin, une certaine maturité est une condition sine qua non, car un délégué fait face à des situations difficiles, souvent imprévues.

Quel est le processus de recrutement ?

Il faut noter que le CICR n’accepte pas de candidatures spontanées, il faut nécessairement passer par les annonces de postes disponibles sur le site internet (https://www.icrc.org/fr/qui-nous-sommes/travailler-pour-le-cicr). Une première évaluation des dossiers a tout d’abord lieu, ainsi qu’un premier test oral de langue d’environ dix minutes chacun.

Après cette étape, il y a un entretien de présélection (avec évaluation technique pour les ingénieurs par exemple…) ainsi que des tests de langue plus poussés.

Enfin, lors d’une journée de recrutement à Genève, on évalue les soft skills des candidats (quelle place dans le groupe, quelles capacités de négociation, etc.)

Toutes ces étapes sont nécessaires pour évaluer la solidité de la candidature afin de juger l’aptitude du candidat à effectuer de longues missions sur le terrain, qui peuvent s’avérer très stressantes.

À savoir qu’il y a environ 70 places de stage par an à Genève (pas de terrain), cela pendant une période de 6 à 12 mois. Ceux-ci sont rémunérés et accessibles après bachelor. L’anglais et le français sont nécessaires et d’autres langues sont toujours utiles.

N’hésitez pas à aller sur le site régulièrement afin de ne pas manquer une opportunité (celles-ci partent très vite).

Nous remercions madame Nalband pour toutes ces riches informations, nous savons qu’elle en a motivé plus d’un à travailler au CICR.