La décroissance, une solution alternative à la crise? (07/10/2014)

La décroissance - une solution alternative à la crise?

Le 7 octobre 2014, l’association Mosaïque a eu le plaisir d’accueillir en collaboration avec l’association Unipoly, Monsieur Dominique Bourg, Professeur associé à l’UNIL dans la faculté des Géosciences et de l’Environnement, et Monsieur Philippe Thalmann, Professeur associé à l’EPFL en économie du climat, de l’environnement et du développement durable, venus nous faire part de leurs différentes perspectives face à un mouvement de plus en plus présent dans l’actualité politico- économique, celui de la Décroissance.

 

Devant une salle comble, Dominique Bourg a ouvert la conférence en présentant un rappel historique des précédents mouvements écologiques. Les premières tentatives pour surmonter les problèmes d’environnement remontent à 1972, lors d’une conférence de l’ONU à Stockholm. Monsieur Bourg nous met alors face à une réalité bien inquiétante: depuis une quarantaine d’années dont on se soucie des questions d’environnement, on ne peut que constater que la situation s’est largement dégradée. En effet, la répartition des richesses sur Terre n’a jamais été aussi inégale qu’à ce jour. D’autant plus, la limite de dangerosité fixée pour les émissions de gaz à effet de serre a déjà été nettement dépassée. Il est hélas, a-t-il affirmé, « déjà trop tard pour parler de développement durable » .

Dans un deuxième temps, Monsieur Bourg nous a remémoré différents épisodes de décroissance de l’Histoire, tel que le cas de Cuba après la fin de l’empire soviétique. Il s’agit à l’heure actuelle de sortir du système industriel tel qu’on le connaît aujourd’hui, d’opter pour un mode de vie moins dispendieux, afin de préserver nos capacités de production et garantir un gain plus fondamental qui prend en compte les enjeux de long terme. La première présentation s’est conclue en suspens sur les interrogations suivantes: de quelle décroissance doit-on parler, quel projet adopter, et pour quelle société?

Après cette fascinante première intervention, la réponse de Philippe Thalmann, a été très attendue par l’audience. Sa présentation a été introduite par la démonstration du paradoxe de la croissance économique selon lequel le PIB n’a nul besoin d’être élevé pour garantir la satisfaction dans la vie des individus, cependant la croissance économique est nécessaire pour maintenir le plein-emploi. Afin de résoudre ce paradoxe, deux solutions se présentent. La première est de donner priorité au courtterme malgré le long terme, et la seconde est de chercher les équilibres autrement que par la croissance économique. Diverses pistes alternatives sont alors proposées, dont la réorientation des gains de productivité vers une économie de ressources naturelles et non du travail; le partage des revenus; l’augmentation des services, ou encore l’augmentation du PIB en diminuant l’utilisation des ressources naturelles, mouvement plus connu sous le terme de « croissance verte ». Monsieur Thalmann a alors conclu en rappelant que la nécessité est d’améliorer la qualité de vie et non forcément la prospérité économique. Enfin, pour qu’un arrêt réel de la croissance soit viable, il est, a-t-il affirmé, inévitable de passer par une complète ré-invention des institutions

Laissant ouvert le débat, les deux intervenants ont chaleureusement poursuivi les discussions autour d’un apéritif des plus délicieux offert par Unipoly.