A propos

Face aux crises écologiques, économiques, énergétiques et sociales, comment construire une société résiliente ? C’est autour de cette question que le Laboratoire des Modes de Vies Durables et Alternatifs, une association étudiante active à l’UNIL, a imaginé un projet d’éco-lieu et laboratoire habité sur le campus Dorigny.

Ce projet, fruit d’une collaboration entre les membres de l’association et Catherine Nachbar et Loïc Bernet, architectes EPFL, est une ébauche peinte sans contrainte et représentant la vision et le désir profond de LaMoViDA de modifier le futur et d’étendre le champ des possibles de la recherche.

Un projet aux multiples facettes

Il s’agit d’un projet à facettes multiples : un lieu d’habitation, d’étude et d’apprentissage et un laboratoire. En somme, un éco-lieu vivant, réunissant un large panel de solutions innovantes, alternatives et durables.

En tant que lieu d’habitation, il sera un défi architectural et urbanistique, soulevant par lui-même les questions de durabilité dans le bâti et dans les modes de vie et de consommation quotidiens et individuels.

En tant que lieu d’étude et d’apprentissage, les chercheurs, les habitants, les étudiants et les visiteurs y découvriront et y développeront des techniques, technologies et modes de vie durables et alternatifs.

En tant que laboratoire, les chercheurs de l’UNIL et de l’EPFL pourront y étudier aussi bien les techniques et technologies que les usages et les dynamiques sociales, couvrant ainsi de nombreuses disciplines. Ce terrain commun facilitera les échanges entre celles-ci de manière à encourager une approche interdisciplinaire et stimulante.

L’éco-lieu se présentera comme un Hub de la durabilité. Entre vitrine du campus durable et lieu de vie interactif, entre centre de recherche et modèle d’innovation, il présentera ses différentes facettes au monde de la recherche et au-delà, reliant la société et l’académie autour de questions communes.

Architecture et développement

Le site envisagé pour accueillir le projet se situe sur le campus Dorigny, au Sud du Biophore. L’éco-lieu se mettra en place par étapes afin de grandir progressivement, d’apprendre de son expérience et de s’ajuster aux contraintes dans une démarche bottom-up et inclusive.

Le développement se fera en 5 phases :

  1. Foodcoop et salle polyvalente : LaMoViDA transformera une des deux villas pré-existantes en une permanence et une foodcoop, qui permettra le développement de la suite du projet.
  2. Atelier : construit sur le parking sous le Biophore et ouvert à tous, il sera un centre de réparation, invention, recyclage et stockage de matériaux récupérés. Par la suite, des éléments de construction et du mobilier pour l’éco-lieu y seront élaborés.
    Pavillons : ils seront construits et habités afin de tester des méthodes et matériaux de construction durables, de même qu’étudier les modes d’habitation sur des surfaces réduites.
  3. Surélévation de la villa : la rénovation et la surélévation de la deuxième villa étudiera une problématique propre aux zones périurbaines suisses : la faible densité et l’étalement urbain ainsi que les solutions envisageables.
  4. Le Laboratoire : il sera constitué de deux bâtiments d’habitation et de recherche qui seront exemplaires écologiquement, conçus selon des principes bioclimatiques et construits avec des matériaux à faible énergie grise. Ils parleront, par leur esthétique, d’écologie. Tous les éléments techniques se montreront en façade-: réacteurs de biogaz, tuyaux pour le compost des toilettes sèches, panneaux solaires thermiques, vérandas pour capter la chaleur du soleil, dispositifs de récupération d’eau de pluie ainsi que des contrepoids et dynamos pour l’éclairage.
  5. Des jardins s’aménageront tout au long des phases de développement et auront quatre rôles principaux : production de nourriture, infrastructure, biodiversité et loisirs. Un potager visera à rendre l’éco-lieu partiellement auto-suffisant en nourriture, grâce à des techniques d’agriculture biodynamique et manuelle. Les infrastructures se composeront entre autres de bassins de phytoépuration, noues pour l’infiltration et bassin de récupération d’eau de pluie. Les jardins permettront aussi de fermer les cycles métaboliques en recevant le compost et le digestat du réacteur à biogaz. Plusieurs espaces, au sein du jardin, seront consacrés à la promotion la biodiversité et à la détente.

Une association en sociocratie

Née d’un groupe de travail fondé en 2015, sous l’impulsion du professeur Christian Arnsperger, l’association fonctionne en sociocratie, de manière entièrement horizontale, et souhaite réaliser ce projet de manière participative et ouverte, en incluant toutes les parties concernées. Le projet veut questionner ses modèles de réalisation et de recherche, de manière réflexive, dès leurs conceptions. C’est ainsi que la démarche entreprise par l’association est elle-même un objet de recherche dont les participants sont les acteurs et étudiants.