« Métier sans frontières » de Monsieur Francis Cousin (22/11/2016)

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En collaboration avec Foraus-Lausanne, l’Association Mosaïque a eu l’honneur de recevoir Monsieur Francis Cousin pour une conférence-midi le 22 novembre 2016. Monsieur Cousin est venu faire une présentation de son livre Métier sans frontières, il nous a parlé du métier de diplomate.

Monsieur Cousin a travaillé au Département des Affaires étrangères pendant près de 40 ans. Il y a tout d’abord œuvré au sein de la filière consulaire avant de passer dans la filière diplomatique. À travers ses nombreux voyages, Monsieur Cousin nous a fait découvrir le métier qu’il a exercé pendant 37 ans, celui de diplomate. Fort de son expérience personnelle, il nous a livré un témoignage poignant, riche en anecdotes.

Voici la partition de son exposé :             

  • En quoi consiste le métier ?
  • Comment la carrière se déroule ?
  • Le cahier des charges
  • Les moments forts et les contraintes
  • L’évolution du métier 

En quoi consiste le métier ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’il y a plusieurs métiers aux Affaires étrangères. On peut en distinguer deux types :

  • Les services généraux : ce sont ceux qui restent en Suisse, pour assurer le fonctionnement du siège.
  • Les agents transférables : ça peut être les assistants administratifs, la filière consulaire, les diplomates et les coopérants.

C’est sur ce second groupe que Monsieur Cousin a choisi de cibler son propos.

Comment la carrière se déroule ?

Il faut savoir que c’est une carrière très hiérarchisée au même titre que l’armée. Il faut compter 15 à 20 ans pour arriver en haut de l’échelle, pour devenir ambassadeur.

Quand des postes pour telle ou telle mission sont mis au concours, il n’y a qu’une place pour une région et plusieurs personnes postulent. On ne choisit donc pas forcément où on sera envoyé. Cependant la connaissance particulière d’une langue ou d’une culture peut nous favoriser et augmenter nos chances d’aller dans une région qui nous est familière.

Il faut également savoir qu’il y a une règle que l’on appelle la discipline des transferts : Si on nous dit d’aller quelque part, il faut y aller sans refuser. On attend qu’on aille où on nous demande d’aller.

Cahier des charges

Il y a 5 fonctions selon la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques du 18 avril 1961.

  1. Représenter
  2. Protéger
  3. Négocier
  4. S’informer
  5. Promouvoir

Selon la partie du monde où l’on se trouve, le travail va changer. Par exemple en Europe, les discussions tourneront surtout autour des relations entre la Suisse et l’Union Européenne. Si l’on se trouve dans un pays émergeant, le volet économique ou la politique de développement seront des sujets prépondérants. Le travail des diplomates et des chefs de mission est intimement lié aux enjeux de la région à laquelle ils ont été affectés.

Monsieur Cousin relève également l’importance des assistants administratifs sans lesquels aucune ambassade ne fonctionnerait bien. Une solide base administrative sur laquelle les diplomate peuvent s‘appuyer est absolument nécessaire.

Le métier de diplomate est plutôt généraliste car il requiert uniquement une formation universitaire complète. Cependant suivre des études de Science politique, Droit ou Economie, qui nous apportent des connaissances spécifiques, peut être un avantage. Aussi, la connaissance d’une langue peut nous aider à être envoyé dans un pays où on parle cette langue.

Pour exemple, Monsieur Cousin a commencé à travailler à Madrid, puis à Caracas. Il a donc entamé sa carrière dans des régions hispanophones avant de visiter d’autres pays.

Les moments forts et les contraintes

C’est un métier qui permet de découvrir un pays au-delà du tourisme : On y est immergé pendant plusieurs années.

Hors des frontières européennes, il arrive que l’on soit régulièrement témoin de situations extraordinaires (catastrophes naturelles, remous politiques etc.), situations auxquelles on n’est pas habitués. Il faut être prêt à avoir des chocs culturels et émotionnels.

Il faut savoir que c’est une vie de nomade : on change de domicile chaque 3-4 ans, c’est-à-dire qu’il y aura un changement d’environnement, de culture, de langue etc. La vie n’est plus vraiment un long fleuve tranquille. 

L’évolution du métier

La fonction de négociation a perdu en importance. A l’époque, le diplomate s’en occupait beaucoup mais à présent les fonctionnaires des sièges se déplacent d’avantage. Même si le diplomate accompagne et suit tout de même les dossiers, il y a le risque de voir se développer une diplomatie parallèle, au sein des départements fédéraux spécialisés, ce qui pose un défi de coordination. Le diplomate aujourd’hui a plutôt un rôle de représentation (faire des contacts, aiguiller les personnes qui arriveront plus tard etc.).

Les fonctions d’observation (s’informer) et de promotion (protéger les intérêts) restent néanmoins très actuelles.

 

Conclusion

Monsieur Cousin nous a confié avoir choisi ce métier en raison de sa soif de connaître le monde et de son intérêt pour les questions Nord-Sud. Il a su nous transmettre un échantillon de son incroyable expérience professionnelle et personnelle ! Nous avons tous été touchés par le côté humain de son métier. La présentation s’est terminée avec un échange de questions-réponses entre Monsieur Cousin et une salle remplie d’étudiants désireux d’en savoir plus sur le métier de diplomate.

Nous remercions chaleureusement Monsieur Cousin pour sa présence et sa gentillesse et Foraus-Lausanne pour cette belle collaboration !

Nous remercions également les nombreux participants à cette conférence !

Plus d’infos :

« Métier sans frontières » de Monsieur Francis Cousin

Département fédéral des Affaires étrangères

Foraus

 

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Oscar Doval, Francis Cousin, Simon Stückelberger, Oranne Corelli